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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 06:53

 

 extrait d 'UN TEXTE D’ALAIN THEL

Ramana Maharishi : un sage en pays Tamoul (1879-1950),

OU LE VOYAGE DÉFINITIF.


 1 avr 3-3

 

 

Il n’est pas courant pour un gourou de conseiller aux esprits tourmentés qui se sentent fortement attirés par lui de s’abstenir de le rejoindre, de ne pas faire le voyage, d’abandonner l’idée de tout pélerinage.
Cet indice suffirait à lui seul à montrer en quoi Ramana Maharishi n’est pas un sage comme les autres, que l’on soit ou non allergique à cette forme particulière de la sagesse orientale.
D’ailleurs, le doute et le scepticisme n’ont-ils pas également un côté divin ?

 

Peu instruit, ayant peu lu, peu écrit, ce penseur est un extraordinaire Socrate indien. Il nous donne dans ses entretiens la plus fondamentale et la plus traditionnelle des conceptions indiennes du monde. En comparaison de nos idées habituelles, c’est une révolution copernicienne.


Un visiteur occidental (on retrouve parmi ceux-ci des noms connus, comme Olivier Lacombe, Paul Brunton, Evans-Wentz...), lui déclare :

 

"Savez-vous que vous seriez enfermé dans un asile psychiatrique si vous mettiez en pratique ces idées en Occident ?"


Mais il répond :

 

"Ne serait-ce pas l’asile qui serait enfermé dans ma pensée ?"

 

Pour lui, la différence entre Occident et Orient n’existe pas, n’existe plus. Ni donc l’éventuelle supériorité de l’un sur l’autre. Ni par conséquent le besoin de voyager à tout prix de l’un à l’autre, d’hésiter entre eux, d’avoir à comparer et à choisir.

 

Les interlocuteurs du Sage sont d’une variété peu commune : il y a parmi eux des enfants et des chenapans ; des érudits indiens et des hommes de science étrangers ; des femmes qui tiennent leur bébé mort dans leurs bras, des maris qui viennent de perdre leur femme ; des vieillards qui vont mourir ; des fous, des malades ; de riches commerçants, de pauvres gens ; des musulmans, des hindouistes ou des chrétiens ; des policiers, des fonctionnaires qui viennent enquêter ; sans oublier les gens ordinaires, quelques paons, des mangoustes et autres animaux.

 

Infiniment variées sont les questions ; infiniment diverses sont les réponses. Il est ainsi possible, dans ces longs dialogues d’accouchement socratique, de déceler à la longue le principe immobile qui permet à la toupie de rester droite, tranquille, à travers toutes les nuances et les légères inclinaisons d’un esprit à la fois ferme et flexible qui s’adapte infatigablement à cet autre esprit en train de chercher et de questionner face à lui.

 

Certes, en tous domaines, les conseils abondent : manger peu et de la nourriture légère, portant à la spiritualité (sattvique), si possible végétarienne ; ou bien, la meilleure des postures du yoga est la posture aisée, naturelle, le repos de l’esprit en lui-même.

Mais son yoga privilégié est le plus difficile et le plus royal qui soit : celui de la connaissance, de la discrimination de l’esprit (âtman-vichâra : la méthode de la recherche de ce que l’on peut traduire par le Soi, ou l’Ame : Atman).

 

Ramana Maharishi tente de nous hisser au-delà de l’opposition "intérieur de notre corps-extérieur de notre corps". Sortir de son corps, même si peu que ce soit, est au début effrayant, mais à ce vertige, le yoga permet de s’habituer. S’il existe une objectivité absolue, elle se situe sur ce terrain où les certitudes ordinaires chancellent, où la contradiction sujet-objet n’est qu’une étape sur le sentier, car la nature, plus rusée et tortueuse que ne le sera jamais notre intelligence, se joue de toutes les apories où l’esprit l’humain s’empêtre.

 

Photos-favorites.jpg

 

L’un des Leitmotiv du sage est une interrogation sur le sommeil.
Le bonheur du coucher n’est pas une totale inconscience et ce reste d’existence constitue le substrat qu’il faut retrouver dans la veille.

