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21 juin 2009 7 21 /06 /juin /2009 11:15

Etre un gourou, c'est donner l'initiation et l'upadesa, toutes deux étant inséparables, l'une de l'autre.
Il n'y a pas d'upadesa dans un acte initial d'initiation et point d'initiation si elle n'est pas suivie de l'upadesa.

La question se posait donc parfois de savoir si Sri Bhagavan accordait l'initiation ou l'upadesa.

Au lieu de répondre, il laissait aux autres le soin de décider  selon leur propre jugement ou leur manque de jugement.

La réponse qu'il faisait le plus souvent était celle qu'obtint le Major Chadwick :

"Il y a trois méthodes d'initiation :
 par le toucher, par le regard, par le silence."



C'est ainsi que Sri Bhagavan émettait d'ordinaire une opinion doctrinale impersonnelle, qui cependant impliquait la réponse à la question spécifique.
Cette idée des trois modes d'initiation était bien connue des Hindous, car, pour eux, ils sont représentés par
 l'oiseau qui doit couver ses oeufs pour les faire éclore (le toucher) ;
par le poisson qui qui se borne à les regarder éclore (le regard) ;
et par la tortue , qui n'a qu'à penser à eux  (le silence).

L'initiation par le silence est devenue très rare de nos jours.
C'est la mouna-diksha d'Arunachala, de Dakshinamurti, et c'est aussi le mode d'intiation particulièrement adapté au sentier direct de la recherche de soi-même, qu'indiquait Sri Bhagavan.
Ce mode d'initiation était doublement approprié, tant par sa valeur propre, que parce qu'il permettait un camouflage satisfaisant.

L'initiation par le regard était très réelle..
Sri Bhagavan se tournait vers le disciple et le fixait avec une intensité fulgurante.
La luminosité, la puissance de ses yeux vous transperçait, brisant le mécanisme de la pensée.
Parfois il semblait qu'un courant électrique vous traversait, parfois on était baigné dans la paix, dans un flot de lumière.



Un disciple nous a décrit ses impressions :

"Tout à coup, Sri Bhagavan tourna vers moi son regard lumineux et transparent. Auparavant, je ne pouvais supporter longuement ce regard. A présent, je plongeais droit dans ces yeux merveilleux et terribles pendant combien de temps?
Je ne saurai le dire.
Ce regard faisait naître en moi une sorte de vibration, que je percevais nettement."


Quand Sri Bhagavan vous regardait ainsi, on avait l'impression, puis la certitude inébranlable, que, dorénavant, il vous prenait en charge, qu'il vous guidait.
Certains percevaient le moment où cette initiation commençait, mais d'ordinaire elle se faisait insensiblement.

Parfois, c'était pendant qu'on chantait les Vedas, quand ceux qui y faisaient attention étaient peu nombreux.
Ou bien le disciple était pris d'un désir d'aller voir Sri Bhagavan avant le lever du jour, ou au moment où il était seul, ou presque seul.

L'initiation par le silence était également réelle.
Elle se faisait chez ceux dont les coeurs se tournaient vers Sri Bhagavan sans qu'il eussent la possibilité de se rendre eux-mêmes à Tiruvannamalai.
Parfois elle était accordée en rêve comme dans le cas de Natesa Mudaliar.

Nul maître n'était plus catégorique que Sri Bhagavan, quand il s'agissait de l'aide et de la direction à accorder à un disciple pris en charge, et qui avait déjà reçu l'initiation.



Il dit à Sivaprakasam Pillai :

"Celui qui a obtenu la grâce du Guru sera inévitablerment sauvé. Jamais on ne l'abandonnera, de même que la proie tombée sous la dent du tigre ne lui échappera plus jamais."

Une autre fois, un disciple se décourageait de sentir que ses progrès intérieurs étaient nuls, et dit :

"J'ai peur d'aller en Enfer, en continuant de la sorte !"

Bhagavan répondit :

"Si vous y allez, Bhagavan vous suivra et vous ramènera".

Les circonstances mêmes de la vie du disciple sont influencées par le Guru, de manière à servir à son sadhana (progrès spirituel). On dit à un disciple :

"Le Maître est à la fois au dehors, et au dedans, de sorte qu'il crée les conditions extérieures de votre introspection, et préparera votre être intime à l'aspiration vers le tout ."

It's india world!

