UN OCEAN DE NECTAR

 

RAMANA MAHARSHI

le Maître du silence

Ramana Maharshi est un des plus grands sages et maîtres spirituels de l'Inde moderne. Il est venu pour transmettre l'ancienne Sagesse de l'Advaita-Vedanta sous une forme nouvelle, simple et claire, basée sur sa propre expérience, et a rendu accessible à l'homme d'aujourd'hui le jnana-marga, la voie de la connaissance.

LES EPISODES DE SA VIE

Vendredi 14 août 2009
Bhagavan n'aimait pas que les dévots lui témoignent une attention spéciale

Annamalaï Swâmî raconte :

"J'étais dehors en plein soleil, en train de surveiller le déchargement d'un arrivage de plâtre. J'avais un parapluie pour me protéger du soleil et des lunettes noires pour me protéger de la poussière.
Quand Bhagavan vint voir ce que je faisais, j'enlevai mes sandales et refermai mon parapluie en signe de respect.

Bhagavan me réprimanda aussitôt:

"Pourquoi faites-vous cela quand vous me voyez ? Pourquoi m'accordez-vous une attention spéciale ? Ces choses ont pour objet de vous protéger du soleil et de la poussière. Je ne viendrai vous voir à l'avenir que si vous me promettez de garder votre parapluie ouvert et vos sandales aux pieds."

Une autre fois où je dirigeais le travail de la salle à manger, je me rendis compte que mon ego se renforçait beaucoup.
Une sensation involontaire de fierté et d'accomplissement s'emparait de moi.

"Je suis responsable de tout ceci ! C'est moi seul qui dirige cet important travail ! "

Tandis que des pensées fortes m'assaillaient, Bhagavan vint me voir. Pendant qu'il s'approchait, je vis un nuage noir ressemblant à une ombre quitter mon corps et constatai aussitôt que mes pensées égotistes s'en étaient allées avec le nuage. Je parlai à Bhagavan de cet étrange événement.

Il confirma que quelque chose d'inhabituel s'était produit en citant un proverbe tamil bien connu :

"Les mauvais esprits s'en vont quand ils voient le prêtre."

Souvent, pendant le travail de construction de l'ashram, Bhagavan venait s'asseoir sur une pierre et dirigeait les opérations. Parfois, il se joignait même à nous



Il disait souvent :

"Quand je suis dehors, je me porte mieux. Ce sofa de deux mêtres de long sur lequel vous me faites asseoir est comme une prison pour moi".
                                          Les travaux de l'ashram

Bhagavan passait souvent des heures en notre compagnie.
Quand il était d'humeur à superviser, il ne retournait dans le Hall que si on lui disait que de nouveaux dévots étaient venus pour son darshan.

Je me souviens d'une fois où Bhagavan aperçut Madhava Swâmî qui venait vers nous . Il venait dire à Bhagavan que de nouvelles personnes étaient arrivées.

Bhagavan se tourna vers moi et dit :

"Voilà un nouveau mandat d'arrestation qui arrive. Je dois retourner en prison".

Bhagavan accueillait toujours de bon coeur une occasion de se joindre au travail.

"Je le fais parce que j'ai besoin d'exercice et si je travaille un peu mon corps sera plus robuste" disait-il.

Il se maintenait en bonne santé en allant régulièrement faire des promenades dans la montagne. Il faisait ces promenades fréquentes pour améliorer sa digestion et pour soulager la raideur de ses genoux.
Bhagavan avait des enflures et des douleurs rhumatismales aux genoux. Avec les années, le problème ne fit que s'aggraver.

A ce propos, Bhagavan répétait souvent la même plaisanterie, il disait :

"Hanuman s'est saisi des pieds de Râma, tandis que son père s'est saisi des miens".

Dans la mythologie hindoue, le père d'Hanuman est vâyu, le dieu du vent. Hanuman, le singe-roi, est un des plus éminents dévots de Râma. En tamil on dit toujours qu'il y a du vent dans la jambe quand elle commence à enfler.

Bhagavan autorisait ses serviteurs à le masser, mais il croyait davantage aux vertus de l'exercice pour soulager ses douleurs.

Il disait :
"Si je ne fais pas une promenade chaque jour, il va y avoir de la douleur dans les jambes."

Il y avait un autre genre d'exercice auquel Bhagavan aimait s'adonner : fabriquer des bâtons pour la promenade.
Un jour, je le vis en faire plusieurs de manière très énergique. Il nettoya d'abord la surface extérieure de ces bâtons  avec un petit couteau, puis les frotta avec des morceaux de verre et paracheva le travail en les lissant avec une feuille.
La sciure se déposait sur tout son corps. Une partie restait là où elle tombait.
D'autres particules étaient emportées par de petits ruissellements de sueur qui coulaient sur son corps.

J'essayai de l'éventer, mais Bhagavan m'arrêta en disant :

"Je travaille pour produire cette sueur. Quand on laisse couler la sueur sans l'entraver, le corps s'assainit. Si vous éventez comme cela, toute la sueur va partir."

Habituellement, quand des gens commençaient à l'éventer, Bhagavan leur disait d'arrêter.

Certains dévots comme Mudaliar Patti, étaient cependant très opiniâtres dans leurs tentatives. Un jour, au milieu de l'été, alors que le corps de Bhagavan brillait de sueur, je vis celui-ci,arracher un éventail des mains de Mudaliar Patti parce qu'elle essayait subrepticement de l'éventer. Il lui avait déjà dit :
 "Pas d'éventail ! " quelques minutes plus tôt.

Tandis qu'il prenait l'éventail, il répéta sa réprimande habituelle :

"C'est bon pour le corps de transpirer librement. Pourquoi essayez-vous d'interrompre la transpiration en m'éventant?".

Certains pensent que l'ashram s'est développé spontanément autour de Bhagavan, sans intervention de sa part.
Ils n'auraient guère tardé à changer d'idée s'ils avaient vu Bhagavan à l'oeuvre dans les années 1930.
C'était Bhagavan, et Bhagavan seul, qui,décidait quand il fallait construire des bâtiments, où et à quelle échelle il fallait les construire, quels matériaux il fallait utiliser, et qui serait responsable de la construction.
                                  

Bhagavan disait :

 "Je ne suis concerné par aucune des activités qui ont lieu ici. Je ne suis que le témoin de tout ce qui arrive".
Par Sililia
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Jeudi 13 août 2009

Namaskârams (prosternations)


Bagavan se fâchait parfois si des dévots se prosternaient à l’excès ou distraitement et sans dévotion devant lui.


Un jour, j’étais occupé à faire des guirlandes de fleurs pour la pûjâ de la Mère quand Bhagavan entra dans le temple et s’assit en padmâsana (posture du lotus).

Tandis que je me prosternais devant lui, il me blâma en disant :


« Si vous faites cela, tous les autres vont se sentir obligés d’en faire autant. Pourquoi devriez-vous tous me faire namaskâram de la sorte ? Je ne pense pas être quelqu'un de plus grand que vous. Nous sommes tous un. »


Les autres ne tinrent pas compte de ces conseils et se prosternèrent eux aussi devant lui.

S’il y avait des dévots assis sur le sol quand Bhagavan sortait du Hall, ils se levaient immédiatement en signe de respect.

Ce geste mécanique de déférence le contrariait parfois.


En une telle circonstance, il dit aux dévots debout :


« Pourquoi vous tenez-vous ainsi ? Pourquoi ne restez-vous pas assis par terre ? Suis-je un tigre ou un serpent, pour que vous vous leviez d’un bond chaque fois que j’apparaîs ? »


Une autre fois, tandis que Bhagavan allait se promener au pied de la colline, un ouvrier de l’ashram le vit, arrêta son travail et se prosterna de tout son long sur le sol.


Bhagavan lui dit :


« Bien faire son travail est en soi un grand namaskâram.
 Si tout le monde faisait son propre devoir tel qu’il lui échoit (swadharma), sans s’en écarter, il serait facile pour chacun d’atteindre le Soi ».


Bhagavan exposa une fois la théorie qui sous-tend le namaskâram et expliqua pourquoi il n’aimait pas que les gens se prosternent continuellement devant lui :


« A l’origine, la pratique du namaskâram fut introduite par des personnes de grande valeur spirituelle comme une aide pour se vouer corps et âme à Dieu. Aujourd’hui on a complètement perdu de vue ce but initial.

De nos jours les gens pensent :

« Si nous faisons namaskâram à Swâmî, nous pouvons le charmer et l’amener à faire tout ce que nous voulons. »

C’est une grave erreur : Swâmî ne peut jamais être trompé.

