UN OCEAN DE NECTAR

 

RAMANA MAHARSHI

le Maître du silence

Ramana Maharshi est un des plus grands sages et maîtres spirituels de l'Inde moderne. Il est venu pour transmettre l'ancienne Sagesse de l'Advaita-Vedanta sous une forme nouvelle, simple et claire, basée sur sa propre expérience, et a rendu accessible à l'homme d'aujourd'hui le jnana-marga, la voie de la connaissance.

ENTRETIENS

Samedi 3 octobre 2009

Cela qui est le support, l'âme, la source, le but et le pouvoir du monde entier, la Réalité derrière les apparences,
Cela existe en vérité.

Laissons Cela, la Vérité dans notre coeur.

Dans la compagnie des sages (satsangha), l'attachement au (monde) disparaît, et avec lui l'illusion.

Libre de cette illusion, la stabilité est alors réalisée, puis la libération.

Pour celui qui se tient en compagnie des sages, les règles de la discipline personnelle sont-elles nécessaires ?

Quand souffle la douce brise Malayalam, a t-on besoin d'éventails ?

La fièvre est dissipée par les frais rayons de la lune ;

les désirs par l'Arbre à souhaits kalpataru, et les
impuretés par les eaux sacrées du Gange.

Ces trois afflictions sont dissipées ensemble par la vision du sage.

Les rivières sacrées ne sont que de l'eau,
et les statues des dieux ne sont faites que de pierre et de terre, mais les sages leur sont supérieurs.

Elles ne purifient qu'après de nombreux jours,
mais le simple regard du sage purifie tout de suite et à jamais.



DISCIPLE :

Qui est Dieu ?

MAÎTRE :

Celui qui connaît le mental.

DISCIPLE :

Le mental est connu par moi (qui suis)
le Soi, l'Esprit.


MAÎTRE :

De ce fait, tu es Dieu ; et aussi parce que les Ecritures révélées déclarent qu'il n'y a que l'Un qui est Dieu,
le Connaissant.




MAÎTRE

Pour vous, qu'est-ce que la Lumière ?


DISCIPLE :

Le jour le soleil,
la nuit la lampe.


MAÎTRE :

Quelle est cette lumière qui perçoit la lumière ?

DISCIPLE :

L'oeil

MAÎTRE :

Quelle est la lumière qui illumine l'oeil ?

DISCIPLE :

Cette lumière est l'intellect.

MAÎTRE :

Quelle est la lumière qui connaît l'intellect ?

DISCIPLE :

Le "Je".

MAÎTRE :

Aussi tu es la suprême Lumière des lumières.

DISCIPLE :

Oui, je suis Cela.

                                           Srî Ramana Maharshi
 

 

Par Sililia
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 17 septembre 2009


Shri Bhagavan raconta, lors d'une conversation à propos du cerveau et du coeur, qu'une fois, il y avait longtemps de cela, Kâvyakantha Ganapati Muni avait soutenu en présence de quelques personnes que le cerveau était le centre le plus important.

Shri Bhagavan avait  expliqué alors que le Coeur l'était davantage encore.

Quelques jours plus tard, Shri Bhagavan avait reçu une lettre de la part d'un jeune garçon du nom de N.S Arunâchalam, contenant un court poème en anglais et dont le thème avait été cette discussion.

Bien que ce jeune garçon n'eût pas encore terminé sa scolarité, son poème était remarquable par son imagination poétique.
Shri Bhagavan, Kâvyakantha et les autres personnes y avaient été respectivement représentés comme le Soleil, la Lune, et la Terre, en analogie avec le Coeur, le cerveau et le corps.

Shri Bhagavan, commenta : "La lumière du Soleil est réfléchie sur la Lune et la Terre est ainsi illuminée.
De même, le cerveau fonctionne grâce à la conscience issue du Coeur et le corps est donc protégé.

Du coeur, le centre le plus important, irradient la vitalité et la lumière qui, se propagent jusqu'au cerveau, permettent ainsi à celui-ci de fonctionner.

Dans leur forme la plus subtile, les vâsanâ sont enfermées dans le Coeur et gagnent par la suite le cerveau qui les reflète, largement amplifiées, comparables aux images d'un film projeté sur l'écran.
C'est pour cela qu'on dit que le monde n'est rien de plus que la projection d'un film.

Si les vâsanâ siégeaient dans le cerveau et non dans le Coeur, elles seraient anéanties dans l'hypothèse d'une décapitation, et les réincarnations cesseraient.
Mais il n'en est pas ainsi.

Il est évident que le Soi sauvegarde les vâsanâ dans sa plus proche proximité, c'est-à-dire en lui-même, dans le Coeur, tel l'avare qui garde près de lui ses richesses, son trésor,
 et ne les perd jamais de vue. On en conclut que le siège des vâsanâ, c'est le Soi, c'est-à-dire le Coeur,
et non pas le cerveau.
Celui-ci n'est que la scène de théâtre où se déroule le jeu des vâsanâ sortant de la loge du Coeur".


                                                                                             


Par Sililia
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 14 août 2009


BRUNTON:

Qu'est-ce exactement ce "moi" dont vous parlez ? Si ce que vous dites est vrai, il doit y avoir un autre "moi" dans l'homme.

SRI RAMANA :

Un homme peut-il posséder deux identités, deux "moi" ?
Pour comprendre ce sujet, il faut d'abord que l'homme s'analyse lui-même. Il n'a jamais envisagé son "moi" de la vraie manière, parce qu'il a pris l'habitude de penser comme les autres pensent. Il n'a pas une idée correcte de lui-même. Il s'est identifié trop longtemps avec son corps ou son cerveau.
C'est pourquoi je vous dis de poursuivre cette enquête :
 "Qui suis-je ?"

Vous me demandez de décrire ce véritable "moi".
Que puis-je dire ? C'est de ce "moi" que surgit le sentiment du "moi personnel" et dans lequel il se dissoudra.

BRUNTON :

Se dissoudra ? Comment peut-on perdre le sentiment de sa personnalité.

SRI RAMANA :

La pensée première, originelle, celle qui tient le premier rang parmi les autres dans l'esprit de tout homme est celle du moi. Et ce n'est qu'après la naissance de la pensée du moi que d'autres peuvent exister.
Le pronom "Tu" ne peut apparaître qu'après la conception par l'esprit du premier pronom personnel : "Je".
Si vous étiez capable de suivre mentalement la filière du pronom "Je" depuis ses origines, vous découvririez que de même qu'il a apparu le premier, il sera le dernier à disparaître. C'est là un fait dont on peut faire l'expérience
.

BRUNTON :

Vous croyez donc possible semblable investigation au fond de soi ?

SRI RAMANA :

Certainement. Il est possible de pénétrer dans son être intime jusqu'à ce que le "moi" ait graduellement disparu.

BRUNTON :

Que reste-t-il alors ? Un homme sera-t-il alors complètement inconscient, ou sera-t-il devenu idiot ?

SRI RAMANA :

Non ! Au contraire, il parviendra à la vie consciente, qui est immortelle, et il sera vraiment sage lorsqu'il s'éveillera à son moi réel, vrai nature de l'homme.

BRUNTON :

Mais le sentiment du "moi" fait évidemment partie de cette nature !

SRI RAMANA :

Le sentiment du "moi" fait partie de la personne, il se rattache au corps, au cerveau. Lorsqu'un homme reconnaît son vrai moi pour la première fois, une force monte des profondeurs de son être et s'empare de lui.
Cette force transcende l'intelligence. Elle est infinie, divine, éternelle.
Certains l'appellent : "Le Royaume des Cieux".
D'autres lui donnent le nom d'âme, d'autres encore celui de Nirvâna.
Les Hindous la qualifient de délivrance.
Donnez-lui le nom que vous voudrez. Quand cette force a pris possession de lui, l'homme s'est réellement perdu
 lui-même, ou plutôt il s'est retrouvé.

Tant que l'homme ne s'engage pas dans cette recherche, et jusqu'à ce qu'il s'y soit engagé, le doute et l'incertitude accompagneront ses pas durant sa vie. Les plus grands rois, les plus grands hommes d'Etat essaient de diriger les autres, alors qu'au fond de leurs coeurs, ils savent qu'ils ne peuvent se diriger eux-mêmes.
Mais le vrai pouvoir appartient à l'homme qui a pénétré au plus profond de son être intime.
Que vous sert-il de savoir toutes choses, quand vous ne savez rien de vous-même ?

Les hommes évitent cette recherche de leur vrai "moi".
Quelle autre recherche vaudrait donc d'être entreprise cependant ?                 
                                       
Par Sililia
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 21 juillet 2009

 QUESTION : Quelle est la nécessité de la réincarnation ?

REPONSE MAHARSHI : Voyons d'abord s'il y a une incarnation avant de parler de réincarnation.

Q: Comment cela ?                                                         

M : Etes-vous à présent incarné pour parler de réincarnation ?

Q: Oui, certainement. L'amibe s'est transformée en des organismes de plus en plus évolués jusqu'à l'être humain. Celui-ci est maintenant l'aboutissement parfait. Pourquoi devrait-il y avoir encore réincarnation ?

M : Qui peut poser des limites à cette théorie de l'évolution ?

