Le jour de la "Vision de Shiva", est l'une des fêtes que les Saivites célèbrent avec une grande dévotion, car elle commémore
la manifestation Shiva même à ses fidèles, en tant que Nataraja, c'est-à-dire la danse cosmique de la création et la dissolution de l'univers.
Ce jour là, en 1879, il faisait encore nuit quand les disciples de Shiva, qui habitaient la petite ville de Tiruchuzhi, dans
le pays de Tamil, au sud de l'Inde, quittèrent leurs maisons pour suivre, pieds nus, les routes poussiéreuses en direction du bassin du temple.
La tradition veut en effet que les fidèles se baignent à l'aube.
Dans le temple, la statue de Shiva couronnée de fleurs est portée en procession toute la nuit et tout le jour, au bruit du
tambour et des conques , et au chant des hymnes sacrés.
La procession s'arrêta à une heure du matin, mais l'Arudra Darshan continuait encore, car la journée hindoue va de l'aube à
l'aube et non de minuit à minuit. L'idole de Shiva réintégra le temple au moment précis où, dans la demeure de Sundaram Ayyar et de sa femme Alagammal, naissait l'enfant Venkataraman.
C'est en cet enfant que devait se manifester Shiva en tant que Sri Ramana.
Les fêtes hindoues varient avec les phases de la Lune.
Cette année l'Arudra Darshan tomba le 29 décembre, de sorte que l'enfant vint au monde un peu plus tard, aussi bien pour le
jour que pour la période de l'année, que le divin enfant de Bethléem deux mille ans plus tôt.
La même coïncidence marqua également la fin de l'existence terrestre de Sri Ramana, car il mourut dans la soirée du 14 avril,
un peu plus tard, selon l'heure et le jour, que l'après-midi du Vendredi Saint.
Les deux époques sont caractéristiques : Minuit et le Soltisce d'hiver marquent le temps où le Soleil redonne
sa lumière au monde.
A l'équinoxe du Printemps, la durée du jour égale celle de la nuit et commence à la dépasser.
Ce 30 décembre 1879 dans le village de Tiruchuzhi, au nord-est du temple dédié à Shiva, se trouvait la maison
de Sundaram Iyer (avocat).
Son épouse, Alagamma, était en train d'accoucher.
Il était une heure du matin. Dans la chambre se trouvait une voisine, une vieille femme presque
aveugle.
Soudain, elle vit apparaître une lumière et s'écria :
"Celui qui vient de naître est sûrement un être divin."
Paroles prophétiques.
Bhagavan parlait rarement de son père,mais le
peu qu'il en a dit est intéressant :
Il disait :
Mon père était un homme courageux et généreux.
Jour et nuit, sa maison était remplie de visiteurs, de pauvres et d'indigents. Il ne refusait jamais
de servir à manger à quelqu'un. Partout où son travail l'amenait, les magistrats lui témoignaient le plus grand respect. Il était tellement renommé pour sa droiture que les deux partis, accusés
et plaignants, s'adressaient à lui pour les représenter ! Et en plusieurs occasions, il réussit à réconcilier les deux camps.
Sundaram et Alagamma formaient un couple très uni, auquel Sri Ramana a rendu hommage dans ces vers
:
"Ô Arunachala ! puissions-nous, toi et moi, comme Alagu et Sundara, devenir et demeurer
inséparables."
En Inde, deux êtres sont reconnus comme ayant "brûlé" toutes les étapes :
Râmana Mahârshi et Mâ Ânanda Moyî.
Dès leur naissance, tous deux étaient déjà établis en brahmânanda,
la félicité en l'Absolu.
"Oui, je suis la Vie.
Si l'on ouvre la fenêtre,
la lumière illumine toute la pièce.
Point n'est besoin d'aller dehors
à sa rencontre ou de l'amener chez soi.
Tout ce qu'il y a à faire,
c'est d'ouvrir grand la fenêtre".