Quelqu'un qui prétendait avoir été un disciple de Shri Maharshi avait intenté un procès, revendiquant le poste
d'administrateur de l'ashram.
Shri Maharshi fut convoqué devant une commission d'enquête. Il y avait foule, mais la procédure se déroula sans
incident dans la pièce située au nord-est de l'ashram.
Voici quelques extraits des réponses, spontanées mais calmes, de Shri Bhagavan.
QUESTION : A quel Ashrama appartient Shri Bhagavan ?
RAMANA MAHARSHI : A l'atyâshrâma
Q : Qu'est-ce que c'est ?
R.M : Il est au-delà des quatre étapes de la vie, communément appelés âshrama.
Q : Est-il reconnu par les shâstra ? (Ecritures)
R.M: Oui, il y est mentionné.
Q : Y'a-t-il d'autres hommes du même genre que vous ?
R.M : C'est bien possible.
Q : Et dans le passé ?
R.M : Shuka, Rishabha, Jada Bharata et d'autres encore.
Q : Très jeune, vous avez quitté votre foyer parce que vous n'aviez aucun attachement ni
pour votre famille ni pour les biens matériels. Que doit-on en conclure ?
R.M : Je ne les recherche pas. Les biens m'ont été imposés. Je ne les aime ni ne les déteste.
Q : Vous ont-ils été donnés ?
R.M : Ils sont donnés au Swâmi, quel qu'il soit. Les gens du monde considèrent le Swâmi comme étant un corps. Il
s'agit de ce corps-là. Il se réduit à moi-même.
Q : Par conséquent, l'attachement aux biens est de nouveau créé. N'est-ce pas
?
R.M : Je ne les déteste pas - c'est tout ce que j'ai dit.
Q : Sur le plan pratique cela revient à ce que j'ai dit.
R.M : De la même façon que nous vivons et nous nous occupons des affaires de tous les jours.
Q : Donnez-vous un upadesha (enseignement )? En avez-vous déjà donné
?
R.M : Les visiteurs posent des questions. J'y réponds du mieux que je peux. Ils peuvent donner le sens qu'ils veulent
à mes paroles.
Q : Est-ce un upadesha ?
R.M : Comment puis-je dire de quelle façon les visiteurs le prennent ?
Q : Avez-vous des disciples ?
R.M : Je ne donne pas d'upadesha de manière cérémonielle, telle que, par exemple, se munir d'un kumbha (pot), faire
des pûjâ (cultes) et chuchoter à l'oreille des gens.
Toute personne peut se désigner comme étant mon disciple. Quant à moi, je ne considère personne comme mon disciple. Je
n'ai jamais cherché l'upadesha de qui que ce soit et je ne donne pas d'upadesha rituel. Si les gens se considèrent comme mes disciples, je ne l'approuve ni le désapprouve.
Pour moi, ils sont tous semblables. Ils s'estiment suffisamment qualifiés pour être appelés disciples. Que puis-je
leur dire ? Je ne me considère pas moi-même comme un disciple ni comme un guru.
Q : Comment se fait-il que vous ayez approuvé la construction de Skandâshramam sur la
Colline, sur un terrain appartenant au Temple, sans en avoir obtenu préalablement l'autorisation des autorités ?
R.M : J'ai été guidé par le même Pouvoir qui m'avait poussé à venir ici et à résider sur la Colline.
Q : Quand vous avez jeté votre argent et le reste une heure à peine après votre arrivée
ici, c'était parce que vous ne désiriez garder aucun bien. Vous ne touchez jamais d'argent. Après votre arrivée ici et pendant plusieurs années, il n'y eut aucune possession. Comment se fait-il
qu'aujourd'hui des dons soient acceptés par l'ashram ?
R.M : Cette pratique s'est introduite plus tard, quand quelques personnes se sont associées et ont commencé à se
servir de mon nom pour réunir des fonds. Je ne les ai ni encouragées ni découragées. Et cela continue ainsi.
Un homme quitte l'ashram, un autre le remplace , mais cette habitude subsiste toujours . Je ne désire pas que des
donations soient acceptées, mais les gens ne tiennent pas compte de ce conseil. Comme je ne veux pas donner de conseils inutiles, je préfère ne pas intervenir. Ainsi l'argent arrive et les biens
s'accroissent automatiquement.
Q : Pourquoi ne signez-vous pas de votre nom ?
R.M : L'auteur du livre Self-Realization a déjà fourni la réponse à cette question. De plus, par quel nom suis-je
connu ? Je l'ignore moi-même. Depuis mon arrivée ici et suivant les époques, les gens m'ont donné plusieurs noms. Si je signais sous un seul nom, certaines personnes ne comprendraient pas. C'est
pourquoi, à ceux qui me demandent des autographes, j'explique que si j'en accordais, leur authenticité serait souvent mise en doute.
Q : Vous ne touchez ni l'argent ni les offrandes je présume ?
R.M : Les gens placent parfois des fruits entre mes mains. Ceux -ci je les touche.
Q : Si vous recevez cette sorte d'offrande, pourquoi ne recevriez-vous pas aussi de
l'argent ?
R.M : Je ne peux pas manger l'argent. Qu'en ferais-je ? Pourquoi prendre ce dont je n'ai que faire ?
Q : Pourquoi les visiteurs s'arrêtent-ils à l'ashram ?
R.M : Ils doivent savoir pourquoi.
Q : Je suppose que vous n'avez aucune objection à ce qu'on vienne et séjourne à
l'ashram.
R.M : Aucune
Q : Vous n'avez également pas d'objection à faire sur la durée de leur séjour
?
R.M : Non, si je ne trouvais pas cela agréable, je m'en irais ailleurs. C'est tout.
Le lendemain, un fidèle lui demanda si l'interrogatoire par la commission ne lui avait pas causé trop de
tension.
R.M : Etant donné que je ne me suis pas servi de mon mental, il n'y a pas eu de tension. Qu'ils m'examinent pendant
mille journées de suite. Cela m'est égal.