Q: Sur le plan physique elle est parfaite. Mais quant à l'âme elle aura peut-    être besoin d'évoluer davantage et cela s'effectuera après la mort de l'homme.

M : Qui est l'homme ? Est-il le corps ou l'âme ?

Q: Les deux ensembles.

M : N'existez-vous pas en l'absence du corps ?

Q : Que voulez-vous dire c'est impossible.

M : Quel était votre état en sommeil profond ?

Q : Le sommeil est une mort temporaire. J'étais inconscient et par conséquent je ne peux pas dire ce qu'était cet état.

M : Mais vous existiez dans le sommeil , n'est-ce pas ?

Q: Durant le sommeil, l'âme quitte le corps et s'en va quelque part. Avant, le réveil, elle retourne dans le corps. C'est pourquoi le sommeil est une mort temporaire.

M : Un homme qui est mort ne revient jamais pour dire qu'il est mort, tandis qu'un homme qui a dormi dit qu'il a dormi.

Q : C'est parce que le sommeil est une mort temporaire.

M: Si la mort est temporaire et la vie aussi, qu'est-ce qui est réel ?

Q : Que voulez-vous dire par là ?                                 

M : Si la mort et la vie sont temporaires, il doit y avoir quelque chose qui ne l'est pas. La Réalité est ce qui n'est pas temporaire.

Q : Il n'y a rien de réel. Tout est temporaire. Tout est mâyâ.

M : Sur quoi la Mâyâ apparaît-elle ? Si tout est mâyâ, comment se fait-il qu'il y ait encore des questions ?

Q: Pourquoi la réincarnation existe-t-elle ?

M : Pour qui ?

Q : Pour l'être humain parfait .

M : Si vous êtes parfait, pourquoi avez-vous peur de renaître ? C'est un signe d'imperfection.

Q : Je n'ai pas peur. Mais vous dites que je dois renaître.

M : Qui dit cela ? C'est vous qui posez la question.

Q : Je voulais dire la chose suivante : Vous êtes un être parfait et je suis un pêcheur. Vous me dites que, du fait que je suis pêcheur, je dois renaître afin de me perfectionner.

M : Non, je ,ne dis pas cela. Au contraire, je dis que vous n'avez pas de naissance et en conséquence pas de mort non plus.

Q : Vous voulez dire que je ne suis pas né ?

M : Oui. Vous pensez  maintenant être le corps et c'est pourquoi vous vous identifiez à la naissance et à la mort de celui-ci. Mais vous n'êtes pas le corps et, par conséquent, vous n'êtes pas soumis à la naissance ni à la mort.

Q : Ne soutenez vous pas la théorie de la renaissance ?          

M : Non, au contraire, je veux effacer votre erreur de croire que vous allez renaître. C'est vous qui pensez que vous allez renaitre.
Cherchez à qui se pose cette question. Tant que celui qui pose la question n'est pas trouvé, les questions ne peuvent cesser.


Q: Ce n'est pas une réponse à ma question.

M : Au contraire, c'est la réponse qui non seulement éclaire ce point mais tous les autres doutes aussi.

Q : Cette réponse ne satisfera pas les autres.

M : Laissez les autres tranquilles. Si vous prenez soin de vous, les autres sauront prendre soin d'eux.

Un silence s'installa. La personne apparemment insatisfaite de cette entrevue, quitta le lieu peu après.

Puis Shri Bhagavan dit :
"Cela travaillera en lui. La conversation produira son effet.

Il n'admet aucune Réalité. Qui est-ce qui a décrété que toute chose était irréelle ? Dans ce cas, cette affirmation devient-elle aussi irréelle.

Ce genre de personnes donnent une grande importance à la théorie de l'évolution. Où se trouve t-elle, si ce n'est dans leur mental ?
Dire que l'âme doit être perfectionnée après la mort revient à admettre l'existence de l'âme. Par conséquent, l'individu ne serait pas le corps, il serait l'âme.

Quelqu'un voit en rêve un édifice qui s'élève. Alors, il commence à penser que cet édifice a été édifié pierre après pierre, par beaucoup d'ouvriers et pendant très longtemps. Cependant, il ne voit aucun ouvrier au travail. Il en va de même de la théorie de l'évolution.
C'est parce qu'il se prend pour un homme qu'il pense avoir évolué du stade primaire jusqu'à son stade actuel.


Un visiteur : C'est une illustration de l'adage lequel l'homme voit l'Univers plein de causes et d'effets.                               

Maharshi : Oui, l'homme rattache toujours un effet à une cause ; et puisque la cause elle-même doit avoir une cause, cette argumentation devient interminable. En rattachant un effet à une cause, l'homme est obligé de penser. Finalement, il est conduit à découvrir qui il est lui-même. Quand il connaît le Soi, il atteint la paix parfaite. Ce n'est que pour aboutir à cette perfection que l'homme doit évoluer.

Plus tard dans la soirée, le fonctionnaire musulman avait repris la conversation sur le même sujet avec une autre personne.

Le Maharshi : Il dit que le corps et l'âme forment l'homme. Alors, je demande : quel est l'état de l'homme en sommeil profond ? La conscience du corps n'y est pas. Tandis que l'homme est toujours là.
Il qualifie le mot "mort" par le mot "temporaire", si bien que pour lui, à la fin de son sommeil, l'homme retourne à son corps. Comment sait-il trouver son corps pour y rentrer à nouveau ?
De plus, il a la certitude d'y retourner. Cela veut bien dire qu'il existe, sinon comment pourrait-il retourner dans le corps ou prétendre qu'il s'agit de son corps à lui ?

Les Ecritures, toutefois, decarent que le prâna (l'énergie vitale) protège le corps durant le sommeil.
Car lorsque le corps repose sur le sol, un tigre ou un loup pourrait venir le dévorer. Mais l'animal flaire le corps et sent que la vie y est présente. C'est pourquoi il ne s'en nourrit pas comme il le ferait d'un cadavre.
Cela prouve qu'il y a quelque chose dans le corps qui, en sommeil profond, le protège.


Plus tard dans la journée :                                  

Maharshi : Toute connaissance a pour seul but de conduire l'homme à la réalisation du Soi. On sait que les Ecritures et les religions existent dans cet objectif.
Qu'est-ce qu'elles veulent dire? Laissez de côté tout ce qu'elles énoncent concernant le passé ou le futur. Tout cela n'est que spéculation. Mais l'existence présente est à la portée de chacun.


                                                                            
Réalisez l'Être pur et toutes discussions
 et polémiques prendront fin.
Mais l'intellect de l'homme ne prend pas
facilement ce chemin.
Il est rare qu'un individu se tourne
vers l'intérieur.
L'intellect se délecte à examiner le passé et
 à spéculer sur le futur plutôt que de
 considérer le présent.
Pourquoi l'intellect se développe-t-il ?
Il a un dessein à accomplir et c'est celui
de montrer la voie vers la réalisation du Soi.
L'intellect doit donc être utilisé dans ce but.

                                                      

Par Sililia
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 16 juillet 2009

QUESTION :

-Quel est le régime alimentaire prescrit pour celui qui est engagé dans une pratique spirituelle ?
-La nourriture que l'on absorbe influence-t-elle la spiritualité en bien ou en mal ?

REPONSE DU MAHARSHI : 

De la nourriture sattvique prise en quantité modérée est favorable au développement spirituel.

Q: Qu'est-ce que la nourriture sattvique ?

M: Du pain, des fruits, des légumes, du lait, céréales, fruits, jus de fruits naturels, lait, beurre et fromages, légumineuses, noix, graines.

Q: Dans le Nord de l'Inde on mange du poisson, est-ce permis ?

Le Maharshi ne répondit pas.

Q : Nous autres européens avons l'habitude d'un régime alimentaire qui nous est propre. Un changement de régime affecte notre santé, et notre mental s'affaiblit.
N'est-il pas nécessaire de conserver une bonne santé physique ?

M: Tout à fait nécessaire. Plus le corps est faible, plus le mental devient fort.

Q: En l'absence de notre régime habituel, notre santé se détériore et notre mental perd de sa force.

M: Que voulez-vous dire pas force du mental ?

Q: Le pouvoir d'éliminer les attachements terrestres.

M: La qualité de la nourriture influence le mental. Celui-ci se nourrit de la nourriture consommée.

Q: Vraiment ? Comment les Européens peuvent-ils s'adapter à une nourriture uniquement sattvique . Qu'en est-il pour ceux qui n'en ont pas l'habitude ?

M: L'habitude n'est rien d'autre que l'adaptation à son environnement. C'est l'habitude mentale qui importe. Le fait est que le mental a été éduqué à croire qu'une certaine nourriture est savoureuse et agréable.
Les substances nutritives proviennent aussi bien de l'alimentation végétarienne que non végétarienne. Mais le mental ne désire que la nourriture dont il a pris l'habitude et qu'il considère comme savoureuse.


Q: Les restrictions alimentaires s'appliquent-t-elles également à l'homme réalisé ?

M: Non, L'homme réalisé est stable et n'est pas influencé par la nourriture.

Q: Une alimentation qui comporte de la viande ne constitue-t-elle pas un crime contre la vie ?

M: L'ahimsâ (la non-violence) est l'une des premières règles de dsicipline des yogis.

Q: Mais les plantes aussi sont vivantes.