Seules ces personnes égoïstes qui accomplissent namaskâram avec des motifs hypocrites sont trompées.

Je n’aime pas voir les gens venir me faire namaskâram .

De quel namaskâram a-t-on besoin ?

Garder son mental sur le chemin spirituel adéquat, est en soi le plus grand namaskâram. »



Bhagavan ne semblait pas voir d’inconvénient si nous faisions namaskâram avec amour ; il ne faisait des objections que de temps en temps quand il estimait que nous nous prosternions par habitude plutôt que par dévotion.

A une autre occasion Bhagavan parut approuver qu'un dévot tombe à ses pieds.

Bhagavan était assis sur un sofa à l'extérieur du Hall et beaucoup de dévots venaient, se prosternaient, puis s'en allaient.


Un prêtre chrétien entra dans l’ashram, mais ne s’approcha pas de Bhagavan, ni n’essaya de se prosterner. Il resta simplement debout à une certaine distance et regarda Bhagavan avec une évidente curiosité pendant environ quarante cinq minutes.

Finalement, tout comme un arbre tombe, il se coucha sur le sol, se prosterna de tout son long et puis s’en alla.

Il avait de toute évidence eu une expérience qui le convainquit de la grandeur de Bhagavan, mais nous n’en sûmes jamais plus, car il partit sans dire un mot.

Après qu'il fût parti, Bhagavan sourit et constata :


« Il n’a pas pu se contrôler plus longtemps sans faire namaskâram »


Un jour un dévot s’approcha de Bhagavan et lui demanda s’il pouvait se prosterner devant lui et lui toucher les pieds.


Bhagavan répondit :


« Les pieds réels de Bhagavan n’existent que dans le cœur du dévot.
S’agripper incessamment à ces pieds est le vrai bonheur. Vous serez déçu si vous vous agrippez à mes pieds de chair, parcequ’un jour ce corps de chair disparaîtra. Le culte le plus grand, c’est le culte des pieds du Gourou qui sont en nous-mêmes. »

Annamalaï Swâmî

Par Sililia
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Jeudi 25 juin 2009


Sri Bhagavan n'accepte rien pour lui.
Une tendresse ineffable brille dans son regard.
Ce n'est pas seulement sympathie pour les peines de ses disciples, mais pour l'immense fardeau de la samsara,
 c'est-à-dire de la vie humaine.
Et cependant, malgrè cette tendresse du regard les traits de Sri Bhagavan peuvent exprimer toute la sévérité du conquérant, qui n'a jamais admis aucun compromis.


Ces traits durcis sont en général couverts d'un léger foisonnement de poils blancs, car Sri Bhagavan étant un sanyasin, se fait couper les cheveux et la barbe tous les mois, les jours de la pleine lune.
Certains de ses disciples le regrettent.
Les cheveux blancs et la barbe blanche rehaussent encore, d'après eux, la grâce et la bienveillance de son aspect, mais nul ne se risque à le lui dire.

Son visage est comparable à la surface de l'eau : il change constamment, et pourtant il reste toujours le même.
On demeure stupéfait de la rapidité avec laquelle il passe de la douceur aimable, à l'immobilité majestueuse de la pierre, du rire à la pitié.
Chacun de ces aspects est, en soi une plénitude;
On devine qu'on est pas en face du visage d'un homme, mais du visage de l'Humanité entière.
Il rayonne d'une telle réalité qu'il se grave au fond de la mémoire, et y subsiste quand le souvenir de tout autre visage a disparu.
Ceux-là mêmes qui ont vu Sri Bhagavan pendant peu de temps, ou seulement en photographie, le revoient mieux par la vue de l'esprit qu'ils ne revoient d'autres êtres bien connus.
Peut-être l'amour, la grâce, la sagesse, la compréhension profonde, l'innocence enfantine, qui transparaissent dans cette image, sont-ils pour la méditation, un point de départ meilleur que tout autre.

Par Sililia
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Vendredi 5 juin 2009


Les paroles du Maharshi parlant de sa maladie et du corps, pour ses fidèles qui appréhendaient sa mort :

Comme la tumeur réapparut après l'opération, ils proposèrent l'amputation du bras, mais la tradition veut que l'on ne mutile pas le corps d'un Jnani, et même il ne faut pas que le métal le touche.

Sri Bhagavan refusa l'amputation et il dit :

"Il n'y a pas quoi de se tourmenter. Le corps est, en lui-même une maladie. Qu'il ait donc sa fin naturelle !
Pourquoi le mutiler ? Il suffit de panser la partie malade."




Pour lui, la mort n'était pas un sujet d'inquiétude.
Il fit croire aussi en une guérison possible lorsqu'il dit :


"Tout viendra en son temps."

Mais, en fait c'était à nous de reconnaître que ce qui arrivait était juste. Lui n'en avait jamais douté.

"Laissez donc ce corps, résultat de la fructification du karma, se mouvoir ou demeurer tranquille, vivre ou mourir."

"Le Sage a rélalisé que le Moi Supérieur est parvenu au but, mais n'en a pas conscience, comme celui qui est plongé dans l'ivresse n'a pas conscience de ses vêtements."

Un peu plus tard, il expliquait une strophe du Yoga Vasistham :

"Le Jnani, qui s'est trouvé lui-même en tant que Conscience Pure et sans forme, reste insensible, même quand une épée lui transperce le corps. Le sucre ne perd pas  sa saveur quand on le casse ou qu'on l'écrase."

Sri Bhagavan souffrait-il en réalité ?

Il disait à l'un de ses disciples :

"Ils prennent ce corps pour Bhagavan, et attribuent à Bhagavan les souffrances de ce corps.
Quelle pitié !"


Et à l'un de ses domestiques il dit :

"Où donc ce trouve le siège de la douleur si ce n'est dans l'esprit ?"

S.S. COHEN se souvient de lui avoir entendu dire :

"Si un Jnani se coupait la main avec un couteau, il en souffrirait comme un chacun, mais puisque son esprit est plongé dans la béatitude, la souffrance est moins vive pour lui que pour d'autres."

Ceci ne veut pas dire que le corps d'un Jnani ne peut se détériorer par l'effet de la souffrance, mais que le Jnani ne s'identifie pas avec son corps.


La question de la souffrance, comme celle de notre karma, n'existe que du point de vue de la dualité.
De son point de vue, celui de l'Advaita, rien n'a de réalité.
C'est dans ce sens là, qu'il parla plus d'une fois à ses disciples.
Il disait :

"Je ne suis malade que pour autant que vous croyez que je le suis. Si vous pensez que je suis bien portant, je serai bien portant."

"Tant qu'un disciple croit à la réalité de son propre corps, et à ses  souffrances, le corps de son Maître est pour lui une réalité, et souffre aussi."


Un groupe de fidèles chantaient chaque jour des prières et des hymnes pour sa guérison,et , comme on l'interrogeait sur l'efficacité de ces prières chantées, il répondit en souriant :

"Il est certainement désirable d'être engagé dans des actions bonnes. Laissez-les continuer."


Il gardait aussi son sens de l'humour, plaisantant au sujet de sa tumeur comme si c'eût été une chose qui ne le concernait pas. Une femme, à proximité de la salle, dans l'excès de son chagrin, se frappait la tête contre une colonne.
Sri Bhagavan eut l'air étonné et dit :


"Oh ! je croyais qu'elle essayait de casser une noix de coco!."

Il éprouvait une immense compassion pour ceux que désolait sa souffrance, et il cherchait à les consoler, non pas en supprimant la maladie, et en retardant sa mort de quelques années, mais par le moyen essentiel qui consistait à leur faire comprendre que le corps n'était pas Bhagavan.

A son médecin qui était aussi son disciple il donnait l'explication suivante :

"Le corps est pareil à une feuille de bananier sur laquelle on a servi toutes sortes de mets délicieux. Après avoir mangé les friandises allons-nous conserver la feuille ? Ne la jetterons-nous pas à présent qu'elle a rendu sa fonction ?"


Une autre fois, il dit à ses serviteurs :

"Qui donc est censé se charger du fardeau de ce corps qui a besoin d'être aidé en tout et pour tout ? Pensez-vous que ce soit moi, alors qu'il faudrait au moins quatre hommes pour en supporter le poids ?".

Et à d'autres disciples :

"Figurez-vous que vous allez dans un dépôt de combustibles et achetez un fagot de bois, que vous faites porter chez vous par un coolie. Pendant que vous cheminez ensemble, il songe anxieusement au temps qu'il lui faudra pour arriver à destination, et au moment où il pourra se décharger de son fardeau.
C'est ainsi que le Jnani a hâte de se débarrasser de son corps mortel."