 

Si l’Orient et l’Occident sont les deux hémisphères, les deux hémistiches du monde, le cerveau de la planète est leur somme, l’alexandrin entier. Que l’on soit tenté par le voyage intérieur ou le voyage extérieur, il faut à un certain moment unir l’un à l’autre.

Un autre thème récurrent de Ramana Maharishi est l’inexistence du mental.
Si l’on cherche à le saisir par lui-même, capture qui est peut-être le défi fou de la philosophie occidentale - élucider le mental par le mental - on s’aperçoit qu’il n’existe pas, qu’il se dérobe, s’esquive, fuit sans cesse la prise, tel un voleur criant "au voleur !"

 

Ramana Maharishi, gourou paradoxal et atypique, anti-gourou, conseille de ne pas se rendre à son ashram. La destination du voyage est là déjà, en nous, autour de nous, tout près de nous. Souvent l’on passe et repasse devant la porte que l’on cherche. Cervantès nous le dit : "une porte se referme, une autre s’ouvre". Et au soleil de midi, Sancho Pança se roule dans l’herbe en riant devant son maître.


Alain Thel

http://ermitage.ouvaton.org/spip.php?article772

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Presentation,

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UN OCEAN DE NECTAR

 

RAMANA MAHARSHI

le Maître du silence

Ramana Maharshi est un des plus grands sages et maîtres spirituels de l'Inde moderne. Il est venu pour transmettre l'ancienne Sagesse de l'Advaita-Vedanta sous une forme nouvelle, simple et claire, basée sur sa propre expérience, et a rendu accessible à l'homme d'aujourd'hui le jnana-marga, la voie de la connaissance.

POURQUOI CE BLOG


Ce blog ne m'appartient pas, aucun droit d'auteur, aucune photo.
Il appartient au monde, à Ramana Maharshi, je ne fais que retransmettre son message, son enseignement tiré de livres de ses disciples de ceux qui l'ont connus et de leurs témoignages.


Il est ici toujours présent

 ce blog est juste là pour continuer à faire vivre son enseignement.


le gourou apparaît comme un sage qui continue de vivre dans le monde

CITATION


"Au milieu de la caverne du coeur,
en forme de Moi, en forme de Soi,
unique et solitaire,
tout droit de soi à soi
le Brahman resplendit !
Pénètre toi-même en ce dedans,
ta pensée perçant jusqu'à sa source,
ton esprit plongé en soi,
souffle et sens au tréfonds recueillis,
tout de toi en toi fixé,
et là, simplement, sois!"

CITATION DU MAHARSHI


                                                                                                                   

"Vous n'êtes pas le corps, vous n'êtes pas le mental.
Vous êtes la pure conscience, le Soi.
Vous êtes présent en tout et partout.
Soyez conscient tout le temps, même pendant
que vous travaillez".



"Les visions et les sons mystiques qui peuvent se manifester au cours de la méditation doivent être considérés comme des distractions et des tentations. Jamais l'aspirant ne doit s'y laisser prendre."





"Les pieds réels de Bhagavan n'existent que dans le coeur du dévot.
S'aggriper incessamment à ces pieds est le vrai bonheur.
Vous serez déçu si vous vous agrippez à mes pieds de chair,
parce qu'un jour ce corps de chair disparaîtra.
Le culte le plus grand, c'est le culte des pieds
du Gourou qui sont en nous-mêmes."


Qui suis-je ?
Ramana Maharshi répétait sans cesse que cette question est essentielle. Si cette question fondamentale n’est pas résolue, comment voir clairement et discerner ce qui est de ce qui n’est pas?

Le Maharshi citait souvent le psaume 46:
 
“Reste tranquille et sache que Je suis Dieu”,
 où Dieu désigne l’état divin, et un passage de l’Ecclésiaste:
Il n’existe qu’un, il n’y a pas deux.
Il est seul et sans second.


Il n'y a ni passé ni avenir. Il n'y a que le présent.
Au moment où vous le viviez, hier était pour vous le présent.
Et quand vous le vivrez, demain sera également le présent.
C'est pourquoi l'expérience se produit seulement dans le présent,
et au-delà de l'expérience rien n'existe



LE « SOI » :


Le coeur du message spirituel de Sri Ramana est contenu dans ces courtes phrases :


« Si nous progressons, le monde progressera.
Tels que nous sommes ainsi est le monde.