M: Et les pierres sur lesquelles vous êtes assis également !

Q: Devons-nous essayer de nous habituer graduellement à la nourriture végétarienne ?

M: Oui, c'est la bonne voie.

Q: Pourquoi prenez-vous du lait et pas des oeufs ?

M: Les vaches que nous avons ici produisent bien plus de lait que ne peuvent consommer leurs veaux et elles éprouvent un contentement à être soulagés du surplus.

Q: Mais la poule ne peut pas retenir les oeufs.

M: Dans chaque oeuf il y a un potentiel de vie.

Q: Existe-t-il des moyens pour favoriser la concentration, pour rejeter les distractions ?

M: Du point de vue physique, il faut éviter que les organes digestifs et autres ne soient irrités. C'est pourquoi il est recommandé d'exercer sur la nourriture un contrôle qualitatif et quantitatif en évitant les produits irritants, tels que les piments, l'excès de sel, les oignons, le vin, l'opium, etc.
Il faut également éviter la constipation, la torpeur, l'excitation, ainsi que toutes le nourritures capables de les provoquer.

Sur le plan mental, ne s'intéresser qu'à une seule chose et y fixer son attention. Que cet intérêt soit si absorbant qu'il exclut tout autre chose. Cela même au détachement et à la concentration. On peut choisir Dieu ou un mantra. Le mental acquiert alors la force de capter ce qui est subtil et de s'y absorber.

Madhavaswami, l'assistant du Maharshi, lui avait demandé si c'était vrai qu'il était resté sans manger pendant des mois, dans l'une des caves du sous-sol du grand Temple.

Maharshi :

Hum! Hum! Il y avait de la nourriture, des fruits, du lait.
Mais qui donc pensait à la nourriture ?

                            

Par Sililia
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 2 mai 2009


Quand Sri Ramana se trouvait à la grotte de Virûpâksha,
le Trésorier des impôts du district et son suppléant se rendirent auprès du sage afin de recevoir son darshana et sa bénédiction.

Après s'être incliné, le percepteur commença de lui raconter d'un bout à l'autre ce qu'il avait lu et accompli dans sa sâdhanâ, et à la fin, il reconnut que la paix n'avait jamais été aussi lointaine que maintenant.
 Il n'avait pas plutôt terminé, que son suppléant entreprit à son tour de dire tout ce qu'il avait à dire.
Cex deux conversations durèrent longtemps,
mais Srî Bhagavan ne les interrompait pas.
Il gardait le silence.

Voyant qu'il ne recevaient aucune réponse de Srî Râmana,
le Trésorier commença une autre longue discussion et ne s'arrétâ qu'à bout d'arguments et un peu fatigué.

Srî Râmana gardait toujours le silence.
Quelque peu dérouté, le Trésorier finit par dire :

"Nous avons beaucoup parlé, mais vous n'avez même pas ouvert la bouche !
Pouvez-vous avoir la bonté de nous dire au moins quelques mots ? "

Alors Srî Râmana dit :

"Je vous parlais tout le temps dans mon propre langage.
Que puis-je y faire si vous ne m'avez pas entendu ?"


Le Trésorier était intelligent, et il comprit la réponse de Srî Râmana. Rempli de dévotion, il tomba aux pieds du sage, chantant le verset sanskrit :


Etrange vision
sous le banian !
Les disciples sont vieux et le guru est âgé ;
Il expose la Vérité par le silence
Et les disciples sont libres de tout doutes !



Puis il s'assit en silence avec le suppléant devant Srî Bhagavân.
Ils trouvèrent ainsi la paix qu'ils cherchaient, et repartirent comblés.



                                                                                            
Par Sililia
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 20 avril 2009



QUESTION :


Quelle différence y a-t-il entre l'esprit et le Soi ?

RAMANA :

Il n'y a pas de différence. L'esprit tourné vers l'intérieur est le Soi ; tourné vers l'extérieur, il devient l'ego et le monde entier.
 Nous appelons de noms différents des qualités différentes de tissus de coton.
Nous appelons de noms différents,
différents ornements faits en or.
Mais tous ces tissus sont du coton et tous ces ornements sont de l'or.

Le "Un" est réel, la multiplicité,
ce sont simplement les noms et les formes.
Mais l'esprit n'existe pas en dehors du Soi, c'est-à-dire qu'il n'a pas d'existence indépendante.
 Le Soi existe dans l'esprit, jamais l'esprit sans le Soi.

QUESTION :

On dit que Brahman est SAT-CHIT-ANANDA.
Qu'est-ce que cela veut dire?

RAMANA :

Oui, c'est ainsi. Ce qui est, est uniquement sat.
On l'appelle aussi Brahman.
Le lustre de sat est chit et sa nature est ananda.
Il n'y a pas de différence avec sat.
Les trois ensemble sont reconnus comme
 SAT-CHIT-ANANDA.


QUESTION :

Puisque le Soi est existence et conscience pour quelle raison prétend-on qu'il est différent de l'existant et du non-existant,
du sensible et de l'insensible?


RAMANA :

Le Soi est bien réel ; il embrasse tout dans son ensemble, ce qui ne laisse aucune place à des questions impliquant
une dualité réalité-irréalité en ce qui le concerne.
Pour cette raison on dit qu'il est différent du réel et de l'irréel.
 De la même façon, bien qu'il soit conscience, il n'a rien à connaître ni à faire connaître de lui ;
 voilà pourquoi on dit qu'il est différent du sensible et de l'insensible.
SAT-CHIT-ANANDA est une expression qui montre qui ce qui est suprême n'est pas asat (dépourvu d'existence),
n'est pas achit (dépourvu de conscience)
 et n'est pas anananda (dépourvu de félicité).
Nous parlons du Soi comme étant SAT-CHIT-ANANDA
 parce que nous sommes dans le monde phénoménal.


QUESTION :

Dans quel sens le bonheur, ou la félicité (ananda)
est-il notre véritable nature ?

RAMANA :

Le bonheur parfait est Brahman.
La paix parfaite est celle du Soi.
 Cela seul existe et est conscience.
Ce que l'on appelle bonheur n'est que la nature du Soi ;
Le Soi n'est rien d'autre que le bonheur parfait.
 Seul existe vraiment ce bonheur,
 et avoir sa résidence dans le Soi c'est jouir d'un bonheur absolu et éternel.
Si un homme pense que son bonheur est dû à des causes extérieures et à ce qu'il possède, il est normal pour lui de conclure que son bonheur doit augmenter si ses possessions s'accroissent et diminuer si elles se réduisent.
Pour un tel homme, être dépourvu de possession c'est avoir un bonheur égal à zéro.
Cela correspond-il vraiment à l'expérience humaine ?
Cette expérience se conforme-t-elle à cette façon de voir?
Dans l'état de sommeil profond, l'homme est dépourvu de possession y compris de celle de son corps.
Au lieu d'être malheureux, il est tout à fait heureux.
Tout le monde souhaite un sommeil profond.
La conclusion est que le bonheur est inhérent à l'homme, il n'est pas dû à des causes extérieures.
Il faut réaliser le Soi pour avoir accès à un bonheur sans mélange.


QUESTION :

Vous parlez du Coeur comme étant à la fois identique à la conscience et le siège du Soi. Que veut dire exactement le Coeur ?

RAMANA :

Appelez-le par n'importe quel nom, Dieu, Soi, le Coeur ou le siège de la conscience, cela revient au même.
Ce qu'il faut bien saisir ici c'est que le Coeur veut dire l'essence de son être, le centre sans lequel il n'y a pas la moindre existence.

Ce Coeur n'est pas physique, il est spirituel.
Hridayam veut dire "ceci est le centre".


C'est à partir de là que les pensées sont engendrées, là qu'elles vivent, et c'est là qu'elles se dissipent.
Les pensées sont le contenu de l'esprit et donnent forme à l'univers.
Le Coeur est le centre de tout.
On dit dans les Upanishad que le Brahman est ce à partir de quoi les êtres viennent à l'existence.
C'est cela, le coeur. Brahman est le Coeur.


QUESTION :

Comment réaliser le Coeur ?

RAMANA :

Personne, même pour un instant, ne cesse d'éprouver le Soi.
Il est un fait que personne ne peut admettre qu'il est séparé du Soi.
 Il est le Soi. Le Soi est le Coeur.
Le Coeur est le centre à partir duquel tout jaillit.
C'est parce que vous voyez le monde, le corps, etc.,
 que l'on dit qu'il y a là un centre appelé le Coeur.
Quand vous êtes établi dans le Coeur, ce Coeur n'est appréhendé comme n'étant ni le centre ni la circonférence.
Il n'y a rien en dehors de lui.
La conscience est la véritable existence en tant qu'elle ne se projette pas vers l'extérieur, à la rencontre des phénomènes.
 A ce titre-là, elle est le Coeur
. C'est seulement pour cette conscience que la vérité du Soi est connue.
Cette conscience, dépourvue d'activité, et qui demeure toujours au service exclusif du Soi, est la claire connaissance dans toute sa splendeur.


Par Sililia
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 19 avril 2009



La radiance de la conscience resplendissant aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur est en soi la divine réalité primordiale suprême. Sa forme est le silence et elle est dite par les jnani être l'état final et sans obstruction de la parfaite connaissance (jnana).
Sachez que
jnana lui seul est non-attachement ;
jnana lui seul est pureté ;
jnana est la conquête de Dieu ;
jnana qui ne se détache pas du Soi est lui seul immortalité ;
jnana lui seul est tout.