Puis il corrigea son explication par ces mots :

"Cet exposé est juste à un certain point, mais, à proprement parler, il n'est pas entièrement exact. Le Jnani n'attend pas avec anxiété le moment de "remiser" son corps. Il est tout aussi indifférent qu'il s'agisse de l'existence ou de la non-existence du corps, car il n'a pour ainsi dire pas conscience de ce corps".

Un jour, bien qu'on ne le lui eût pas demandé, il définit la Libération (délivrance) Moksha à l'un de ses serviteurs :

"Se débarrasser de misères qui n'existent pas, et parvenir à la Béatitude toujours présente, voilà la Moksha."


Un disciple Parsi , le supplia ainsi :

"Bhagavan ! transférez  sur moi cette maladie ! Permettez-moi de la supporter pour vous ! "

Mais lui : " Et qui donc me l'a donnée, à moi ?"

Qui donc la lui donna ? Etait-ce le poison de notre karma ?

Un sadhou suédois rêva que le bras malade s'ouvrait et qu'il apercevait à l'intérieur la tête d'une vieille femme aux cheveux en désordre. On interpréta ce rêve en disant que Sri Bhagavan s'était chargé du karma de sa mère lorsqu'il lui avait donné le Moksha, mais d'autres prétendirent que la femme représentait l'Humanité tout entière, ou MAYA.

Par Sililia
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Dimanche 24 mai 2009

VOICI UNE ANECDOTE TYPIQUE DE LA COMPASSION DE BHAGÂVAN ENVERS TOUTES LES CREATURES.



T.R.A. NARAYANA RACONTE :

Après avoir attendu une dizaine de minutes que Bhagavân vienne s'asseoir, Sri Parthasa Rathi me suggèra qu'en attendant nous pourrions aller voir le gosala, l'étable et autres lieux.
Comme nous revenions par l'autre côté de la véranda, nous entendîmes une voix qui ressemblait à celle d'un enfant :
"Chee asade ! (toi, folle créature)".

Nous ne vîmes aucun enfant et nous ne comprenions pas d'où venait cette voix étrange.
Soudain, nous vîmes bouger les branches des plants d'aubergines, de ladies fingers (shigru) et autres, dans le potager de la cuisine, près de la véranda.

En regardant plus attentivement, nous aperçumes alors une petite chèvre, un singe et un écureuil, et Srî Bhagavân Râmana Mahârshi !

Bhagavân était assis sur ses talons, avec les jambes repliés contre la poitrine.
La chèvre se tenait entre ses genoux, le singe avait posé sa tête sur le genou droit et l'écureuil était perché sur le gauche.
Tenant un sachet de la main gauche, Bhagavân prenait des cacahouètes de la droite (main dite "propre"), et une par une, les donnait à la chèvre, au singe à l'écureuil et à lui-même, l'un après l'autre.

Sa remarque semblait s'être adressée au petit singe qui essayait de prendre la cacahouète que Bhagavân plaçait dans la bouche de l'écureuil.
Tous quatre semblaient goûter pareillement la joie de l'instant : la manière dont ils se regardaient l'un et l'autre, et comme ils se tenaient proches tous ensemble était touchante.

La chèvre, le singe, l'écureuil et Bhagavân avaient sans aucun doute oublié leurs différences !
Et malgrè leurs différences de formes et d'espèces, nous les vîmes comme quatre bons amis.


                                                              

                                                                    



G.S.Sharma raconte que même les arbres n’étaient pas exclus de l’amour et de la compassion de Srî Bhagavân.

Il disait :

« Les arbres peuvent aussi avoir la réalisation du Soi. Vous pouvez appeler un arbre un « humain debout » et un homme un « arbre marchant ».


Un jour, Bhagavân observait un jardinier qui arrachait avec rudesse les feuilles d’un amandier :


« Hé ! Que fais tu ? »
demanda Bhagavân.

Le jardinier répondit avec humilité qu’on lui avait dit de réunir des feuilles sèches pour les coudre ensemble afin d’en faire des assiettes.


Bhagavân ajouta : « Vous autres ne pouvez rien faire sans causer de la souffrance. Imagine que je te saisisse par les cheveux et tire violemment. Même s’ils sont inertes, tu sentiras la douleur ! ».


Par Sililia
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Vendredi 1 mai 2009

Jeune hindou, tu attiras les foules,
 dès ton âge de 16 ans.

                                                                               


 Pourquoi ?


Pourquoi les pélerins de maints pays
ont-ils afflué pour te rencontrer,
quelle que fût leur spiritualité ?



Et pourtant tu ne donnais rien, tu ne vendais rien.
Il y avait ta personne ; ta vision si claire, ton sourire ;
Tu étais Pure Réalité, au-delà de nos vicissitudes.



Tu fus aimé par les gens simples, par les petits enfants.
Les penseurs t'admirèrent.



A nous, tu apportas ta compréhension et la foi en Cela que tu incarnais.
Pas de miracles, pas de spectacles :
la seule Vérité, plus que divine. Eblouissante.



Bien des visiteurs en ont reconnu l'étincelle.
Ma mère tant aimée, comme ce rude loup des mers que fut mon père : ils l'auraient contemplée tous les deux.












A la fin de 1950, ton vieux corps tout détérioré par la cruelle maladie fut rendu à la Terre.
Jamais une plainte ne vint déflorer ta sérénité.
"Où irais-je?" répondit-il à un visiteur qui déplorait l'immincence de ton trépas !



Tes aspects corporels ont disparu mais tu restes parmi nous.
C'est en ce sens que je me suis hasardé à présenter ci-après les témoignages d'autrui.

  

                                                                                       L'homme de Lumière

 

 

 

Par Sililia
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Vendredi 3 avril 2009


Un soir, tandis que nous étions tous assis sur la montagne, Bhagavan nous raconta deux incidents qui se produisirent à la grotte de Virupaksha.


"Un jour, pendant mes premières années ici, j'étais assis sur un rocher dans la montagne quand un petit garçon vint me voir. Il avait environ huit ans.

"Me voyant, il dit avec beaucoup de pitié
: "Swâmi, pourquoi êtes-vous parti comme cela pour vivre tout seul sans vêtements ?"

"Je lui fis une réponse susceptible de le satisfaire : "A la maison, mes aînés se sont fâchés contre moi. C'est pourquoi je suis parti et venu ici."

"Le petit garçon demanda : "Swâmi, comment est-ce que vous faites pour la nourriture? "

"Je répondis : "Si quelqu'un me donne quelque chose, je le prends. Sinon je ne mange pas."
Il fut choqué d'apprendre que je devais mener une vie si pénible.

"Aiyô!" s'exclama-t-il. "Venez avec moi. Je vais parler à mon patron et vous trouver un travail. Si vous travaillez quelques jours, seulement pour la nourriture, par la suite, il vous donnera un salaire."

Je répondis à son offre en restant silencieux.


Une autre fois, tandis que j'étais assis sur le banc à la grotte de Virupaksha, un petit garçon monta me voir et me fixa un long moment. Puis il pleura et sanglota vivement.
"Palaniswâmi, qui était dans la grotte, sortit et lui demanda :
"Pourquoi pleures-tu ?"
"Je ressens beaucoup de pitié quand je le regarde", dit le petit garçon. Et puis il continua de sangloter."


Shri Bhagavan, comme il le faisait souvent quand il racontait des histoires, anima son récit en jouant les rôles des personnages. En l'occurence, il fit une belle imitation des paroles et des sanglots du petit garçon.


Des gens vinrent du sud pour le darshan de Bhagavan.
Parmi eux, il y avait un petit garçon d'environ cinq ans.
Il fit namaskâram, puis s'approcha de Bhagavan et le regarda avec amour. Bhagavan mit sa main gauche sur la tête du garçon et lui demanda :

"Qu'est-ce que tu veux?"

Le garçon répondit fermement : "Je ne veux rien."

"Oh ! Oh!" dit Bhagavan, "Tu es des nôtres."

Puis, s'adressant aux gens avec qui il était venu, il ajouta :
"S'il demeure dans cet état de "non-vouloir", tout viendra à lui."


Cela rappela à Bhagavan un vieil incident de sa propre vie.