Sans comprendre le Soi, à quoi bon comprendre le monde.
 Sans la connaissance de

l’Etre, la connaissance du monde est sans intérêt.
Plongez en vous-même et trouvez le

trésor caché là.
Ouvrez votre coeur
 et voyez le monde à travers les yeux du véritable Soi.

Déchirez les voiles
et contemplez la divine majesté de votre propre Soi. »



Les larmes du soleil par dolbi303

L’un des nombreux poèmes composé par Sri Ramana dit ceci :


« Lumière de la conscience qui tout embrasse,
 c’est en toi que se forme l’image de

l’univers, qu’elle y demeure et s’y dissout.
Mystère qui détient le miracle de la vérité,
tu
es le Soi intérieur, le « Je »vibrant dans le coeur.
 Coeur est ton nom o seigneur ! »

Cet état d’être unifié naît du silence mental
et engendre une paix immuable :
 « Celle-ci
ne peut régner seulement
lorsqu’il n’y a aucun dérangement du à la pensée »



 















                                                                                         

CITATION


"Le mieux c'est de parler de coeur à coeur
et d'écouter de coeur à coeur."
C'est la meilleure forme
d'Upadesha

R.Maharshi



Découvrez Fabrice Tonnellier!






Ouvre l'oeil et regarde,
tu verras ton visage
dans tous les visages.

CHANT ENREGISTREE A L'ASHRAM

http://www.wat.tv/audio/arunachala-114e0_114e1_.html



Observant la lune juste avant le lever du soleil, Shri Baghavan dit :
" Voyez la lune et aussi le nuage dans le ciel.
  Ils sont tous les deux aussi brillants.
  La lune ressemble à un tout petit nuage.
  Le mental du jnani est comparable à cette lune qui précède le lever du soleil.
  Il est présent mais ne brille pas de lui-même
."














Mon corps est-il « moi » ? Il est silencieux et inerte, mais je sens la pleine force de ma personnalité, et j'entends même la voix 
du « moi » au fond de mon être.
Je suis donc un esprit  qui transcende le corps.
Le corps meurt, mais l'esprit, transcendant le corps,
ne peut être touché par la mort.
Ce qui veut dire que je suis un esprit immortel.












"Dieu tout à la fois ressent et ne ressent pas plaisir et douleur"
dit le SHIVA PURANA


Il arrivait que Bhagavan pleure avec ses dévots lorsqu'ils étaient dans la peine.
Fréquemment, quand on récitait devant lui des chants émouvants,
ou quand il nous lisait lui-même des poèmes ou des textes extraits
de la vie ou des oeuvres de saints célèbres,
Bhagavan était si ému qu'il ne pouvait contenir ses larmes.
Quand le texte qu'il lisait ou expliquait comportait un passage particulièrement
émouvant, il lui était impossible de poursuivre sa lecture ;
submergé par l'émotion, il reposait le livre,
les yeux remplis de larmes et la gorge serrée.
Cela se produisit, par exemple, avec cette strophe de Tayumanavar :

Considérant que Tu es Terre et Ciel, dessinant Ton portrait sur la page de mon esprit,
et contemplant sans cesse cette image, je m'écrie :
"Ô mon Maître, mon Bien-Aimé, ne veux-Tu point m'étreindre et me considérer
identique à Toi-même ?"
Incapable de percevoir autre chose, mon coeur souffre comme sous le poids
d'une grande affliction, les larmes jaillissent de mes yeux,
et je reste figé, comme ceux qui sont plongés dans l'extase.



LA GRÂCE DU GURU EST TOUJOURS LA







Il  ne naît jamais, ni ne meurt ;
Ni ayant été,il ne cessera d'être.



Non-né, éternel, perpétuel, ancien,
Il n'est pas tué, lorsque le corps est tué.





"Ils disent que je vais mourir.
Mais je ne pars pas.
Où pourrais-je aller ? Je suis là"



"OU POURRAIS-JE ALLER ?"






La difficulté actuelle, c'est que l'homme s'imagine qu'il est l'auteur de ses actes. C'est une erreur.
C'est la Puissance supérieure qui fait toute chose; l'homme n'est qu'un instrument.
 S'il accepte cette position, il se libère de tous ses troubles;
sinon, il les favorise.