QUESTION :

Quel est cette conscience et comment peut-on l'obtenir et la développer ?

RAMANA :

Vous êtes "conscience" .
"Conscience" est un autre nom pour vous.
Du moment que vous êtes conscience, il n'y a pas besoin de l'atteindre ni de la cultiver.
Tout ce que vous avez à faire, c'est de cesser d'être conscient d'autres choses, c'est-à-dire de ce qui n'est pas le Soi.
Si vous cesser d'y prêter attention, alors, seule demeure la pure conscience, et c'est cela le
Soi.

QUESTION :

Si le Soi lui-même est conscient, pourquoi n'en suis-je pas conscient en ce moment même ?

RAMANA :

Il n'y a pas de dualité.
Votre connaissance actuelle est due à l'ego et elle n'est que relative.
La connaissance relative a besoin d'un sujet et d'un objet, tandis que la conscience du Soi est absolue et n'a pas besoin d'objet.
De la même façon, la mémoire est relative ; elle a besoin d'un objet à se remémorer et d'un sujet qui se souvienne.
Quand il n'y a plus de dualité, qui se souvient de quoi ?

Le Soi est toujours présent.
Chacun veut "connaître" le Soi.
De quelle aide a-t-on besoin pour se connaître soi-même?
Les gens veulent voir le Soi comme quelque chose de nouveau.
Mais il est éternel et demeure continuellement identique.
Ils ont envie de le voir sous la forme d'une lumière éclatante
ou que sais-je ?
Comment pourrait-il en être ainsi ?
Il n'est ni lumière ni obscurité. Il est simplement tel qu'il est.
Il ne peut pas être défini. La meilleure définition est :
"Je suis ce que Je suis ".

Les écritures parlent du Soi comme étant de la taille d'un pouce, de la pointe d'un cheveu, d'une étincelle électrique immense,
plus subtil que le plus subtil, etc.
Tout ceci en réalité est sans fondement. Il est seulement existence, mais différent de l'existant et du non-existant ;
il est connaissance, mais différent du savoir et de l'ignorance.
Dans quelle mesure est-il définissable ?
 Il est simplement existence.


QUESTION :

Quand un homme réalise le Soi, que voit-il ?

RAMANA :

Il n'y a pas de vision. La vision est simplement l'être.
L'état de réalisation, comme on l'appelle, n'est pas l'atteinte de quelque chose de nouveau ou d'un but lointain, mais seulement d'être ce que vous ne cessez pas d'être, et ce que vous avez toujours été.
 Tout ce qu'il vous faut c'est de cesser de réaliser comme vrai ce qui ne l'est pas.
Nous regardons tous comme réel ce qui ne l'est pas. Nous n'avons, en ce qui nous concerne, qu'à perdre cette habitude.
Nous réaliserons alors le Soi en tant que Soi ;
 en d'autres mots " soyez le Soi".
A un certain moment, vous vous moquerez de vous-même en vous voyant chercher à découvrir le Soi qui est tellement évident.
 
Que pouvons-nous donc répondre à cette question ?

Ce stade transcende et le voyant, et la vision.
Il n'y a pas de voyant et il n'y a rien à voir.
Le voyant qui a cette vision cesse à l'instant d'exister,
et seul demeure le Soi.


QUESTION :

Comment connaître ceci par l'expérience directe ?

RAMANA:

Si nous parlons d'une connaissance du Soi, alors il doit y avoir deux "soi", un soi connaisseur, et un soi objet de connaissance, sans compter le processus de connaissance lui-même.
L'état que nous appelons réalisation c'est simplement être soi-même, sans chercher à connaître quoi que ce soit ou à devenir quoi que ce soit.
 Si quelqu'un l'a réalisé, il est ce qui seul est et ce qui seul a toujours été. Cet état est indescriptible. On ne peut qu'être cela.
Bien sûr, on parle par approximation de réalisation-du-Soi parce qu'on n'a pas de meilleur terme.
Commennt "réal-iser" ou rendre réel ce qui seul est réel ?


QUESTION :

Vous dites parfois que le Soi est silence. Pourquoi cela ?

RAMANA :

Pour ceux qui vivent dans le Soi, beauté dépourvue de pensée,
il n'y a rien à quoi il faudrait penser.
Ce à quoi il nous faut donner notre adhésion n'est que l'expérience du silence, parce que dans cet état suprême,
il n'existe rien d'autre à atteindre que soi-même.



Par Sililia
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 5 avril 2009


LA QUESTION CONTIENT LA REPONSE


"La réponse est contenue dans la question elle-même, car la réponse est toujours le Soi et la question n'est qu'une de ses modulations"



Cette vérité du Sage d'Arunâchala trouve son illustration dans cette anecdote :

Sri A.Bose, disciple de longue date du Maharshi, perdit son fils unique, un garçon brillant âgé de vingt ans.
Très affecté par cette disparition, il eut un entretien privé avec le Maharshi, lors de son moment de repos, entre midi et deux heures de l'après-midi.
Lors de l'entretien, il posa une question qui semblait plus un défi-question surprenante à première vue pour un disciple avancé et de longue date :


"Qu'est-ce que Dieu ?"

Le Maharshi resta silencieux un moment, puis répondit avec une grande douceur :

'Ta question contient en elle-même la réponse :
Cela qui est (est) Dieu"


Cette lumineuse et simple réponse était la question elle-même !

Ce n'est pas seulement une réponse "habile" et bien pesée, comme c'est le cas pour le commun des mortels.
Les paroles spontanées (sahaja) d'un libéré, d'un jnâni sont libres des mécanismes duels du mental qui trop souvent colore et déforme ce qui est ; là, le cours de la Source n'est plus entravé, Unité.

Dans le cas des libérés, il est dit :

"Le sens suit la parole".

Aussi le silence du Maharshi avant de répondre à la question de Srî Bose, ne fut là non pas pour chercher la réponse juste, mais bien pour préparer le questionneur à recevoir toute la force et toute la vérité de la réponse qui jaillisait de la Source.

Par Sililia
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 5 mars 2009

  MAYA



De tous les aspects de la philosophie védantique, celui de maya est le plus difficile à comprendre et encore plus à expliquer.
Mais les explications de Sri Bhagavan sont superbes.

entretien avec SS.Cohen

SS. Cohen :

Nous disons que le monde est une illusion et cependant tout y est régi par des lois rigides, ce qu'il prouve qu'il est bien organisé.

Bhagavan :

Oui, Celui qui a projeté cette illusion lui a donné une apparence d'ordre et de parfaite organisation.

SS.C :

Toutes les institutions spirituelles, sauf celles de l'advaïta, font valoir l'aspect créateur de la Réalité, qu'elles appellent Dieu.
Elles parlent de prophètes, de saints, d'Ecritures, etc.
Sont-elles toutes une illusion ?


B :

Toutes existent au même titre que vous, qui posez ces questions.
Vous êtes dans le monde relatif, et elles aussi ; sinon vous ne pourriez pas les connaître.
En rêve, on voit également un monde bien organisé, avec des saints, des Ecritures, etc., mais dès que l'on se réveille toutes ces choses disparaissent. De même, sortir de ce monde onirique pour s'éveiller à la Conscience suprême entraîne la disparition de toutes ces choses.


SS.C

Mais comment l'illusion, le mensonge, peuvent-ils émaner de la Vérité ?

B :

Maya n'est pas un mensonge, même si elle en a l'apparence, mais l'aspect actif de la Réalité.
Elle est la créatrice des formes au sein de la Conscience, et forme signifie diversité, ce qui produit l'illusion.
Mais toute cette diversité, voyez-vous, se trouve au sein de la Conscience et nulle part ailleurs ; elle n'existe que dans l'esprit.
Quand un jiva voit un autre jiva, il oublie qu'il ne fait qu'un avec lui et se croit séparé de lui. Mais dès qu'il tourne son attention vers sa propre nature, qui est conscience et non la forme, l'illusion de la diversité, de la séparation, se dissipe tout comme un rêve s'évapore au moment du réveil.

SS.C :

Il est difficile de concevoir que Dieu, le Sans-forme, donne naissance aux formes.

B :

- Difficile pourquoi ? Votre esprit ne demeure-t-il pas sans forme en l'absence de perception ou de pensée, par exemple dans le sommeil profond, le samadhi ou pendant un évanouissement ? Et ne crée-t-il pas espace et relation quand il pense et pousse votre corps à agir ?
Votre esprit conçoit et votre corps exécute automatiquement ; de même l'Intelligence divine conçoit, et Son énergie agit automatiquement et spontanément ;
pensée et action sont un tout homogène.
L'Energie créatrice, implicite dans l'Intelligence pure, est connue sous différents noms, entre autres maya ou shakti, la créatrice des formes, des images.



Un visiteur fait remarquer que la lila de Dieu est cruelle car elle rend la connaissance du Soi si difficile.