"Quand je demeurais au Temple de Pachaiamman, mon pagne se déchira. Je ne demandais jamais rien à personne, il me fallut donc le coudre moi-même. Comme aiguille, j'utilisai une épine de cactus. Je fis une fente au bout de l'aiguille et y pinçai un fil que j'avais enlevé de mon pagne. Une fois le raccomodage terminé, je pus le porter encore deux mois.
"A la même époque, ma serviette avait tellement de trous qu'elle ressemblait à un filet. Un jour, en la voyant, un berger essaya de me tourner en dérision en disant : "Swâmi, le Gouverneur (de la province) veut cette serviette."
"Après avoir lavé et séché cette serviette, j'avais l'habitude de l'enrouler autour de ma main de manière à ce qu'on ne puisse pas voir dans quel état elle était. Ceux qui étaient avec moi finirent pourtant par s'en apercevoir et apportèrent trois jeux de pagnes et de serviettes neuves. Ils prirent ma vieille serviette et me firent échanger mon pagne contre un neuf.

"Si vous restez dans cet état de "non-vouloir", tout viendra à vous. C'est pourquoi sympathies et antipathies, attractions et répulsions ne sont pas de mise."



Par Sililia
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Vendredi 27 mars 2009

La visite de Gandhi
rapporté par Annamalaï Swami
(disciple de Râmana Maharshi)


Dans les années 1930, Mahâtmâ Gandhi vint à Tiruvannamalai faire un discours politique.



Les organisateurs ayant choisi un terrain en plein air à qautre cents mètres de l'ashram comme emplacement pour l'événement, plusieurs personnes à l'ashram espéraient que le Mahâtmâ rendrait aussi visite à Bhagavan.





Quand le jour du discours arriva, j'attendais à la porte de l'ashram avec de nombreux autres dévots dans l'espoir d'entrevoir Gandhi au passage.
Quand il arriva enfin à notre hauteur, on put facilement le voir, parcequ'il était conduit au meeting dans une voiture découverte.
 
Râjagopalachari, important politicien du Congrès, qui avait organisé cette tournée de discours dans l'Inde du Sud, était assis près de Gandhi.
Comme la voiture avançait très lentement, je courus à sa hauteur et saluait Gandhi en joignant mes paumes au-dessus de ma tête.
A mon grand étonnement et pour mon plus grand plaisir, Gandhi me retourna la salutation en faisant le même geste.





La voiture s'arrêta un tout petit moment près de la porte de l'ashram mais repartit bientôt, Râjagopalachari ayant fait signe au chauffeur de continuer et de ne pas entrer dans l'ashram.

Râjagopalachari devint plus tard premier ministre de la Présidence de Madras, une région qui incluait   la plus grande partie de l'Inde du Sud. Après l'indépendance, il devint le premier Indien à remplir la fonction de Gouverneur général.


Un des résidents de l'ashram, T.K. Sundaresa Iyer alla au meeting et offrit deux livres à Gandhi :

Aksharâmanamâlai et Râmana Sannidhi Murai.

En offrant les livres, il cita un verset d' Aksharâmanamâlai :

"Oh Arunâchala ! Joyau de la conscience, qui brilles dans toutes les créatures, grandes et petites, détruis le mal dans mon coeur."


 
Akshrâmanamâlai
est un long poème
de Bhagavan à la louange d'Arunâchala.
Râmana Sannidhi Murai, écrit par Murugunar est un recueil de poèmes faisant l'éloge de Bhagavan.







Une fois le meeting terminé, j'allais dans le Hall et racontai à Bhagavan comment Gandhi m'avait salué sur la route. Je mentionnai aussi le fait que Râjagopalachari avait fait signe au chauffeur d'aller directement au meeting, refusant ainsi à Gandhi la possibilité de faire une brève visite à l'ashram.


Bhagavan répondit par un commentaire des plus intéressants :

"Gandhi avait envie de venir ici, mais Râjagopalachari avait peur des conséquences.
 Il sait que Gandhi est une âme avancée et craint donc

qu'il entre en samâdhi ici et n'oublie tout ce qui concerne la politique.
C'est pourquoi il a fait signe au chauffeur de continuer."

Quelques jours plus tard, Gandhi était à Madras ; Krisnaswâmî alla le voir et réussit à avoir un entretien avec lui.
Quand il se présenta à Gandhi comme résident de Râmanasramam, Gandhi fit cette remarque :

"J'aimerai aller voir Bhagavan, mais je ne sais pas quand l'occasion se présentera".

Bien que Gandhi continuât par la suite à exprimer le désir de voir Bhagavan, il ne revint jamais à Tiruvannamalai.

Par Sililia
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Vendredi 20 mars 2009


RAMANA MAHARSHI est né le jour où l'on honore SHIVA sous son aspect de Natarâja.




Ce terme désigne aussi bien le Seigneur de la Danse, le Maître des danseurs comme le Roi des acteurs
 (la racine RâJ signifiant "régner, gouverner, briller"
et la racine NAT "danser, mimer, jouer un rôle").

NATARÂJA

Râmana est ainsi né durant la fête d'Arudra-darshana, en décembre 1879. Cette fête qui a généralement lieu lorsque la constellation d'Orion (arudra) se trouve en ascendance est celle de la "vision de Shiva" car l'on organise une procession de la représentation de Shiva sous son aspect de Natarâja pour que l'on puisse le contempler (darshana). Ce jour commémore la victoire de Shiva sur l'Asura Andhaka
(le "Sombre", andha veut dire aveugle),
c'est-à-dire la victoire de la "Lumière" sur "l'Obscurité"
et donc de la Connaissance sur l'ignorance.
Puis Shiva accomplit sa Danse cosmique.





Cette danse répond aux cinq actions (pancha-krityâ) de Shiva :
srishti, l'action de créer ;
sthiti, l'action de maintenir ;
 samhâra, l'action de détruire ;
 tirobhâva, l'action de faire disparâitre
 et anugraha, l'action de libérer.
Ces cinq fonctions sont en relation avec les cinq aspects divins respectivement :
Brahmâ, Vishnu, Rudra, Maheshvara, (mahâ-îshvara) et Sadâshiva (sadâ éternel).

 Rappelons que ces cinq aspects divins sont en correspondance avec les cinq premiers chakras, respectivement:
mûlâdhârâ, svâdhishthâna, manipurâ, anâhata, vishuddha.
Au chakra âjna correspond l'aspect Shambu
et au "lotus à mille pétales", sahasrâra, l'aspect ultime Paramashiva.



Voyons comment on peut comprendre cette Danse en étudiant le symbolisme de sa représentation.

En dansant Shiva écrase sous son pied droit le nain Mûlayaka, symbole de la vaine opposition à la puissance de Shiva.
Le pied gauche est levé en signe de libération. Le mouvement des pieds décrit la fonction suprême de Shiva celle de la transformation véritable, c'est-à-dire celle qui ne se limite pas à la forme mais nous fait aller au-delà même de la forme. Pour être libre, l'être doit se transformer.

Voyons maintenant ce que les mains nous enseignent. La main droite supérieure tient un damarû (petit tambour à deux caisses de résonnance), la main droite inférieure fait le geste (mudrâ) de "ne point craindre".
La main gauche supérieure tient une flamme La main gauche inférieure est baissée en direction du nain Mûlakaya.
 Le damarû est, dans le rythme qu'il instaure (chaque caisse de résonnance étant frappé tour à tour), le symbole de l'alternance de la création et de la destruction de la manifestation, résumant ainsi les cinq actions de Shiva.



La crainte n'affecte que ce qui est conditionné, comme l'ego. Mais, Shiva peut nous libérer de la peur
(signe de l'attachement à l'ego)
 puisqu'il nous éclaire avec la flamme de la connaissance qui dissipe toutes les menaces représentées par le nain Mûlakaya qui ne peut qu'être vaincu comme il nous l'indique. Parmi les différents aspects de sa parure, nous signalerons que Shiva porte un pendant d'homme à l'oreille droite et un pendant de femme à l'oreille gauche, marquant ainsi son union avec la Shakti. Il danse sur un piédestal de lotus d'où jaillit une auréole frangée de flammes qui l'encercle. Dans sa dimension purement cosmique et selon le principe d'analogie, on peut voir cette auréole enveloppante comme le symbole de Prakriti, Shiva, représentant alors Purusha, danse ainsi en son sein pour faire passer l'univers potentiel de la puissance de l'acte.


Shiva Natarâja, dont la vision (darshana) libère de la transmigration (samsâra), préside ainsi à la naissance du Maharshi démontrant ainsi que cette dernière se révélera effectivement comme illusoire.

 Cette "présence" de SHIVA ne fait qu'annoncer la fonction de
 "présence du Maharshi."




Mais voyons ce que Râmana nous enseigne sur le lieu de sa naissance Tiruchuzi :

"Ce lieu a reçu plusieurs noms différents
(dont celui d'Avarta-puri, puri signifiant la ville) (...)
Il y a eu plusieurs déluges.