En réalité, l'upadesa de Sri Bhagavan, de même que l'initiation qu'il donnait, se faisait par le silence.
L'esprit était silencieusement orienté dans la direction qu'il devait suivre. On attendait d'un disciple qu'il le comprît.
Un très petit nombre avait besoin d'une assurance verbale.

Ces upadesa silencieux variaient beaucoup en réalité, Sri Bhagavan dans ses paroles et ses écrits insistait souvent sur la nécessité du vichara (recherche de soi-même) et l'idée se répandit qu'il ne prescrivait que le Gnana-marga ( le sentier de la connaissance), que bien des gens trouvent abrupt de nos jours.
Mais, Sri Bhagavan était universel, et sa direction convenait à n'importe quel tempérament.
Elle suivait le sentier de la dévotion, non moins celui de la connaissance.

L'amour et le dévouement qu'il inspirait étaient comme un pont au-dessus de l'abîme que devaient franchir ceux qui cherchaient le salut. Sri Bhagavan , ne recommandait pas d'autre sentier à nombre de ses fidèles.
En somme, le sentier de la dévotion est le même que celui de la soumission. On rejette tout son fardeau sur le Guru.
C'est aussi ce que recomandait Sri Bhagavan.
Il disait à l'un de ses fidèles :

"Soumettez-vous à moi, et je détruirai l'intelligence."
Il dit à un autre :

"Contentez-vous de rester tranquille ; Bhagavan fera le reste."
Et à Devaraja Mudaliar :

"Tout ce que vous avez à faire, c'est de m'abandonner toute la besogne".

Il répétait souvent :

"Il y a deux routes à suivre ; l'une, c'est de vous demander : Qui suis-je ? et l'autre, c'est de vous abandonner au Guru."

Et cependant, il n'est pas facile de garder son esprit en paix, et d'être entièrement réceptif à la grâce de son Guru.
Cette attitude exige un constant effort, un appel constant à la mémoire, et seule la Grâce du Guru les rend possibles.

Le moyen le plus efficace, quoique invisible, était le sat-sangh, littéralement : l'association avec l'être.
Et, en tant que que moyen de sadhana, il n'est en réalité que l'association avec quelqu'un qui a réalisé le Sat, ou l'être.

Lorsqu'on est parvenu à l'association avec un sage, à quoi servent les méthodes variées de la discipline de soi-même ?

"Dites-moi à quoi sert un éventail quand souffle la douce brise du Sud ?"

L'association avec Sri Bhagavan déterminait une subtile alchimie, dont les effets n'étaient parfois visibles qu'au bout de plusieurs années. Et il arrivait que le Maître s'entretînt avec ses disciples de l'importance de ces effets.



Il dit
un jour à Ranga Aiyar, le camarade d'école :

"Si vous demeurez avec le Gnani, il vous donnera des vêtements déjà tout tissés."


Il sous-entendait que, par d'autres méthodes, on n'obtient que le fil, et qu'il faut tisser ses vêtements soi-même.

Sundaresh Aiyar avait composé à sa louange un chant tamil, où il décrivait la grâce qui jaillissait de ses regards pour soutenir ses disciples.

Sri Bhagavan corrigea  :

"Non, elle ne jaillit pas; elle est projetée par un acte conscient, qui dirige la grâce vers la personne choisie."

Le disciple,  lui aussi,  doit s'efforcer au plus haut point d'aider la grâce du maître à atteindre son but, et à cet effet, Sri Bhagavan ne  cesse de préconiser la méthode du vichara ( c'est à dire poser la question :
 Qui suis-je ? se consacrer à la recherche de son moi.)



La sadhana qu'il donnait ainsi pour répondre aux besoins de notre temps n'était ni secret ni caché. Sri Bhagavan soutenait catégoriquement sa prééminence sur tous les autres:

"La recherche de soi-même est le seul moyen infaillible, le seul direct, grâce auquel vous parviendrez à la réalisation de l'être inconditionné, absolu, que vous êtes en réalité......
Essayer le détruire l'ego, ou l'intelligence, au moyen d'une autre sadhana que la recherche du moi, c'est jouer au voleur, qui se fait gendarme pour s'arrêter lui-même."


Seule, la recherche du moi peut faire comprendre la vérité de l'inexistence de l'ego et de l'intelligence, et permettre la réalisation de l'être indifférencié, le Moi, ou l'Absolu.
Après cette réalisation du Moi, il n'y a plus rien à connaître, puisque le Moi c'est la Béatitude parfaite, le Tout.