Bhagavan (riant) :

Connaître le Soi, c'est être le Soi, et être signifie existence, notre propre existence que personne ne conteste, pas plus que l'on ne conteste l'existence des yeux même s'il est impossible de les voir.
Le problème, c'est que vous voulez objectiver le Soi, tout comme vous objectivez vos yeux quand vous mettez un miroir en face d'eux.
Vous êtes tellement habitué à l'objectivité que vous avez perdu la connaissance de vous-même, tout simplement parce que le Soi ne peut pas être objectivé.
Qui va pouvoir connaître le Soi ? Est-ce le corps insensible?
Vous mentionnez constamment votre "je, je, je", mais vous dites que vous ne le connaissez pas.
Alors, où est la lila de Dieu et où est sa cruauté ?
C'est parce que les gens nient le Soi que les shastra parlent de maya, lila, etc.

Un disciple fait remarquer que Sri Bhagavan dit souvent que maya et Réalité sont une seule et même chose.
Comment cela se peut-il ?

BHAGAVAN :

On a critiqué à tort Shankara pour sa conception de maya. Il a dit :

1) que Brahman est réel ;
2) que l'univers est irréel ;
et 3) que Brahman est l'univers.
Cela veut dire que l'univers est réel s'il est perçu en tant que Soi
et irréel s'il est perçu comme étant séparé du Soi.
C'est pourquoi maya et Réalité ne font qu'un.

Un visiteur très érudit, particulièrement intéressé par la constitution de l'homme, demanda à Bhagavan ce que son expérience lui avait appris sur les divers corps de l'homme et leurs fonctions.

Après une brève explication, Bhagavan ajouta :

"Les différentes écoles de philosophie prétendent clarifier les choses et révéler la Vérité, mais elles sont en fait un labyrinthe dans lequel on se perd. Pour comprendre quoi que ce soit, il faut nécessairement un sujet qui comprend.
Pourquoi se soucier de ses corps, son antahkarana, son intellect, de la création, de Dieu, des Mahatmas, de l'univers - de tout ce qui n'est pas le Soi ?
Pourquoi ne pas demeurer en paix, tel que vous êtes ?

Prenez le Védanta, par exemple : il parles des quinze prana et l'étudiant doit en mémoriser les noms et les fonctions. Ne suffirait-t-il pas de lui enseigner qu'il n'y a qu'un seul prana, dont la fonction est de maintenir le corps en vie?
On dit aussi que l'antahkarana pense, désire, veut, raisonne, etc.
A quoi bon tous ces détails ?
Quelqu'un a-t-il vu l'antahkarana ou tous ces prana ?
Existent-ils réellement ?
Ce sont là des catégories conceptuelles présentées par les enseignants de philosophie à la suite de leurs analyses excessives.
Où mènent tous ces concepts ?
Pourquoi créer la confusion pour le seul plaisir de la dissiper ?
Heureux l'homme qui ne se perd pas dans les labyrinthes de la philosophie, mais qui va directement à la Source d'où ils tirent leur origine. "



Un roi rêva un jour qu'il était malade et qu'il était trop pauvre pour faire venir un docteur.
Il dut mendier auprès de ses amis pour pouvoir payer le médecin.
Dans l'état de veille, il était fabuleusement riche, mais cette richesse ne lui servait à rien dans l'état de rêve.
De même l'illusion de l'ignorance (ajnana) ne peut-être dissipée que par l'illusion de l'enseignement (upadesha)
du guru.
La libération (mukti) est toujours présente et l'asservissement toujours absent, et pourtant tout le monde vit l'expérience inverse.



Par Sililia
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 20 février 2009

QUESTION :

La vie se vit dans le corps et une renaissance implique la prise d’un autre corps.


MAHARSHI :


Un simple changement de corps ne produit aucun effet.

L’ego associé à ce corps est transféré dans un autre corps.

Comment cela peut-il satisfaire quelqu'un ?

De plus qu’est-ce que la vie ? La vie est existence, laquelle est votre Soi. C’est la vie éternelle.

Ou bien pouvez-vous imaginer un instant où vous n’êtes pas ?

Cette vie est maintenant conditionnée par le corps et vous identifiez faussement votre être à celui du corps.
Mais vous êtes la vie inconditionnée.

Ces corps s’attachent à vous en tant que projections mentales et voilà que vous êtes affligé par l’idée

« Je suis le corps ».

Si cette idée cesse vous êtes votre Soi.

Où et comment étiez-vous avant de naître ?

Dormiez-vous?

Vous existiez alors aussi, mais sans le corps.


Ensuite, l’ego apparaît, puis le mental qui projette le corps.

Le résultat est l’idée « Je suis le corps ».

Parce que le corps existe, vous dites qu’il est né et qu’il doit mourir et vous transférez cette idée sur le Soi en disant que vous êtes né et que vous mourrez.


En fait, en sommeil profond vous êtes sans corps ; mais maintenant vous avez un corps.

Le Soi peut rester sans le corps, mais le corps ne peut pas exister séparé du Soi.


La pensée « Je suis le corps » est ignorance ;


La pensée que le corps n’est pas séparé du Soi est connaissance.


Voilà la différence entre connaissance et ignorance.


Le corps est une projection mentale ; le mental est l’ego et l’ego s’élève du Soi.

Par conséquent, la pensée du corps détourne l’attention et éloigne du Soi.


De qui est-ce le corps ou la naissance ?
Ils ne relèvent pas du Soi, l’Esprit.

Ils relèvent du non-Soi qui s’imagine séparé.


Aussi longtemps que durera le sens de la séparation, il y aura les pensées qui tourmentent.

Quand la source originelle est retrouvée et qu’un terme est mis au sens de la séparation, il y a la paix.


Considérez ce qui arrive quand un caillou est jeté en l’air. Il quitte son point d’origine, est projeté vers le haut, puis retombe en restant en mouvement jusqu’à ce qu’il ait rejoint son point d’origine où il est au repos.

De même, les eaux de l’océan s’évaporent, forment des nuages qui sont poussés par le vent, puis se condensent encore en eau qui retombe en pluie sur les montagnes pour ensuite dévaler les pentes formant des torrents et des rivières jusqu’à ce qu’elles atteignent leur source originelle, l’océan, leur lieu de paix.

Vous voyez donc que chaque fois qu’il y a un sentiment de séparation, il y a de l’agitation et du mouvement jusqu’à ce que le sens de la séparation ait disparu.

Il en va de même pour vous.


Maintenant que vous vous identifiez avec le corps, vous pensez que vous êtes séparé de l’Esprit, le vrai Soi. Il faut que vous regagniez votre source pour que cette fausse identité cesse et alors vous serez heureux.

L’or n’est pas un ornement, mais l’ornement n’est fait que d’or.

Quelles que soient les formes des ornements et aussi différents soient-ils, il n’y a qu’une seule réalité, l’or.

Il en est de même des corps et du Soi. La seule réalité est le Soi.

S’identifier avec le corps et en même temps chercher le bonheur est comme essayer de traverser une rivière sur le dos d’un alligator.

L’identification au corps est due à l’extraversion et au vagabondage mental.

Continuer à rester en cet état, c’est s’embourber dans un marécage où l’on ne trouvera jamais la paix.


Cherchez votre source, immergez-vous dans le Soi et restez tout seul .

 La renaissance signifie mécontentement de l’état présent et le désir de renaître là où il n’y a pas de mécontentement.


Les naissances, étant corporelles, ne peuvent affecter le Soi.

 

Le Soi demeure même quand le corps périt. Le mécontentement est dû à la fausse identification du Soi éternel avec le corps périssable.


Le corps est un auxiliaire nécessaire de l’ego. Si l’ego est tué, le Soi éternel se révèle dans toute sa gloire.

Le corps est la croix. Jésus, le fils de l’homme, est l’ego ou l’idée « Je suis le corps »,

Après avoir été crucifié il est ressuscité comme le Soi glorieux - Jésus le fils de Dieu !


« Renonce à cette vie si tu veux vivre ».

Par Sililia
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 10 février 2009

Comme on lui disait que l'ego est le résultat d'une identification injustifiée du corps avec le Moi réel, un visiteur demanda comment cette ignorance avait pris naissance.

Le Maharshi répondit :

"Voyez d'abord s'il y a vraiment ignorance. L'ego n'existe pas du tout".

Mais le visiteur non satisfait, insista :

"Pourquoi cela provoque-t-il des difficultés ?

-Qui souffre de ces difficultés, répondit le Sage ? Elles aussi sont imaginaires. La souffrance comme la jouissance n'affectent que l'ego

-N'y-a-t-il donc pas d'ignorance ?

-A qui appartiendrait cette ignorance ? dit le Sage.

-A l'ego.

-Exactement. Et si vous faites disparaître l'ego, l'ignorance disparaît également. En réalité, même maintenant l'ego n'existe pas. Tous les textes sacrés n'ont pour but que de prouver la non-existence de l'ignorance."

Mais le visiteur n'était pas encore satisfait, et il demanda :

"Alors, comment l'ego a-t-il pris naissance ?

-La question, répondit le Sage, ne se pose pas, parce qu'en fait l'ego n'existe pas. Si vous croyez qu'il existe, il vous faut alors admettre que vous êtes deux personnes.
Donc, l'ignorance non plus n'existe pas ; elle est tout juste une hypothèse qui nous permet de discuter la vie dans le monde.
L'obscurité peut-elle exister devant le soleil ?
L'ignorance pourrait-elle exister en présence du Moi réel ?
C'est le mental qui crée toutes ces difficultés. L'obscurité ne va ni ne vient.
Si vous voyez le Moi, vous saurez que l'ignorance, l'ego n'existe pas.
Nul ne peut nier sa propre existence ; et l'existence est conscience.