Le Dieu Shiva sauva cette ville de trois d'entre eux. Une fois, alors que toute la surface de la terre était immergée sous les eaux, Shiva planta sa lance en cet endroit. Les eaux qui auraient dû normalement envahir la contrée furent attirées dans le trou formé par celle-ci ;
 Un immense tourbillon se
forma.
Voilà l'origine du nom (d'avarta qui signifie tourbillon).
A l'occasion d'un autre déluge, Shiva, pour sauver la ville, la maintint suspendue au bout de sa lance"


 Cette "présence" de Shiva au lieu même de sa naissance place le Maharshi au Centre du Monde dont l'axe est symbolisé par la lance de Shiva.
 On peut comprendre ainsi que bien que l'individualité de Râmana ait connu, "substantiellement", un certain devenir spatial,
le Maharshi, "essentiellement", n'a cessé d'être immobile
au Centre du Monde.
Du lieu de sa naissance à la colline d'Arunâchala où il séjournera tout le restant de sa vie, il n'a cessé d'être établi en ce Pôle spirituel,
moteur immobile de la manifestation.
La colline d'Arunâchala est l'un des plus anciens et des plus sacrés parmi tous les lieux saints de l'Inde, c'est un éminent symbole du Mont Méru.



Râmana Maharshi déclara qu" : Arunâchala n'est pas extérieur, mais intérieur.
Arunâchala , c'est le SOI".

Par Sililia
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Lundi 19 janvier 2009







RAMANA ET LES ANIMAUX



« Ayez de l’amour pour tous, nul n’est autre que vous ».
Dans cette vision égalitaire, tous étaient traités avec la même déférence par Ramana. Tous ceux qui venaient à lui, qu’ils soient brahmane, intouchable, femme, homme, riche ou pauvre et même animal, tous avaient droit à sa considération respectueuse.

 

 

Ramana ne s’intéressait ni aux rituels, aux dogmes, aux mythes ou aux miracles. Il n’imposait pas de changement radical dans le mode de vie de ses disciples. L’unique directive sur laquelle il était intransigeant : on ne doit jamais faire de mal aux autres entités vivantes, aux animaux. Pour notre progrès spirituel et celui de l’animal, il faut s’abstenir complètement de viande.


« Ne pas faire de mal (ahimsa) est la première injonction du code de discipline des yogis (…). Les aliments ont un effet sur l’esprit. Pour pratiquer le yoga, le végétarisme est indispensable, parce qu’il rend l’esprit pur et harmonieux ».



Ces animaux qu’on doit aimer, et non tuer pour leur chair ou leur peaux sont tout comme nous impliqués dans un processus évolutif.

À un disciple qui lui demandait : « Est-ce qu’un être peut faire des progrès spirituels dans un corps animal? »

Ramana répondit : « Il n’est pas vrai que la naissance humaine soit nécessairement la plus élevée et que l’on ne puisse atteindre la réalisation qu’à partir de la condition humaine. Même un animal peut atteindre la réalisation du Soi ».

Ramana disait : « Nous ne savons pas pourquoi ces âmes habitent ces corps et quelles parties incomplètes de leur karma, elles viennent compléter avec nous ».


Autour du sage gravitaient de divers animaux, un écureuil, une famille de paons qu’il appelait en imitant leurs cris pour les nourrir de riz, de mangues ou d’arachides. On ne devait pas tuer les serpents dans l’ashram :. « Nous sommes venus dans leur maison et n’avons aucun droit de les troubler. Ils ne nous feront pas de mal ». Des chiens vivaient aussi autour de Ramana, fait plutôt rare en Inde, les brahmanes stricts voyant ces animaux comme impurs. Mais il eut plusieurs chiens dont Kamala, une chienne qui donna naissance à une longue lignée de descendants et qui sur l’ordre du Sage amenait les visiteurs faire le tour d’Arunachala, de ses temples et de ses grottes.


Les singes fort nombreux venaient voir Ramana afin qu’il règle leurs chicanes internes. Il recevait un émissaire du peuple des singes et tentait, le plus souvent avec succès, de ramener la paix dans les tribus en guerre. Pas toujours facile cette œuvre de pacification. Ramana exhibait en riant les différentes morsures sur ses bras ou ses jambes que des singes rebelles lui avaient infligées.


Une vache s’était particulièrement attachée à Ramana. Elle se nommait Lakshmi et vécut près de 19 ans avec lui. À heure régulière, elle venait chercher sa nourriture, une banane, une caresse. Devenue vieille, Lakshmi tomba malade et un matin de juin 1948, la fin étant proche.

Ramana alla la voir et lui dit :
 « Amma - mère - veux-tu que je sois près de toi? »

Il prit sa tête sur ses genoux et de sa joue, effleura doucement la sienne. Plongeant ses yeux dans les siens, Ramana posa sa main droite sur le cœur de Lakshmi puis l’autre sur la tête de l’animal. Ils restèrent ainsi un très long moment, en silence. Lakshmi quitta paisiblement son corps. La vache fut enterrée près de l’ashram tout près d’autres tombes d’animaux chers à Ramana, un chevreuil, une corneille et un chien.

Sur une pierre, Ramana Maharshi écrivit que Lakshmi avait atteint Mukti - la libération.

Par Sililia
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Jeudi 15 janvier 2009

La petite pièce où Sri Bhagavan passa ses derniers jours et ses dernières heures, existe toujours.


Un portrait du Maître à l’air de vivre, et de répondre à l’affection des siens.

On voit aussi des objets variés, dont il se servait, ou qu’il touchait :

Sa canne, des récipients pour l’eau, un éventail en plume de paon, la bibliothèque roulante, et d’autres menus objets encore, sans compter le divan, vide désormais.

Cette petite pièce a quelque chose d’infiniment poignant, et cependant il émane d’elle une grâce inexprimable.




 

Une statue de Shri Bhagavan se dresse dans la nouvelle salle.
Il avait été stipulé dans la décision écrite, que l’on érigerait une statue, mais aucun sculpteur ne parvenait à faire du Maître une image satisfaisante





Il aurait fallu qu’il ait perçu lui-même le mystère de Sri Bhagavan, pour être inspiré par lui, car il n’est pas vraiment question de rendre les traits de l’homme, mais d’exprimer la puissance et la beauté divines, qui transparaissaient dans ses traits.

Le domaine de l’Ashram est terre sacrée, et l’est également tout le voisinage. La paix de ces lieux vous environne et vous pénètre.
 Ce n’est pas une paix passive, mais une joie exaltante.

L’air lui-même est parfumé par sa Présence.


Certes, cette Présence n’est pas confinée à Tiruvannamalai. Où que se trouvent les disciples, ils reçoivent sa grâce et son appui.
Sa Présence intime ne s’avère pas moins, mais plus puissante peut-être qu’auparavant.
Pourtant aujourd’hui comme autrefois, une visite à Tiruvannamalai est pour l’âme une consolation infinie, et la beauté du séjour à l’Ashram est impossible à décrire.


Il y eut des saints qui promirent de revenir sur terre, pour continuer à diriger ou guider leurs disciples dans la vie après la vie, mais Sri Bhagavan était le Gnani véritable. En lui ne subsistait pas la moindre trace de l’ego, qui pourrait faire croire à une re-naissance, et les disciples ne l’ignoraient pas.


Ce qu’il promettait était différent ;

« Je ne m’en vais pas ! Où irais-je ? Je suis ici ! »

Il ne dit même pas : « Je serai ici, mais «  Je suis ici ! », car pour le Jnâni , il n’y a ni changement, ni temps, ni différence entre le présent et le futur ;
il n’y a ni point de départ ; seul existe l’éternel : à présent ! Qui tient en suspension la totalité du temps, l’universel : ici que ne limite aucun espace.


Sri Bhagavan affirmait ainsi sa Présence continue, ininterrompue, sa perpétuelle direction..


Il avait depuis longtemps dit à Sivaprakasam Pillai :

« Celui qui a obtenu la Grâce du Guru est infailliblement sauvé ; jamais plus il n’est abandonné. »


Plus que jamais, il était le Guru intérieur. Ceux qui dépendaient de lui sentaient qu’il les dirigeait à présent puis puissamment, plus efficacement encore. Leurs pensées étaient comme rivées à Lui.


La vihara qui mène au Guru intérieur était plus facile, plus accessible.


La méditation provoquait un afflux immédiat de la grâce. La répercussion des actions, soit bonnes ou mauvaises, s’avérait plus rapide et plus forte.


