Le premier disciple occidental de Sri Bhagavan :
F.H Humphreys, bien qu'il n'ait jamais séjourné chez Sri Bhagavan et qu'il ne vint le voir qu'un petit nombre de fois il se pénétra de son enseignement et reçut sa grâce.
On publia plus tard, dans l'International Psychic Gazette un coup d'oeil d'ensemble rédigé en anglais, que Humphreys avait envoyé à un ami et qui reste un excellent exemple des leçons du
Swami.

"Un Maître est celui qui a concentré sa méditation sur Dieu, qui a jeté sa personnalité entière dans l'océan de Dieu, l'y a noyée et oubliée jusqu'à ce qu'elle soit devenue l'instrument de Dieu.
Quand sa bouche s'ouvre c'est pour prononcer les paroles de Dieu, sans effort et sans l'avoir prémédité, et quand il lève la main, Dieu afflue dans cette main pour produire des miracles.
"Ne pensez pas trop aux phénomènes psychiques et autres choses semblables. Leur nombre est légion.
Dès que la confiance dans les phénomènes psychiques est ancrée dans le coeur d'un chercheur, ces phénomènes ont fait leur oeuvre.
La clairvoyance, la clair-audience ne valent pas la peine d'être possédées, alors qu'il est possible d'obtenir plus aisément, sans elles ou avec elles, l'illumination et la paix, biens autrement
précieux.
Le Maître se sert de ces pouvoirs comme d'une forme de sacrifice de soi-même.
"L'idée qu'un Maître est, tout simplement, quelqu'un ayant acquis son pouvoir sur les sens occultes par suite de longs exercices, ou par la prière, ou par quelque effort du même ordre, est
complètement fausse.
Jamais un Maître ne s'est soucié le moins du monde des pouvoirs occultes, car il n'en a nul besoin dans sa vie quotidienne.
"Les phénomènes que nous voyons sont curieux et surprenants, mais nous ne comprenons pas le plus merveilleux de tous, et c'est celui, et uniquement celui dont la force illimitée est responsable
de :
a) tous les phénomènes que nous voyons ;
b) de l'action par laquelle nous les voyons .
"Ne fixez pas votre attention sur tous ces objets changeants, tels que la vie, la mort ou les phénomènes. Ne pensez pas non plus à l'action positive, qui consiste à les voir ou à les percevoir,
mais uniquement à Ce qui voit ces choses, Ce qui est responsable de toutes.
Cet effort vous paraîtra presque impossible au début, mais, par degrés, vous en sentirez les résultats.
Il faut des jours et des jours d'exercices obstinés, réguliers.
C'est ainsi que se fait un Maitre.
Accordez un quart d'heure par jour à cet exercice.
Essayez chaque jour de fixer inlassablement votre esprit sur Ce qui voit .
Ce qui est voit est au-dedans de vous.
"Je vous ai enseigné ces vérités en faisant usage des mêmes mots employés par le Maître vis-à-vis de ses chelas familiers. A partir d'aujourdh'ui, et dorénavant, que votre unique pensée durant la
méditation ne s'attache pas à l'action de voir, mais à cet immuable "Cela qui voit".
"On n'est pas récompensé pour être parvenu à la connaissance. Et puis, on comprend qu'on ne désire pas être récompensé.
Comme le disait Krishna :
"Vous avez le droit de travailler, mais vous n'avez pas droit aux fruits de votre travail. La connaissance parfaite est, tout simplement l'adoration, et l'adoration , c'est la
connaissance."

"Si vous comprenez lorsque vous vous arrêtez pour penser, que vous pensez seulement par la vertu de la Vie unique, et que l'intelligence poussée à l'action par cette Vie est une partie du tout
qui est Dieu, vous n'accordez plus à votre intelligence une existence séparée. Il en résultera que l'esprit et le corps disparaîtront physiquement, pour ainsi dire.
La seule chose qui subsistera c'est l'être, qui est à la fois existence et non-existence, et que ne peuvent expliquer ni les mots ni les idées.
"Un Maître ne peut s'empêcher d'être perpétuellement dans cet état avec cette seule différence qu'il peut, d'une manière incompréhensible pour nous, faire usage de son esprit, de son corps et de
son intelligence, sans retomber dans l'illusion d'en avoir conscience
séparément
"Il est inutile de se livrer à des spéculations mentales ; inutile d'essayer de sasir les choses par l'esprit ou l'intelligence, et de partir de là pour travailler. Tout ceci n'est qu'une
religion, un code pour les enfants, et pour la vie sociale, un guide pour nous aider à éviter les choses, de manière que le feu intérieur puisse consumer en nous toutes les absurdités, un guide
qui nous apprenne le bon sens un peu plus tôt, c'est-à-dire nous fasse reconnaître l'illusion de la séparation des choses.
"Un Maître plongé dans la méditation fixe son attention avec une telle intensité sur "Ce qui voit", et que lui-même ne voit ne n'entend, bien que ses yeux et ses
oreilles soient ouverts. Il n'a pas perdu toute conscience physique, voire mentale, mais seule demeure sa conscience spirituelle.
"Il nous faut supprimer le monde, cause des doutes qui obscurcissent notre esprit, et la lumière de Dieu brillera clairement en nous."