C'est pourquoi en pratique chacun admet la non-existence de l'ignorance, qui est la négation de la conscience.
Et pourtant chacun souffre, en pensant qu'il est ceci ou cela ; ce qui est faux, parce qu'en rélaité il n'est ni ceci, ci cela, il EST, tout simplement.

Dire  : "je suis " est la seule chose juste ;
dire : "je suis tel et tel, ou je suis ainsi " est faux.

L'existence est vérité lorsqu'elle est absolue et non déterminée, sous la forme "Je suis".
Lorsqu'on la particularise, on la fausse.
Regardez ! Chacun doit admettre son existence, sans besoin de preuves, parce qu'il est conscience.
Comment savons-nous que nous existons dans le sommeil ?
Prenez cette conscience".

Par Sililia
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 7 février 2009


UN GOUROU N'EST-IL PAS NECESSAIRE ?

Le sage de qui le chercheur reçoit l'instruction sur le but et sur le chemin est appelé gourou.
Dans l'Inde, ceux qui ont l'esprit religieux considèrent que tous ceux qui aspirent à la délivrance doivent un jour ou l'autre trouver un gourou et s'attacher à lui.



Quelqu'un demanda au Maharshi si cette idée était correcte


Le Sage répondit :
"Tant qu'un homme se considère comme petit (laghou), il doit chercher à saisir le grand (gourou), mais il ne doit pas considérer le gourou comme une personne ; le Sage n'est jamais autre que le véritable Moi du disciple.
Et lorsque ce Moi a été réalisé, il n'y a plus ni gourou, ni disciple."


La question se posait parce que le Maharshi lui-même n'avait pas eu de gourou, ou tout au moins de gourou extérieur à lui-même.

Une autre idée communément admise en ce qui concerne le gourou, c'est que le disciple doit faire acte de soumission intégrale envers lui et le servir avec entière consécration jusqu'à ce que le gourou juge bon de l'instruire.

Le sens véritable de cette conception fut expliquée ainsi par le Maharshi :

"La vraie signification de la soumission au gourou est qu'il ne doit plus subsister aucun vestige de l'ego.
Mais les gens ne le comprennent pas et ils disent que si le gourou le veut bien, il instruit son disciple en lui déclarant : " Tu es Brahman".
Ils se représentent Brahman (la Réalité suprême) comme quelque chose d'immense et de puissant.
Or même avec son petit moi limité, l'homme est déjà terriblement orgueilleux.
Qu'arriverait-il si ce moi s'enflait jusqu'à devenir infini ?
Ce serait une ignorance et une arrogance incommensurables. Ce faux moi doit périr ; et lorsqu'on sert le gourou,
le véritable but est d'étouffer complètement ce faux moi".


Le Maharshi nous dit également que
c'est en conséquence d'une intense dévotion à Dieu que l'on trouve le gourou ;
Il nous dit aussi, confirmant en cela les anciens textes,
que Dieu, le gourou et le Moi inférieur sont les trois formes successives d'une seule et même vérité.


Par Sililia
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 6 février 2009

Pourquoi, si Dieu est parfait, permet-il le mal?

Pourquoi un Dieu omnipotent permet-il la souffrance, alors qu’il a le pouvoir de l’abolir d’un coup?

Tels sont les paradoxes auxquels se heurtent depuis des siècles les philosophes et surtout les théologiens.


Sri Ramana évitait la difficulté en disant que Dieu, ainsi que l’âme individuelle qui souffre, étaient des inventions de l’esprit.

Au lieu d’attribuer la souffrance aux fruits de nos mauvaises actions ou à la volonté de Dieu, Sri Ramana enseignait qu’elle apparaissait pour la seule raison que nous imaginons être des individualités séparées en interaction les unes avec les autres ainsi qu’avec le monde.


Ils disait que les mauvaises actions participent à la création de la souffrance et doivent donc être évitées, mais elles n’en sont pas la cause première.

C’est l’esprit qui crée le sens de séparation, et c’est lui qui souffre des conséquences des illusions qu’il a engendrées.

La souffrance est donc le produit et l’effet de l’attitude discriminante de l’esprit ; quand l’esprit est éliminé, la souffrance s’avère non existante.

Beaucoup d’interlocuteurs pouvaient comprendre cette idée sur un plan individuel, mais acceptaient difficilement que toute la souffrance du monde puisse n’exister que dans l’esprit de la personne qui la perçoit, Sri Ramana était inflexible sur ce sujet et répétait que si l’on réalisait le Soi, on comprendrait que toute la souffrance, et pas seulement la sienne propre, est dépourvue d’existence.


En poussant cette idée au bout de sa logique, Sri Ramana disait souvent que la meilleure façon d’éliminer la souffrance chez les autres était de réaliser le Soi.


Ce point de vue ne doit pas être interprété dans le sens que Sri Ramana encourageait ses disciples à se désintéresser de la souffrance des autres. A un niveau plus pragmatique, il disait qu’avant la réalisation du Soi, il fallait accepter la réalité de la souffrance des autres, et faire son possible pour la soulager chaque fois que l’occasion se présentait.


Mais, pour que cela soit vraiment bénéfique, il fallait le faire, sans penser « il y a des gens qui sont moins heureux que moi » ou bien « je suis en train d’accomplir une bonne action ».


Dans l’ensemble, la question de ce que l’on doit ou ne doit pas faire dans le monde, présentait peu d’intérêt pour Sri Ramana. Pour lui, toutes les conventions sur ce qui est juste ou faux n’étaient que jugement de valeurs élaborés par l’esprit, et, quand ce dernier cessait d’exister, les notions de juste et de faux cessaient également d’avoir cours. Il parlait rarement des règles conventionnelles de moralité et, quand ont le pressait de donner son opinion, il disait que l’action « juste » était de découvrir le Soi.



QUESTION :

Dans cette vie enfermée dans ses limitations, comment pourrai-je jamais réaliser la béatitude du Soi?


MAHARSHI :

Ce bonheur suprême du Soi est toujours avec vous et vous le trouverez si vous le cherchez avec ardeur.

La cause de votre détresse est dans votre ego ; elle n’est pas dans le monde extérieur.

Vous vous imposez des limitations, et vous faites ensuite des efforts désespérés pour vous en débarrasser

Toutes les misères sont causés par l’ego, c’est de lui que vient tout le trouble.

A quoi vous sert d’attribuer à des événements extérieurs la cause de votre misère, alors qu’elle est en vous? Quel bonheur pouvez-vous tirer de choses étrangères à vous-même ? Quand vous les obtenez, combien de temps cela dure-t-il?

Si vous rejetiez l’ego et si vous le desséchiez en l’ignorant, vous seriez libre. Si vous l’acceptez, il vous imposera ses limitations et vous entraînera dans une lutte vaine pour les transcender.

Etre le Soi, ce que vous êtes en réalité, est la seule façon de réaliser le bonheur suprême qui vous appartient depuis toujours.


QUESTION :

Le monde a-t-il été crée pour le bonheur ou pour la souffrance ?


MAHARSHI :

La création n’est ni bonne ni mauvaise ; elle est comme elle est.

C’est l’esprit humain qui bâtit sur elle ses superstructures, qui voit les choses de son propre point de vue, et qui les interprète dans le sens de ses intérêts. Une femme est essentiellement une femme, mais l’esprit va l’appeler tantôt « mère », tantôt « soeur », tantôt « tante »,ainsi de suite.

Les hommes aiment les femmes, détestent les serpents et sont indifférents à l’herbe et aux pierres qui sont sur le bord de la route. Ces jugements de valeur sont la cause de toutes les tribulations du monde.

La création, c’est un peu comme un grand arbre : les oiseaux viennent en manger les fruits ou s’y abriter, les hommes se rafraîchissent à son ombre, mais certains peuvent se pendre à une branche.

Pourtant l’arbre poursuit tranquillement sa vie, sans être ni concerné ni conscient de l’usage que l’on fait de lui. C’est l’esprit humain qui crée ses propres difficultés et ensuite appelle à l’aide.

Dieu serait-il partial au point de donner la paix à une personne et du tourment à une autre?

Dans la création, il y a de la place pour toute chose, mais l’homme refuse de voir ce qui est bon, ce qui est beau, ce qui est sain .

Au lieu de cela, il pousse des gémissements comme un affamé assis à côté de plats délicieux, et qui au lieu d’étendre la main pour calmer sa faim, n’arrête pas de se lamenter en se demandant si sa faim est la faute de Dieu ou des hommes.


QUESTION

Si Dieu est partout , pourquoi les individus souffrent-ils du résultat de leurs actes?


MAHARSHI

Celui qui pense qu’il est l’auteur de l’acte est aussi celui qui souffre.


QUESTION

Mais c’est Dieu qui incite l’homme à l’action et l’individu n’est que son instrument.


MAHARSHI

Cette logique ne s’applique que lorsque nous souffrons, pas lorsque nous nous réjouissons. Si nous avions toujours la même conviction, la souffrance non plus n’existerait pas;


QUESTION

Quand la souffrance cessera-t-elle?