 

 

Par Sililia
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Samedi 20 décembre 2008

Bhagavan raconte :
 
"Quand je vivais à la grotte de Virupaksha, bien des gens y venaient avec toutes sorte d'en-cas et de repas.
Beaucoup de visiteurs voulaient me forcer à manger de grands repas avec beaucoup de mets spéciaux tels que vadai et payassam.
Un jour, je décidai de jeûner de manière à donner un repos complet à mon estomac.
Je savais qu'il était dangereux de rester à la grotte de Virupaksha :
des visiteurs pouvaient arriver avec de la nourriture pour moi.
 Aussi partis-je pour une longue promenade à travers la forêt, du côté sud-ouest de la montagne.
Tandis que je marchais au milieu de cette forêt, sept femmes me suivaient.
 Chacune portait un ballot sur la tête.
Quand elles me virent, je les entendis parler entre elles.
 
"Celui qui marche devant nous est notre Swâmi."
Quand elles furent convaincues que j'étais bien 'le Swâmi", elles coururent vers moi.
 
L'une d'elles dit :" Swâmi, s'il vous plaît, assseyez-vous et prenez un peu de notre nourriture."
 
Une des femmes me donna des iddlies,
une deuxième du murukku (un entremets frit, non sucré, dur et crousitllant)

 une troisième un dosa ( crêpe faite de farine de riz et de variété de pois)  etc etc.
Indian Charm
Elles rivalisèrent ainsi l'une avec l'autre pour me servir leur différents mets.
 
Après avoir mangé et pensé : "Ah! quel bon jeûne je fais aujourd"hui", je m'éloignai d'elles.
 
Je m'imaginais échappper à ces dames, mais elle me crièrent :

"Swâmi, il vous faudra être prêt pour votre déjeuner à midi. Nous ne vous oublierons pas."

Puis elles partirent en direction de la montagne.

Ne voulant pas qu'elles me rattrapent plus tard dans la journée, je marchai lentement sur une courte distance, puis m'assis au pied d'un arbre pour me reposer à l'ombre.
Vers midi, les femmes sortirent de la forêt et se dirigèrent droit vers moi. Tandis qu'elles s'approchaient, elles insistèrent pour que je les emmène à un endroit où elles trouveraient de l'eau potable.
Je les emmenai dans la forêt à Sona Tirtham, me disant :

 "Quel merveilleux upavâsam (jeûne) j'ai fait aujourd"hui."

Quand les femmes eurent fini de boire, elles me demandèrent de m'asseoir et de manger. Elles étalèrent une feuille de bananier devant moi et me servirent des plats des six saveurs, (sucré,acide, salé, amer,astringent, et âcre)
comprenant riz, légumes, sambar, rassam, vadai et payassam.

Je me dis : "O seigneur ! Ce que j'ai mangé ce matin était suffisant pour trois jours. Comment pourrais-je manger tout ceci ?

J'avais la sensation d'être entrain d'étouffer.

"Swâmi", demanda l'une des femmes,
 
"Pourquoi cette attitude?, Mangez comme si nous étions toutes Unnamalai
 (est le nom local de Pârvâti,
l'épouse de Shiva)
 en train de vous servir."

C'est ainsi que ces dames me donnèrent une instruction spirituelle (upadesa).


Aussitôt que j'eus fini de manger, elles partirent en disant :

"Swâmi depuis notre naissance, jamais encore nous n'étions venues dans cette forêt, mais aujourd'hui nous sommes venues y ramasser des feuilles."

Soudain, elles disparurent toutes.


"Oh ! voilà des personnes fûtées",


pensai-je, et je continuai mon pradakshina en traversant lentement la forêt.

Puis, avec l'intention d'aller m'asseoir dans le Vetrillai Mandapam, je sortis de la forêt.

Pendant ce temps, un dévot qui s'appelait Râmaswâmî Aiyer avait acheté deux mangues aussi grandes que des citrouilles. Il avait fait du rassam avec les mangues et l'avait apporté à la grotte de Virupaksha avec du riz qu'il avait préparé.

Comme je n'étais pas là, il s'était demandé : "Où est le Swâmi ?"

Entendant les gens dire : "Swâmi est peut-être allé faire le pradakshina de la montagne", il pensa :

 "Swâmi sera entrain de faire le tour de la montagne dans le sens des aiguilles d'une montre, je vais le faire en sens inverse, aller à sa rencontre et lui donner ce rassam et ce riz."

Râmaswâmi Aiyer me trouva juste au moment où je sortais de la forêt. En me voyant, il dit immédiatement :

"Swâmi, je suis allé à la grotte de Virupaksha pour vous voir mais je ne vous ai pas trouvé. Aussi suis-je venu à votre recherche sur le circuit de pradakshina. Il vous faut, je vous en prie, prendre ce rassam à la mangue et ce riz."

Je lui racontai tous les incidents de la journée, y compris combien j'avais mangé, mais il ne voulut rien entendre de mes excuses. Il insista pour que je mange une partie de sa nourriture;

J'en mangeai un peu avant de dire ;

 "Assez ! Assez ! La punition d'aujourd'hui a été très bonne."

Puis je me mis en chemin pour rentré à la grotte de Virupaksha.
J'arrivais à peine à marcher.


 

Bhagavan poursuit en racontant un incident qui se produisit vers 1903 :

Un jour, Palaniswâmi (son serviteur à ce moment là), un autre homme et moi-même nous nous promenions le long des berges d'un ruisseau du côté sud de la montagne. Nous vîmes une vieille dame qui cassait des brindilles sèches pour le feu au sommet d'un arbre. Je regardai pour voir qui ramassait des brindilles pour le feu à une telle hauteur. Aussitôt la femme se tourna et me regarda.

Les deux mains tendues, elle me donna un upadesa:
 
"Hé! vous ! Puissiez-vous être jeté sur le bûcher funéraire(1) !
 Pourquoi errez-vous partout dans la forêt au lieu de rester tranquillement assis à l'endroit où vous êtes ?"


"C'est vrai ,amma (mère), répondis-je vous avez raison", j'ai tort, vraiment tort. Je me donnerai une claque en punition."


Tandis que je pensai à cette histoire, je me tournai pour regarder la vieille femme, mais il n'y avait plus trace d'elle nulle part.


Interloqués, nous nous écriâmes : "Oh! Voilà encore une dame fûtée !" Puis, après avoir couru les bois pendant un moment, nous rentrâmes à la grotte de Virupaksha.





















(1)bûcher funéraire, c'est en tamil, une malédiction cordiale mais assez vulgaire. Bien que cela fût dit par plaisanterie, il était très inhabituel qu'une pauvre ouvrière s'adresse à un Swâmi de cette façon.


Bhagavan a souvent raconté ces histoires. Parfois, quand il les racontait, il laissait ses auditeurs avec l'impression que les sept femmes qui l'avaient nourri et la femme qui l'avait maudit étaient des esprits plutôt que des mortels ordinaires. Dans cette version-ci, le texte semble indiquer que la "dame futée au sommet de l'arbre s'évanouit dans les airs après avoir maudit Bhagavan. Il paraît impossible qu'elle ait pu descendre de l'arbre et s'en aller sans que Bhagavan ou les deux autres hommes ne s'en aperçoivent.


Par Sililia
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Samedi 15 novembre 2008

Incident raconté par le Maharshi 
(à l'époque où il vivait à Virupaksha)


 
"Le paysage qui s'étendait devant moi disparaissait tandis qu'un voile blanc étincelant le cachait peu à peu à ma vue pour finalement le recouvrir. Je pus percevoir distinctement ce qui se passait graduellement.
Il y eut une étape où je pouvais encore voir clairement une partie du payasage tandis que le reste était caché par le voile qui progressait.
Exactement comme si l'on masquait l'un des objectifs d'un stéréoscope. Eprouvant cela, je m'arrêtai de marcher au risque de tomber;
Quand la clarté revint, je me remis en marche. Mais la faiblesse et l'obscurité me submergèrent une seconde fois et je m'appuyai contre un rocher, attendant la fin du malaise.

A la troisième récidive, je jugeai plus sage de m'asseoir près du rocher.
Quand l'étincelant voile blanc couvrit tout mon champ visuel, la tête me tourna, ma circulation s'arrêta et je ne respirai plus. Ma peau prit une teinte bleu livide. C'était la véritable couleur de la mort, et elle s'accentuait de plus en plus. En fait, Vasudeva Sastri (qui l'accompagnait), me crut mort, et, me prenant dans ses bras, il se mit à pleurer et à se lamenter sur mon décès.
 
Je pouvais sentir nettement son étreinte et ses tremblements. J'entendais ses paroles de désespoir et j'en comprenais le sens. Je voyais aussi ma peau se décolorer, et je percevais l'ârrêt de ma circulation, ainsi que le refroidissement graduel de mes extrémités.
Cependant mon cours habituel de conscience demeurait inchangé dans cet état. Je n'étais pas effrayé le moins du monde et point du tout attristé de la condition de mon corps. Je m'étais assis près du rocher dans la position qui m'était habituelle. J'avais fermé les yeux et ne m'appuyai pas contre le rocher.
Mon corps privé de circulation et de respiration restait dans la même position. Cet état dura quinze minutes.
 