La pratique du vichara n'était pas réservée aux gens qui pouvaient se rendre à Tiruvannamalai. Elle n'était pas réservée non plus aux seuls Hindous.
L'enseignement de Sri Bhagavan est l'essence même de toutes les religions :Time to indulge in reveries
elle met au grand jour ce qui était caché .
L'Advaita est le postulat central du Taoïsme et du Bouddhisme.
La doctrine du Guru intérieur est celle du "Christ en vous" dans la plénitude de sa signification.
Le vichara rejoint la vérité ultime de la foi islamique ou Shahada :
 Il n'y a d'autre Dieu que Dieu. Il n'y a d'autre Moi que Moi."

Spirits of the dead on tree

Sri Bhagavan avait dépassé les différences entre les religions
Le sadhana qu'il prescrivait  ne dépendait d'aucune religion. Les Hindous n'étaient pas seuls  à venir à lui, mais venaient aussi des bouddhistes, des chrétiens, les musulmans, des juifs, des parsis, et il n'exigeait d'aucun d'entre eux qu'il ne changeât de religion.

La confiance fervente (dévotion) en un Guru, et l'afflux de sa grâce font apparaître une réalité plus profonde que toutes les religions et la recherche du Moi révèle la vérité ultime qui est au-delà de toute religion.

Question of light

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Presentation,

  • : UN OCEAN DE NECTAR
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  • : RAMANA MAHARSHI,son enseignement, sa vie, ses disciples, ses anectodes, etc etc
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UN OCEAN DE NECTAR

 

RAMANA MAHARSHI

le Maître du silence

Ramana Maharshi est un des plus grands sages et maîtres spirituels de l'Inde moderne. Il est venu pour transmettre l'ancienne Sagesse de l'Advaita-Vedanta sous une forme nouvelle, simple et claire, basée sur sa propre expérience, et a rendu accessible à l'homme d'aujourd'hui le jnana-marga, la voie de la connaissance.

POURQUOI CE BLOG


Ce blog ne m'appartient pas, aucun droit d'auteur, aucune photo.
Il appartient au monde, à Ramana Maharshi, je ne fais que retransmettre son message, son enseignement tiré de livres de ses disciples de ceux qui l'ont connus et de leurs témoignages.


Il est ici toujours présent

 ce blog est juste là pour continuer à faire vivre son enseignement.


le gourou apparaît comme un sage qui continue de vivre dans le monde

CITATION


"Au milieu de la caverne du coeur,
en forme de Moi, en forme de Soi,
unique et solitaire,
tout droit de soi à soi
le Brahman resplendit !
Pénètre toi-même en ce dedans,
ta pensée perçant jusqu'à sa source,
ton esprit plongé en soi,
souffle et sens au tréfonds recueillis,
tout de toi en toi fixé,
et là, simplement, sois!"

CITATION DU MAHARSHI


                                                                                                                   

"Vous n'êtes pas le corps, vous n'êtes pas le mental.
Vous êtes la pure conscience, le Soi.
Vous êtes présent en tout et partout.
Soyez conscient tout le temps, même pendant
que vous travaillez".



"Les visions et les sons mystiques qui peuvent se manifester au cours de la méditation doivent être considérés comme des distractions et des tentations. Jamais l'aspirant ne doit s'y laisser prendre."





"Les pieds réels de Bhagavan n'existent que dans le coeur du dévot.
S'aggriper incessamment à ces pieds est le vrai bonheur.
Vous serez déçu si vous vous agrippez à mes pieds de chair,
parce qu'un jour ce corps de chair disparaîtra.
Le culte le plus grand, c'est le culte des pieds
du Gourou qui sont en nous-mêmes."


Qui suis-je ?
Ramana Maharshi répétait sans cesse que cette question est essentielle. Si cette question fondamentale n’est pas résolue, comment voir clairement et discerner ce qui est de ce qui n’est pas?

Le Maharshi citait souvent le psaume 46:
 
“Reste tranquille et sache que Je suis Dieu”,
 où Dieu désigne l’état divin, et un passage de l’Ecclésiaste:
Il n’existe qu’un, il n’y a pas deux.
Il est seul et sans second.


Il n'y a ni passé ni avenir. Il n'y a que le présent.
Au moment où vous le viviez, hier était pour vous le présent.
Et quand vous le vivrez, demain sera également le présent.
C'est pourquoi l'expérience se produit seulement dans le présent,
et au-delà de l'expérience rien n'existe



LE « SOI » :


Le coeur du message spirituel de Sri Ramana est contenu dans ces courtes phrases :


« Si nous progressons, le monde progressera.
Tels que nous sommes ainsi est le monde.