MAHARSHI

Elle ne cessera pas tant que vous n’aurez pas perdu votre individualité. Si les actions bonnes et mauvaises Lui appartiennent, pourquoi penser que souffrance et plaisir vous appartiennent ?

Celui qui fait le bien et le mal ressent aussi le plaisir et la douleur. Laissez tout cela et ne vous infligez pas de souffrance supplémentaire.


QUESTION

Comment pouvez-vous dire que la souffrance est dénuée d’existence? Je la vois partout.


MAHARSHI

Notre propre réalité, qui est le Cœur resplendissant dans chacun de nous, est un océan de félicité sans mélange.

La souffrance n’existe pas plus que le couleur bleue du ciel, c’est une idée que l’on se fait et qui n’est qu’une illusion causée par notre sens erroné de l’individualité. Personne n’a jamais ressenti autre chose que cette illusion. Celui qui examine avec attention son propre Soi, qui est félicité, ne ressentira aucune souffrance tout au long de sa vie.
 Nous souffrons parce que nous identifions ce corps, qui n’est pas nous-même, au « je ».

La souffrance est entièrement due à cette illusion.


QUESTION

Je souffre à la fois dans mon esprit et dans mon corps. Pourquoi est-ce que je souffre ainsi?


MAHARSHI

Vous dites que votre esprit et votre corps souffrent. Mais est-ce qu’ils posent eux-mêmes cette question? Qui pose la question?

N’est-ce pas quelqu'un qui est au-delà de l’esprit et du corps?

Vous dites que le corps souffre dans cette vie, mais que la cause en est peut-être dans une vie antérieure.

S’il en est ainsi, la cause de cette vie est la vie précédente et ainsi de suite.

C’est comme dans le cas de la graine et de la pousse, nous avons affaire à une chaîne causale sans fin, remontant à l’infini. Toutes les vies ont leur cause première dans l’ignorance. C’est cette ignorance qui doit être enlevée par jnana


« Pourquoi et à qui est arrivé cette souffrance? » Si vous posez la question ainsi, vous trouverez que le « je » est distinct de l’esprit et du corps, que le Soi est le seul être éternellement existant et qu’il est félicité éternelle. C’est cela la connaissance.


QUESTION

Quelle est la meilleure façon de travailler à la paix mondiale ?


MAHARSHI

Qu’est-ce que le monde? Qu’est-ce que la paix et, qui est l’artisan de la paix?


Le monde n’existe pas dans votre sommeil, et les formes sont une projection de votre esprit dans votre état d’éveil. La paix est l’absence de perturbation.

Les perturbations sont dues à l’apparition des pensées chez l’individu, c’est-à-dire au surgissement de l’ego à partir de la pure conscience.

Apporter la paix veut dire être libre de pensées et n’être que pure conscience. Si l’on demeure en paix de cette façon, la paix règnera partout



AUSSI LONGTEMPS QUE VOUS VOUS CONSIDEREZ COMME LE CORPS, VOUS VOYEZ LE MONDE, AVEC SES IMPERFECTIONS APPARAÎTRE COMME EXTERIEUR A VOUS.

DIEU EST PERFECTION. SON ŒUVRE EST AUSSI PERFECTION.

MAIS VOUS LA TENEZ POUR IMPARFAITE A CAUSE DE VOTRE IDENTIFICATION ERRONEE.

 

Par Sililia
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 30 janvier 2009

RELIGIONS

L'enseignement de Bhagavan n'était opposé à aucune religion. Si des philosophes ou des théologiens affirmaient que l'âme humaine était continûment et essentiellement séparée de l'Être Divin et souhaitaient entrer dans une discussion à ce sujet, il refusait de débattre avec eux, mais essayait plutôt de les orienter vers une démarche spirituelle.

Une fois la Réalisation atteinte, ils sauraient, et , de toute façon, un savoir théorique sans Réalisation ne leur serait d'aucun secours.

A proprement parler, Bhagavan n'était pas exclusivement hindou ou adepte du rituel hindou, puisque l'hindouisme affirme que celui qui est établi en constante et consciente identité avec le Soi est au-dessus de toutes les religions ; il figure le sommet de la montagne vers lequel convergent les différents chemins.

Bhagavan comptait nombre de fidèles qui n’étaient pas hindous - chrétiens, musulmans, parsis ou autres - et il ne conseilla jamais à aucun d’entre eux de changer de religion.

Une religion a deux types d’activités, qu’on pourrait dire horizontal et vertical.


Horizontalement, elle harmonise et contrôle la vie de l’individu et de la société conformément à sa foi et à sa moralité, fournissant la motivation et l’occasion de mener une bonne vie qui prépare à une bonne mort.


Verticalement, elle propose des chemins spirituels à ceux qu s’efforcent d’atteindre un état plus élevé ou de réaliser l’ultime vérité au cours de cette existence sur terre.


Horizontalement, les religions s’excluent les unes les autres, sans pour autant être vraiment contradictoires.
 C’est plutôt le mode vertical qui intéressait Bhagavan, le chemin menant à la réalisation, et , par conséquent, son enseignement m’entrait en conflit avec aucune religion. Il guidait ceux qui voulaient le suivre sur la voie centrale la plus directe, la quête du Soi ; et, pour cette démarche, n’importe quelle religion pouvait servir de fondement.

Il avait une bonne opinion de toutes les religions, et si des fidèles venaient à lui qui ne suivaient aucune religion dans les règles, il n’insistait pas pour qu’ils le fassent.

Quand on l’interrogeait sur les différentes pratiques religieuses, il mettait l’accent sur leur sens profond et, si on lui parlait de religions proprement dites, il insistait sur leur unité fondamentale

.


Visiteur
: Qu’est-ce que le yoga ?


Bhagavan
: le yoga (l’union) est nécessaire à qui se trouve en état de viyoga (séparation). Mais, en vérité, il n’y a qu’Un. Si vous réalisez le Soi, il n’y aura pas de différence

V : S’immerger dans le Gange sert-il à quelque chose ?


  • B: Le Gange est en vous. Plongez-vous dans ce Gange-là ; il ne vous fera pas frissonner de froid.

  • V: Faudrait-il parfois lire la Bhagavad-Gîta ?

  • B : Toujours

  • V : Pouvons-nous lire la Bible ?

  • B : La Bible et la Gita sont pareilles.

  • Il protestait contre ceux qui se satisfaisaient d’un ciel de pure forme, qu’il soit hindou ou autre, parce que, tant qu’il y a forme, le voyant, la vision et le vu demeurent - et non le Soi Unique.

  • V : Quelle est la meilleure de toutes les religions ? Quelle méthode Bhagavan préconise-t-il ?

  • B : Toutes les méthodes et toutes les religions sont pareilles.

  • V: Il est pourtant enseigné divers moyens d’atteindre la délivrance.

  • B : Pourquoi vouloir être délivré ? Pourquoi ne pas rester tel que vous êtes à présent ?

  • V : Je veux me débarrasser de la souffrance. On dit que ne plus souffrir , c’est cela la délivrance.

  • B : C’est-ce qu’enseignent les religions.

  • V : Mais en quoi consiste la méthode ?


  • B : Retournez là d’où vous venez

  • V : Mais d’où est-ce que je viens ?

  • B : C’est précisément ce que vous devez trouvez. Ces questions se posaient-elles lorsque vous dormiez ? Et, pourtant, vous existiez bien alors. N’étiez-vous pas la même personne ?

  • V : Oui, j’existais dans le sommeil. Et le mental aussi. Mais les sens, dont l’activité s’était suspendue, m’empêchait de m’exprimer.

  • B : Etes-vous l’individu ? Etes vous le mental ? Celui-ci s’est-il annoncé à vous dans le sommeil ?

  • V : Non, mais les autorités affirment que l’individualité est différente de Dieu.

  • B : Laissez Dieu tranquille ; parlez de vous.

  • V : Comment ça de moi ? Qui suis-je ?

  • B : Voilà précisément ce qu’il vous faut découvrir. Ensuite, vous saurez tout. Et, si ce n’est pas le cas, il sera alors toujours temps de poser la question.

  • Tous en reconnaissant la valeur des divers religions, Bhagavan incitait en même temps les gens à aller au-delà pour atteindre le Soi Unique.

  • V : Pourquoi les religions parlent-elles de dieux, de ciel, d’enfer, etc ?

  • B : Dans l’unique but de faire prendre conscience qu’ils sont, eux aussi, au niveau de ce monde, et que le Soi, seul, est réel. Les religions s’ajustent au point de vue du chercheur

  • V : A quoi servent pareilles descriptions dans les religions ?

  • B : Seulement à établir la réalité du Soi.

  • V : Bhagavan exprime toujours le point de vue le plus élevé.


B avec un sourire :
Les gens ne veulent pas comprendre la pure et simple vérité - celle de leur expérience quotidienne, toujours actuelle et éternelle. Cette vérité est celle du Soi. Existe-t-il quelque un qui ne soit pas conscient du Soi ? Ils ne veulent pourtant pas en entendre parler, tandis que ça les passionne de savoir ce qu’il y a au-delà - le ciel, l’enfer et la réincarnation.