Puis soudainement un tressaillement ébranla tout mon corps et la circulation reprit avec une force énorme, la respiration également.
Mon corps transpira par tous ses pores et ma peau retrouva  la couleur de la vie.
J'ouvris les yeux me redressai, et dis : "Allons nous en !" Nous arrivâmes sans autre incident à la grotte de Virupaksha.
Ce fut le seul malaise, accompagné à la fois d'un arrêt de la circulation et de la respiration, dont je souffris jamais."
 
Cette expérience peut-être comprise comme un "seconde mort" et ainsi comme l'obtention définitive de l'état de muni.
 

Faisant état de cet incident Ramana Maharshi a précisé : "Je n'ai cessé d'être pleinement "conscient". Je pouvais sentir l'arrêt du coeur physique et également "sentir" que le coeur (le centre)  poursuivait son cours sans en être affecté

 
PLUSIEURS ANNEES PLUS TARD APRES CET INCIDENT:
 
5 OCTOBRE 1946

 
Ce matin quelqu'un est venu se prosterner devant Bhagavan dans le réfectoire en mentionnant qu'il était Vasu;
 
 -Vraiment ? dit Bhagavan. Si tu ne m'avais pas dit ton nom, je ne t'aurai pas reconnu. Tu n'as pas très bonne mine.

 
- Je pourrai dire la même chose de Bhagavan, réplique le visiteur.
 
- Pourquoi donc? Ma vue a sans doute baissé, c'est pourquoi je te parais avoir "baissé" moi aussi !

 
Un peu plus tard, Bhagavan présenta cette personne à tous ceux qui se trouvaient là et dit :

"C'est le Vasu qui m'a empoigné le jour où j'ai eu cette expérience qui ressemblait à un effondrement total ; le coeur avait même cessé de battre.

 
- J'étais très jeune, dit Vasudeva Shastri. Je n'imaginais pas que ce pouvait être la mort. Mais du fait que Palani Swami s'était mis à pleurer, j'ai pensé que c'était la mort et j'ai saisi Bhagavan ; je tremblais de chagrin.
 

- Même dans cet état, dit Bhagavan, je voyais parfaitement qu'il tremblait et que l'émotion le submergeait.
 
Vasu ajouta qu'après être revenu à lui, Bhagavan leur dit :
"Comment ? Vous pensiez que j'étais mort ? Croyez-vous que je serais mort sans même vous prévenir ?"


  "Un jour, à l'époque Skandashram, continua Vasu, Bhagavan et moi avions entrepris le tour rituel du mont Arunachala. Quand nous fûmes arrivés aux abord d'Easanya Math, vers 20H30, Bhagavan s'est assis sur le rocher et a dit, les larmes aux yeux, qu'il ne retournerait plus jamais à l'ashram, qu'il allait vagabonder où bon lui semble et vivre dans les forêts ou les grottes, loin des hommes. Je ne voulais pas l'abandonner là et lui ne voulait pas venir. Le temps passait et vers une heure du matin, nous en étions toujours au même point.
Bhagavan me dit d'aller manger en ville et de revenir ensuite, si je le désirais.
Mais je craignais qu'il ne disparaisse dans l'intervalle.
A ce moment le Swami d'Easanya Math arriva, ce qui était extrêmement étrange à une telle heure. Il persuada Bhagavan de l'accompagner jusqu'au Math.
J'ai quitté Bhagavan et j'ai couru jusqu'à la ville pour prendre un repas. Je suis revenu aussi vite que possible, craignant que Bhagavan ne soit parti. Mais il était toujours là et finalement nous sommes retournés tous les deux à Skandashram."
 

Bhagavan : "J'ai essayé encore une autre fois de m'échapper à toute cette foule et d'aller vivre quelque part incognito, pour jouir d'une totale liberté. Mais ce projet échoua à cause de Yogananda Swami. Après la mort de ma mère, j'ai fait une troisième tentative. Je ne voulais plus de l'ashram, ni des gens qui venaient là. Mais le résultat fut la création de ce nouvel ashram et des foules qui s'y pressent. Ainsi, mes trois tentatives ont échouées.
 
Vasudeva Shastri rapporta un autre incident dont il fut le témoin :
 
"Un jour, à Skandashram, je fus horrifié de voir un scorpion grimper sur le devant du corps de Bhagavan, tandis qu'un autre descendait le long de son dos.
Bhagavan demeura imperturpable et les deux scorpions finirent par s'en aller.

Bhagavan nous expliqua ensuite :

"Ils se promènent sur vous comme ils le font sur un mur ou un arbre. Est-ce qu'ils piquent le mur ou l'arbre?
C'es uniquement parceque vous en avez peur et réagissez de la mauvais façon qu'eux aussi prennent peur et réagissent".


Par Sililia
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Vendredi 7 novembre 2008

Il incarnait la perfection et portait à l'excellence tout ce qu'il faisait. L'observer dans la cuisine couper des légumes et préparer les repas était un enseignement en soi. Ceux qui vivaient en sa présence et partageaient son quotidien apprenaient par son exemple que porter la perfection dans chaque activité était une nécessité pour tout progrès spirituel.


En 1947, sa santé commença à décliner. Il ne pouvait plus recevoir les visiteurs à toute heure du jour, et les portes de la pièce où il donnait le darshan étaient désormais fermées la nuit.
En 1949, un petit nodule apparut sur son bras gauche qui se développa rapidement en une tumeur maligne. Il fut opéré à quatre reprises entre février et décembre, mais la tumeur revint chaque fois.

La dernière photo du Sri Lanka Bhagavan, pris 10 jours avant son Maha Samadhi

Le tout dernier jour de la vie physique de bahagavan il a dit ce mot à Sivananda Swami, un de ses préposés personnels :
"Santhosham" (je suis heureux). Le préposé a été déconcerté, donc Bhagavan a expliqué :
"L'anglais a un mot 'merci', mais nous disons simplement santhosham!"



L'entourage de Shri Bhagavan se doutait que sa fin n'allait pas tarder. Les médecins étaient impressionnés par son indifférence surhumaine vis-à-vis du corps et de la douleur.
Les douleurs devaient être atroces, mais l'expression de son visage ne restait pas moins tranquille, son sourire pas moins bienveillant.
Quand les fidèles déconcertés, le prièrent de se guérir par sa propre volonté, il répondit :
"Tout s'arrangera en temps voulu" et ajouta " Qui est là pour le vouloir"?

 

A une autre occasion, Bhagavan consola un disciple anxieux :
"Ils prennent ce corps pour Bhagavan et lui attribuent la souffrance. Ils prétendent que Bhagavan les quitte, mais où peut-il aller, et comment?"



Les derniers jours, des centaines de fidèles défilèrent devant la petite chambre qui avait été construite pour lui.
Shri Bhagavan, étendu sur son lit sur la véranda, donna le darshan matin et soir jusqu'à sa fin et ne permit pas qu'on l'arrêtât. Le vendredi soir du 14 avril 1950, la foule venue de loin et de près fut encore plus grande, et cette fois-ci, elle ne se dispersa pas après le darshan, se doutant que son état était critique.
Quand la fin approcha toute l'assemblée se mit à chanter l'Akshara-manamâlai avec le refrain
"Arunachala Shiva", "Arunachala Shiva"....... Les yeux de Bhagavan s'ouvrirent un peu ; sur ses lèvres apparut un léger sourire ; le long d'une joue coulèrent quelques larmes de félicité ; et à 8H47, une expiration...... et aucune inspiration. Pas de lutte, pas de spasme, aucun signe qu'il mourait. A ce moment même, une comète d'une lumière éclatante traversa lentement le ciel, se dirigea vers Arunachala et disparut derrière le sommet.



La forme visible de Bhagavan s'était absorbée dans la Réalité suprême d'Arunachala.
La comète a été vue dans toute l'Inde du Sud. Des fidèles à Madras se doutèrent alors de ce qui s'était passé et se précipitèrent à Tiruvannamalai : Henri Cartien Bresson, qui avait pris les fameuses photos des derniers jours de Maharshi, accourut pour vérifier si l'heure de la comète coïncidait bien avec le mahanirvana de Shri Ramana.

"Ils disent que je vais mourir. Mais je ne pars pas. Où pourrais-je aller? Je suis là".

 





où pourrais-je aller?

