Vendredi 30 septembre 2011
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Au cours d'une conversation sur le non-attachement,
Bhagavân dit :
- Dans cette région de l'Inde, l'un de nos Anciens écrivit :
" O Seigneur, tu m'as donné une main pour utiliser en coussin sous ma tête, une pièce de tissu pour couvrir mes reins,
des mains pour me nourrir, que désirer de plus ?
Telle est ma bonne fortune ! "
Tel est le sens du verset.
Est-il vraiment possible d'exprimer une telle félicité
?
Même les pls grands rois souhaitent un tel bonheur. Il n'y
a rien qui puisse l'égaler.
Ayant fait l'expérience des deux états, je connais la
différence entre ceci et cela.
Ces lits, ce canapé et tous ces objets autour de moi -
tous ne sont que servitude.
-Le Bouddha n'est-il pas l'exemple de cela ? demanda un dévot.
Aussi, Sri Bhagavan commença à parler du Bouddha :
- Oui, dit Bhagavan, quand le Bouddha vivait dans le palais, entouré de tous les luxes possibles, il restait
triste. Afin de dissiper cette tristesse, son père créa encore plus de somptuosités que jamais.
Mais rien ne semblait satisfaire le Bouddha.
Alors à minuit, il quitta sa femme et son enfant et disparut. Durant six années, il vécut dans la plus grande
austérité, réalisa l'éveil, et pour le bien du monde devint un moine errant (bhikshu)
Ce n'est qu'après qu'il goûta à la félicité suprême. Que pouvait-il réclamer de plus ?
- Il revint dans sa propre ville habillé en mendiant, n'est-ce pas ? demanda un
dévot.
-Oui, oui, répondit Bhagavan. Ayant appris qu'il était revenu, son père, Shuddhodana, harnacha somptueusement
l'éléphant royal et à la tête de toute son armée, alla au-devant de son fils, par la voie royale.
Mais le Bouddha prit des chemins écartés et des ruelles, aussi ses pas, ne foulèrent-ils pas la voie
royale.
Il envoya ses proches compagnons dans diverses rues afin de mendier leur nourriture, et lui-même, sous le
déguisement d'un mendiant, alla par un autre chemin à la rencontre de son père.
Comment ce dernier aurait-il pu reconnaître son propre fils sous ce déguisement ? Toutefois, Yashodharâ (l'épouse
de Bouddha) le reconnut, le fit se prosterner devant son père et se prosterna elle aussi.
Shuddhodana reconnut alors le Bouddha. Mais jamais il n'aurait pensé revoir son fils sous l'aspect d'un mendiant,
aussi en fut-il fort courroucé et s'écria :
"- Honte à toi ! Qu'est-ce que cet habit ? Pourquoi celui qui est doté de toutes les richesses vient-il ainsi vêtu
? C'en est trop, c'est inacceptable !"
A ces mots, il foudroya le Bouddha du regard. En regrettant que son père ne soit pas encore libéré de son
ignorance, le Bouddha soutint lui aussi son regard avec encore plus d'intensité.
Dans cette guerre des regards, le père fut vaincu. Il tomba aux pieds de son fils, et devint lui-même un mendiant,
un renonçant.
-Seul, un homme libre de tout attachement peut connaître toute la force du
non-attachement,
ajouta Bhagavân, la voix chargée
d'émotion.