Sans comprendre le Soi, à quoi bon comprendre le monde.
 Sans la connaissance de

l’Etre, la connaissance du monde est sans intérêt.
Plongez en vous-même et trouvez le

trésor caché là.
Ouvrez votre coeur
 et voyez le monde à travers les yeux du véritable Soi.

Déchirez les voiles
et contemplez la divine majesté de votre propre Soi. »



Les larmes du soleil par dolbi303

L’un des nombreux poèmes composé par Sri Ramana dit ceci :


« Lumière de la conscience qui tout embrasse,
 c’est en toi que se forme l’image de

l’univers, qu’elle y demeure et s’y dissout.
Mystère qui détient le miracle de la vérité,
tu
es le Soi intérieur, le « Je »vibrant dans le coeur.
 Coeur est ton nom o seigneur ! »

Cet état d’être unifié naît du silence mental
et engendre une paix immuable :
 « Celle-ci
ne peut régner seulement
lorsqu’il n’y a aucun dérangement du à la pensée »



 















                                                                                         

CITATION


"Le mieux c'est de parler de coeur à coeur
et d'écouter de coeur à coeur."
C'est la meilleure forme
d'Upadesha

R.Maharshi



Découvrez Fabrice Tonnellier!






Ouvre l'oeil et regarde,
tu verras ton visage
dans tous les visages.

CHANT ENREGISTREE A L'ASHRAM

http://www.wat.tv/audio/arunachala-114e0_114e1_.html



Observant la lune juste avant le lever du soleil, Shri Baghavan dit :
" Voyez la lune et aussi le nuage dans le ciel.
  Ils sont tous les deux aussi brillants.
  La lune ressemble à un tout petit nuage.
  Le mental du jnani est comparable à cette lune qui précède le lever du soleil.
  Il est présent mais ne brille pas de lui-même
."














Mon corps est-il « moi » ? Il est silencieux et inerte, mais je sens la pleine force de ma personnalité, et j'entends même la voix 
du « moi » au fond de mon être.
Je suis donc un esprit  qui transcende le corps.
Le corps meurt, mais l'esprit, transcendant le corps,
ne peut être touché par la mort.
Ce qui veut dire que je suis un esprit immortel.












"Dieu tout à la fois ressent et ne ressent pas plaisir et douleur"
dit le SHIVA PURANA


Il arrivait que Bhagavan pleure avec ses dévots lorsqu'ils étaient dans la peine.
Fréquemment, quand on récitait devant lui des chants émouvants,
ou quand il nous lisait lui-même des poèmes ou des textes extraits
de la vie ou des oeuvres de saints célèbres,
Bhagavan était si ému qu'il ne pouvait contenir ses larmes.
Quand le texte qu'il lisait ou expliquait comportait un passage particulièrement
émouvant, il lui était impossible de poursuivre sa lecture ;
submergé par l'émotion, il reposait le livre,
les yeux remplis de larmes et la gorge serrée.
Cela se produisit, par exemple, avec cette strophe de Tayumanavar :

Considérant que Tu es Terre et Ciel, dessinant Ton portrait sur la page de mon esprit,
et contemplant sans cesse cette image, je m'écrie :
"Ô mon Maître, mon Bien-Aimé, ne veux-Tu point m'étreindre et me considérer
identique à Toi-même ?"
Incapable de percevoir autre chose, mon coeur souffre comme sous le poids
d'une grande affliction, les larmes jaillissent de mes yeux,
et je reste figé, comme ceux qui sont plongés dans l'extase.



LA GRÂCE DU GURU EST TOUJOURS LA







Il  ne naît jamais, ni ne meurt ;
Ni ayant été,il ne cessera d'être.



Non-né, éternel, perpétuel, ancien,
Il n'est pas tué, lorsque le corps est tué.





"Ils disent que je vais mourir.
Mais je ne pars pas.
Où pourrais-je aller ? Je suis là"



"OU POURRAIS-JE ALLER ?"






La difficulté actuelle, c'est que l'homme s'imagine qu'il est l'auteur de ses actes. C'est une erreur.
C'est la Puissance supérieure qui fait toute chose; l'homme n'est qu'un instrument.
 S'il accepte cette position, il se libère de tous ses troubles;
sinon, il les favorise.