Par Sililia
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Dimanche 2 novembre 2008
La renommée de Shri Ramana allait bien au delà des frontières.
Des milliers de visiteurs désiraient recevoir son darshan ;


Les uns venaient un court moment, d'autres pour un séjour prolongé.
Les uns plaçaient leurs souffrances à ses pieds, d'autres cherchaient à clarifier
leurs doutes, et d'autres enfin à être guidés dans leur quête spirituelle.
Mais, au fond, tous cherchaient la même chose :
la paix de l'esprit.
"La grâce est toujours là,
 disait le Maharshi,
le récipient avec lequel vous venez se remplit suivant sa capacité".
Nombreux étaient ceux qui partaient soulagés de leur fardeau, le coeur empli de grâce.

 
Les visiteurs étaient variés, du simple paysan jus qu'au maharajah,
de l'illetré jusqu'à l'intellectuel,
des hindous orthodoxes, des occidentaux, tous se prosternaient
devant le Sage, qui assis sur son sofa, jour et nuit dans la même pièce
et disponible à tout heure, recevait tout le monde avec le même respect, la même attention.
 
Cette attention, il la portait aussi aux animaux et aux plantes, au point de provoquer la jalousie chez ses fidèles.
Comparable à Saint François d'Assise, Shri Bhagavan avait le don de communiquer avec eux,
singes, oiseaux, vaches, paons et chiens......
Tous cherchaient sa compagnie et avaient le privilège de s'approcher de lui, d'être caressés ou nourris par lui.

 
Sa simplicité et son sens de l'égalité étaient légendaires.
Bien que vénéré comme un dieu incarné, il refusait tout traitement priviligié
et cela systématiquement, que le motif fut caché ou ouvertement déclaré.
Tous les dons devaient être partagés, sinon il ne les acceptait pas
Par Sililia
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POURQUOI CE BLOG


Ce blog ne m'appartient pas, aucun droit d'auteur, aucune photo.
Il appartient au monde, à Ramana Maharshi, je ne fais que retransmettre son message, son enseignement tiré de livres de ses disciples de ceux qui l'ont connus et de leurs témoignages.


Il est ici toujours présent

 ce blog est juste là pour continuer à faire vivre son enseignement.


le gourou apparaît comme un sage qui continue de vivre dans le monde

PRESENTATION,

CITATION


"Au milieu de la caverne du coeur,
en forme de Moi, en forme de Soi,
unique et solitaire,
tout droit de soi à soi
le Brahman resplendit !
Pénètre toi-même en ce dedans,
ta pensée perçant jusqu'à sa source,
ton esprit plongé en soi,
souffle et sens au tréfonds recueillis,
tout de toi en toi fixé,
et là, simplement, sois!"

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CITATION DU MAHARSHI


                                                                                                                   

"Vous n'êtes pas le corps, vous n'êtes pas le mental.
Vous êtes la pure conscience, le Soi.
Vous êtes présent en tout et partout.
Soyez conscient tout le temps, même pendant
que vous travaillez".



"Les visions et les sons mystiques qui peuvent se manifester au cours de la méditation doivent être considérés comme des distractions et des tentations. Jamais l'aspirant ne doit s'y laisser prendre."





"Les pieds réels de Bhagavan n'existent que dans le coeur du dévot.
S'aggriper incessamment à ces pieds est le vrai bonheur.
Vous serez déçu si vous vous agrippez à mes pieds de chair,
parce qu'un jour ce corps de chair disparaîtra.
Le culte le plus grand, c'est le culte des pieds
du Gourou qui sont en nous-mêmes."


Qui suis-je ?
Ramana Maharshi répétait sans cesse que cette question est essentielle. Si cette question fondamentale n’est pas résolue, comment voir clairement et discerner ce qui est de ce qui n’est pas?

Le Maharshi citait souvent le psaume 46:
 
“Reste tranquille et sache que Je suis Dieu”,
 où Dieu désigne l’état divin, et un passage de l’Ecclésiaste:
Il n’existe qu’un, il n’y a pas deux.
Il est seul et sans second.


Il n'y a ni passé ni avenir. Il n'y a que le présent.
Au moment où vous le viviez, hier était pour vous le présent.
Et quand vous le vivrez, demain sera également le présent.
C'est pourquoi l'expérience se produit seulement dans le présent,
et au-delà de l'expérience rien n'existe



LE « SOI » :


Le coeur du message spirituel de Sri Ramana est contenu dans ces courtes phrases :


« Si nous progressons, le monde progressera.
Tels que nous sommes ainsi est le monde.

Sans comprendre le Soi, à quoi bon comprendre le monde.
 Sans la connaissance de

l’Etre, la connaissance du monde est sans intérêt.
Plongez en vous-même et trouvez le

trésor caché là.
Ouvrez votre coeur
 et voyez le monde à travers les yeux du véritable Soi.

Déchirez les voiles
et contemplez la divine majesté de votre propre Soi. »



Les larmes du soleil par dolbi303

L’un des nombreux poèmes composé par Sri Ramana dit ceci :


« Lumière de la conscience qui tout embrasse,
 c’est en toi que se forme l’image de

l’univers, qu’elle y demeure et s’y dissout.
Mystère qui détient le miracle de la vérité,
tu
es le Soi intérieur, le « Je »vibrant dans le coeur.
 Coeur est ton nom o seigneur ! »

Cet état d’être unifié naît du silence mental
et engendre une paix immuable :
 « Celle-ci
ne peut régner seulement
lorsqu’il n’y a aucun dérangement du à la pensée »



 















                                                                                         

CITATION


"Le mieux c'est de parler de coeur à coeur
et d'écouter de coeur à coeur."
C'est la meilleure forme
d'Upadesha

R.Maharshi



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Ouvre l'oeil et regarde,
tu verras ton visage
dans tous les visages.

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CHANT ENREGISTREE A L'ASHRAM

http://www.wat.tv/audio/arunachala-114e0_114e1_.html



Observant la lune juste avant le lever du soleil, Shri Baghavan dit :
" Voyez la lune et aussi le nuage dans le ciel.
  Ils sont tous les deux aussi brillants.
  La lune ressemble à un tout petit nuage.
  Le mental du jnani est comparable à cette lune qui précède le lever du soleil.
  Il est présent mais ne brille pas de lui-même
."














Mon corps est-il « moi » ? Il est silencieux et inerte, mais je sens la pleine force de ma personnalité, et j'entends même la voix 
du « moi » au fond de mon être.
Je suis donc un esprit  qui transcende le corps.
Le corps meurt, mais l'esprit, transcendant le corps,
ne peut être touché par la mort.
Ce qui veut dire que je suis un esprit immortel.












"Dieu tout à la fois ressent et ne ressent pas plaisir et douleur"
dit le SHIVA PURANA


Il arrivait que Bhagavan pleure avec ses dévots lorsqu'ils étaient dans la peine.
Fréquemment, quand on récitait devant lui des chants émouvants,
ou quand il nous lisait lui-même des poèmes ou des textes extraits
de la vie ou des oeuvres de saints célèbres,
Bhagavan était si ému qu'il ne pouvait contenir ses larmes.
Quand le texte qu'il lisait ou expliquait comportait un passage particulièrement
émouvant, il lui était impossible de poursuivre sa lecture ;
submergé par l'émotion, il reposait le livre,
les yeux remplis de larmes et la gorge serrée.
Cela se produisit, par exemple, avec cette strophe de Tayumanavar :

Considérant que Tu es Terre et Ciel, dessinant Ton portrait sur la page de mon esprit,
et contemplant sans cesse cette image, je m'écrie :
"Ô mon Maître, mon Bien-Aimé, ne veux-Tu point m'étreindre et me considérer
identique à Toi-même ?"
Incapable de percevoir autre chose, mon coeur souffre comme sous le poids
d'une grande affliction, les larmes jaillissent de mes yeux,
et je reste figé, comme ceux qui sont plongés dans l'extase.



LA GRÂCE DU GURU EST TOUJOURS LA







Il  ne naît jamais, ni ne meurt ;
Ni ayant été,il ne cessera d'être.



Non-né, éternel, perpétuel, ancien,
Il n'est pas tué, lorsque le corps est tué.





"Ils disent que je vais mourir.
Mais je ne pars pas.
Où pourrais-je aller ? Je suis là"



"OU POURRAIS-JE ALLER ?"






La difficulté actuelle, c'est que l'homme s'imagine qu'il est l'auteur de ses actes. C'est une erreur.
C'est la Puissance supérieure qui fait toute chose; l'homme n'est qu'un instrument.
 S'il accepte cette position, il se libère de tous ses troubles;
sinon, il les favorise.

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