Parcequ’ils sont friands de mystère et que la pure vérité ne leur dit rien, les religions les dorlotent - pour quand même finir, après bien des détours, à les ramener au Soi.
De toute façon, même si vous vous en êtes considérablement écarté, en dernier recours il vous faut revenir au Soi ; pourquoi donc ne pas s’établir dans le Soi ici et maintenant ?


Toutes les Ecritures ont pour but commun de faire remonter l’homme à sa source. Pour ce faire, il n’a pas besoin d’acquérir quoi que ce soit de nouveau. Il doit seulement renoncer aux fausses idées et aux accumulations inutiles. Mais, au contraire, il essaie de saisir quelque chose d’étrange et de mystérieux, parcequ’il croit que son bonheur se trouve ailleurs. Voilà l’erreur.


Les Ecritures proclament toutes, sans exception, qu’afin d’accéder au salut, il faut soumettre le mental. Et une fois qu’on a saisi que la maîtrise du mental constitue leur but final, il ne sert à rien de les étudier sans cesse. Pour parvenir à cette maîtrise, il convient de mener une véritable enquête intérieure en s’interrogeant sur soi-même :

« QUI-SUIS-JE ? »


Comment cette quête du Soi peut-elle être menée à bien par l’étude des Écritures ?

On devrait réaliser le Soi par l’OEIL de la sagesse.
 Rama a-t-il besoin d’un miroir pour se connaître en tant que Rama ?


Ce que désigne « Je » se trouve à l’intérieur des cinq enveloppes, tandis que les Ecritures se trouvent en dehors. Par conséquent, à quoi bon rechercher, au moyen de l’étude des Ecritures, le Soi qui doit être réalisé en rejetant sommairement même les cinq enveloppes.


Se demander quel est le Je qui est asservi et connaître sa vraie nature, cela seulement est la Libération. Maintenir le mental constamment tourné au-dedans et demeurer ainsi dans le Soi, cela seulement est Atmavichara (recherche de Soi-même), tandis que dyana (la méditation) consiste en une fervente contemplation du Soi comme

SAT-CHIT-ANANDA (Etre-Conscience-Félicité).


En fait, un temps viendra où il faudra oublier tout ce qui a été appris.

L’Homme Réalisé s’avère être Cela à quoi tous les attributs énumérés par les Ecritures font référence. Pour lui, par conséquent, les textes sacrés ne sont d’aucune utilité.

Par Sililia
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander

POURQUOI CE BLOG


Ce blog ne m'appartient pas, aucun droit d'auteur, aucune photo.
Il appartient au monde, à Ramana Maharshi, je ne fais que retransmettre son message, son enseignement tiré de livres de ses disciples de ceux qui l'ont connus et de leurs témoignages.


Il est ici toujours présent

 ce blog est juste là pour continuer à faire vivre son enseignement.


le gourou apparaît comme un sage qui continue de vivre dans le monde

PRESENTATION,

CITATION


"Au milieu de la caverne du coeur,
en forme de Moi, en forme de Soi,
unique et solitaire,
tout droit de soi à soi
le Brahman resplendit !
Pénètre toi-même en ce dedans,
ta pensée perçant jusqu'à sa source,
ton esprit plongé en soi,
souffle et sens au tréfonds recueillis,
tout de toi en toi fixé,
et là, simplement, sois!"

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

CITATION DU MAHARSHI


                                                                                                                   

"Vous n'êtes pas le corps, vous n'êtes pas le mental.
Vous êtes la pure conscience, le Soi.
Vous êtes présent en tout et partout.
Soyez conscient tout le temps, même pendant
que vous travaillez".



"Les visions et les sons mystiques qui peuvent se manifester au cours de la méditation doivent être considérés comme des distractions et des tentations. Jamais l'aspirant ne doit s'y laisser prendre."





"Les pieds réels de Bhagavan n'existent que dans le coeur du dévot.
S'aggriper incessamment à ces pieds est le vrai bonheur.
Vous serez déçu si vous vous agrippez à mes pieds de chair,
parce qu'un jour ce corps de chair disparaîtra.
Le culte le plus grand, c'est le culte des pieds
du Gourou qui sont en nous-mêmes."


Qui suis-je ?
Ramana Maharshi répétait sans cesse que cette question est essentielle. Si cette question fondamentale n’est pas résolue, comment voir clairement et discerner ce qui est de ce qui n’est pas?

Le Maharshi citait souvent le psaume 46:
 
“Reste tranquille et sache que Je suis Dieu”,
 où Dieu désigne l’état divin, et un passage de l’Ecclésiaste:
Il n’existe qu’un, il n’y a pas deux.
Il est seul et sans second.


Il n'y a ni passé ni avenir. Il n'y a que le présent.
Au moment où vous le viviez, hier était pour vous le présent.
Et quand vous le vivrez, demain sera également le présent.
C'est pourquoi l'expérience se produit seulement dans le présent,
et au-delà de l'expérience rien n'existe



LE « SOI » :


Le coeur du message spirituel de Sri Ramana est contenu dans ces courtes phrases :


« Si nous progressons, le monde progressera.
Tels que nous sommes ainsi est le monde.

Sans comprendre le Soi, à quoi bon comprendre le monde.
 Sans la connaissance de

l’Etre, la connaissance du monde est sans intérêt.
Plongez en vous-même et trouvez le

trésor caché là.
Ouvrez votre coeur
 et voyez le monde à travers les yeux du véritable Soi.

Déchirez les voiles
et contemplez la divine majesté de votre propre Soi. »



Les larmes du soleil par dolbi303

L’un des nombreux poèmes composé par Sri Ramana dit ceci :


« Lumière de la conscience qui tout embrasse,
 c’est en toi que se forme l’image de

l’univers, qu’elle y demeure et s’y dissout.
Mystère qui détient le miracle de la vérité,
tu
es le Soi intérieur, le « Je »vibrant dans le coeur.
 Coeur est ton nom o seigneur ! »

Cet état d’être unifié naît du silence mental
et engendre une paix immuable :
 « Celle-ci
ne peut régner seulement
lorsqu’il n’y a aucun dérangement du à la pensée »



 















                                                                                         

CITATION


"Le mieux c'est de parler de coeur à coeur
et d'écouter de coeur à coeur."
C'est la meilleure forme
d'Upadesha

R.Maharshi



Découvrez Fabrice Tonnellier!






Ouvre l'oeil et regarde,
tu verras ton visage
dans tous les visages.

Créer un Blog

CHANT ENREGISTREE A L'ASHRAM

http://www.wat.tv/audio/arunachala-114e0_114e1_.html



Observant la lune juste avant le lever du soleil, Shri Baghavan dit :
" Voyez la lune et aussi le nuage dans le ciel.
  Ils sont tous les deux aussi brillants.
  La lune ressemble à un tout petit nuage.
  Le mental du jnani est comparable à cette lune qui précède le lever du soleil.
  Il est présent mais ne brille pas de lui-même
."














Mon corps est-il « moi » ? Il est silencieux et inerte, mais je sens la pleine force de ma personnalité, et j'entends même la voix 
du « moi » au fond de mon être.
Je suis donc un esprit  qui transcende le corps.
Le corps meurt, mais l'esprit, transcendant le corps,
ne peut être touché par la mort.
Ce qui veut dire que je suis un esprit immortel.












"Dieu tout à la fois ressent et ne ressent pas plaisir et douleur"
dit le SHIVA PURANA


Il arrivait que Bhagavan pleure avec ses dévots lorsqu'ils étaient dans la peine.
Fréquemment, quand on récitait devant lui des chants émouvants,
ou quand il nous lisait lui-même des poèmes ou des textes extraits
de la vie ou des oeuvres de saints célèbres,
Bhagavan était si ému qu'il ne pouvait contenir ses larmes.
Quand le texte qu'il lisait ou expliquait comportait un passage particulièrement
émouvant, il lui était impossible de poursuivre sa lecture ;
submergé par l'émotion, il reposait le livre,
les yeux remplis de larmes et la gorge serrée.
Cela se produisit, par exemple, avec cette strophe de Tayumanavar :

Considérant que Tu es Terre et Ciel, dessinant Ton portrait sur la page de mon esprit,
et contemplant sans cesse cette image, je m'écrie :
"Ô mon Maître, mon Bien-Aimé, ne veux-Tu point m'étreindre et me considérer
identique à Toi-même ?"
Incapable de percevoir autre chose, mon coeur souffre comme sous le poids
d'une grande affliction, les larmes jaillissent de mes yeux,
et je reste figé, comme ceux qui sont plongés dans l'extase.



LA GRÂCE DU GURU EST TOUJOURS LA







Il  ne naît jamais, ni ne meurt ;
Ni ayant été,il ne cessera d'être.



Non-né, éternel, perpétuel, ancien,
Il n'est pas tué, lorsque le corps est tué.





"Ils disent que je vais mourir.
Mais je ne pars pas.
Où pourrais-je aller ? Je suis là"



"OU POURRAIS-JE ALLER ?"






La difficulté actuelle, c'est que l'homme s'imagine qu'il est l'auteur de ses actes. C'est une erreur.
C'est la Puissance supérieure qui fait toute chose; l'homme n'est qu'un instrument.
 S'il accepte cette position, il se libère de tous ses troubles;
sinon, il les favorise.

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés