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4 avril 2009 6 04 /04 /avril /2009 13:59

LA BHAGAVADGÎTÂ au coeur de l'épopéé
 du MAHÂBHÂRATA.


La Bhagavadgîtâ ou "Chant du Bienheureux", s'inscrit dans la monumentale épopéé indienne du Mahâbhârata,
"La grande histoire des descendants de Bhârata".

Elle en constitue un épisode, certes mineur par sa longueur
(elle représente sept cent strophes sur les cent mille que compte l'ensemble du récit),
mais néanmoins le plus célèbre : aucune oeuvre littéraire indienne n'a jamais été autant traduite dans le monde.

Comment la Bhagavadgîtâ s'insère-t-elle dans le Mahâbhârata et en quoi réside sa singularité ?

Le récit épique du Mahâbhârata raconte en dix-huit livres la guerre qui met aux prises deux grandes familles,
les Kaurava et les Pândava.

Quelle est l'origine du conflit ?

Les deux lignées remontent à un même ancêtre, Kuru, roi de la dynastie lunaire, dont elles descendent par deux frères :
Dhrtarâstra, qui a cent fils, nommés les Kaurava
et Pându, qui a cinq fils, les Pândava.
Or, Dhrtarâstra, aveugle de naissance, ne peut régner ;
le pouvoir royal revient donc à son frère Pându.

Par suite, les fils de ce dernier sont destinés à régner, ce que n'accepte pas le fils aîné de Dhrtarâstra, Duryodhana.
Celui-ci imagine donc une ruse pour usurper la royauté : il propose à Yuddhisthira, l'aîné des Pândava, de jouer le royaume aux dés, avec, bien évidemment, l'intention de tricher.
Les Pândava, battus, acceptent l'exil de douze ans auquel ils sont forcés, à condition de retrouver la royauté à leur retour.
Mais lorsqu'ils reviennent, Duryodhana refuse de leur céder le pouvoir et déclenche une guerre aux dimensions cosmiques,
qui va décimer, lui et sa famille.

C'est au livre VI de l'épopée que prend place la Bhagavadgîtâ, sous la forme d'un dialogue entre l'un des protagonistes, Arjuna, et le conducteur de son char, le cocher Krsna.


Arjuna est l'un des cinq frères Pândava, et parmi eux, il représente le modèle du guerrier ;
Une amitié d'enfance le lie à son cousin par alliance Krsna.
Devant le spectacle de l'armée de ses cousins, prêts à se battre et à mourir, Arjuna se sent défaillir, incapable qu'il est de lever son arc pour tuer ses parents.
Il confie alors à Krsna son désir de renoncer absolument à combattre.
En réponse, celui-ci lui enseigne la valeur de l'ascèse dans l'action.
Cet enseignement prend d'autant  plus de valeur que sous les traits du cocher se manifeste le Dieu Khrisna.


En quoi consiste donc son discours ?

Krsna révèle à Arjuna qu'il doit obéir à la nécessité de la guerre tout en pratiquant le détachement dans l'action.
En effet, comme n'importe quel acte (Karman), la guerre n'engage pas l'homme dans son être le plus intime (âtman), mais résulte uniquement de l'interaction des  qualités naturelles (guna) qui font l'être physique et psychique de l'homme.

Il ne s'agit donc pas de renoncer à agir, mas d'agir dans le renoncement, car la nature agit en l'homme, qu'il le veuille ou non.

Le corollaire éthique est le suivant : Si l'homme ne peut s'abstenir d'agir, en revanche il lui est permis, et il se doit, de renoncer dans l'action à tout désir de rétribution.

Qu'Arjuna combatte donc, mais à la condition de lever son arc en se détachant de tout bénéfice attendu - mort de l'ennemi, royauté ou richesse.
Arjuna comprend alors qu'un seul agent existe : la série des actes sans début ni fin qui le relie aux hommes du passé et de l'avenir dans ce cycle infini que le brahmanisme nomme samsâra, "cours des vies".
Finalement, conscient de l'illusion du libre arbitre et soucieux de pratiquer le renoncement dans l'action, le guerrier Arjuna décide de participer à la bataille en s'effaçant derrière son destin.


Tel est le contexte épique où prend place le "Chant du Bienheureux".
C'est en somme dans la Bhagavadgîtâ, au coeur de l'épopée du Mahâbhârata dont elle est le secret joyau, l'ode sainte, le poème des poèmes, que se révèle la nature divine de Khrisna.
On a même pu y voir la descente sur terre et l'incarnation terrestre de Visnu, Dieu Suprême, venu pour restaurer l'ordre social.

LA PHILOSOPHIE DU RENONCEMENT

Trois objets de réflexion se dégagent à la lecture de la Bhagavadgîtâ :
 le renoncement, le plan mystique et l'ascèse.
Ainsi Krsna s'adresse-t-il à Arjuna pour qu'il devienne tout à la fois le renonçant-guerrier, le héros mystique et le parfait ascète.
Tout au long du poème, le dieu Krsna exhorte Arjuna à devenir le guerrier-renonçant idéal, celui que ses actes doivent révèler à soi. En effet, bien avant que le dieu suprême se montre au guerrier dans toute sa terrifiante splendeur, le cocher divin mène progressivement Arjuna jusqu'au seuil d'une expérience, qu'il doit assumer seul /
agir sans désir de rétribution, s'abandonner à la marche du monde, et déposer en la divinité tous les actes accomplis.
Cette expérience coïncide avec une forme de libération.
Toutes les écoles spéculatives indiennes, en effet, visent à la libération (moksa), c'est-à-dire ce par quoi l'homme se délivre de tout ce qui l'entrave dans sa vie ordinaire (l'ignorance, l'illusion, l'incompréhension, la peur, etc)

Être libre signifie pour Arjuna se détacher de ses désirs, abandonner l'illusion d'être l'auteur de ses actes, tout en continuant d'agir parce-que le bien être du monde en dépend.


La Bhagavadgîtâ peut en ce sens être lue comme un chant de libération. Mais la signification du renoncement ne s'arrête pas là. Si, à un premier niveau, le renoncement apparaît comme une étape de la voie divine, il a également, à un second niveau, valeur en soi : dès le début du poème, l'enseignement est explicite - suivre la voie du renoncement, c'est se conformer à une norme éthique nouvelle qui prescrit au guerrier d'agir en abandonnant tout forme de bénéfice personnel. Il s'agit bien d'accomplir les actions qui s'imposent à lui, mais de façon désintéressée.
Tel est le sens de la double injonction de Krsna :
"Fais de l'action ta préoccupation principale, sans jamais en attendre de bénéfices".
C'est ainsi qu'Arjuna devient le renonçant-guerrier.

Le renoncement auquel est appelé Arjuna passe par la discipline personnelle, la maîtrise de soi, ce que le poème nomme "assiduité" (abhyâsa, littéralement, "l'effort constant pour mettre en pratique ce que l'on a appris").

Et si l'on trouve dans la Bhagavadgîtâ de nombreux passages d'intense dévotion, où le Dieu Krsna engage son ami d'enfance Arjuna à l'aimer plus que toute chose, le poème montre toujours que cet amour demeure tranquille, équilibré, aux antipodes de toute communion passionnelle.
En ce sens, le renoncement correspond ici davantage à une norme d'action qu'à une expérience fusionnelle.

Les mille visages de Krishna.
Krishna révèle son omniprésence

"Que je sois le seul support de ta réflexion et l'unique objet de ta détermination.
  Aie la certitude qu'une fois parti tu trouveras en moi seul ta demeure."

"Si tu n'es pas capable de maintenir ton esprit recueilli en moi, alors choisis la voie de l'assiduité pour m'atteindre".

"Si tu es également incapable de pratiquer avec assiduité, agis alors uniquement par amour pour moi car en me dédiant tes actes tu atteindras la perfection".

"Ou bien, si tu n'es pas davantage en mesure de t'engager dans cette voie, discipline -toi et abstiens-toi d'agir en vue d'un résultat".

En verité,la connaissance est supérieure à l'assiduité, la méditation, à la connaissance ; le détachement l'emporte sur la méditation ; au détachement succède aussitôt la paix."

"Se vouer à moi, c'est n'éprouver de haine pour aucun être, faire preuve d'amitié et de compassion, n'avoir plus rien à soi et se défaire du moi ; c'st aussi supporter d'une âme égale le malheur et le bonheur, être satisfait quoi qu'il arrvie, se recueillir, se discipliner et garder confiance ; enfin, c'est placer son esprit et sa détermination en moi : celui qui y parvient m'est cher."


De tous les penseurs et hommes illustres qui furent irréversiblement marqués par la Bhagavadgîtâ, il importe enfin d'évoquer Gandhi, dont la lecture du poème se distingue par sa dimension politique.
Lorsqu'il entend parler de la Bhagavadgîtâ pour la première fois, en 1889, Gandhi, qui n'est encore qu'un jeune avocat de vingt ans, est en Grande-Bretagne : paradoxalement, ce sont des amis anglais qui lui en louent la beauté.
Un peu honteux de ne pas connaître ce texte, il entreprend de le lire.
Cette révélation le bouleverse et sa vision du monde s'en trouve changée pour toujours.
Il y découvre notamment deux vérités religieuses dont il fera les armes de son combat politique :
la non-violence "active" (ahimsâ)
et l'égalité des hommes devant Dieu.

 
"La Gîtâ" disait Gandhi, n'est pas seulement ma Bible et mon Coran,
elle est plus encore :

Elle est  ma mère".

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UN OCEAN DE NECTAR

 

RAMANA MAHARSHI

le Maître du silence

Ramana Maharshi est un des plus grands sages et maîtres spirituels de l'Inde moderne. Il est venu pour transmettre l'ancienne Sagesse de l'Advaita-Vedanta sous une forme nouvelle, simple et claire, basée sur sa propre expérience, et a rendu accessible à l'homme d'aujourd'hui le jnana-marga, la voie de la connaissance.

POURQUOI CE BLOG


Ce blog ne m'appartient pas, aucun droit d'auteur, aucune photo.
Il appartient au monde, à Ramana Maharshi, je ne fais que retransmettre son message, son enseignement tiré de livres de ses disciples de ceux qui l'ont connus et de leurs témoignages.


Il est ici toujours présent

 ce blog est juste là pour continuer à faire vivre son enseignement.


le gourou apparaît comme un sage qui continue de vivre dans le monde

CITATION


"Au milieu de la caverne du coeur,
en forme de Moi, en forme de Soi,
unique et solitaire,
tout droit de soi à soi
le Brahman resplendit !
Pénètre toi-même en ce dedans,
ta pensée perçant jusqu'à sa source,
ton esprit plongé en soi,
souffle et sens au tréfonds recueillis,
tout de toi en toi fixé,
et là, simplement, sois!"

CITATION DU MAHARSHI


                                                                                                                   

"Vous n'êtes pas le corps, vous n'êtes pas le mental.
Vous êtes la pure conscience, le Soi.
Vous êtes présent en tout et partout.
Soyez conscient tout le temps, même pendant
que vous travaillez".



"Les visions et les sons mystiques qui peuvent se manifester au cours de la méditation doivent être considérés comme des distractions et des tentations. Jamais l'aspirant ne doit s'y laisser prendre."





"Les pieds réels de Bhagavan n'existent que dans le coeur du dévot.
S'aggriper incessamment à ces pieds est le vrai bonheur.
Vous serez déçu si vous vous agrippez à mes pieds de chair,
parce qu'un jour ce corps de chair disparaîtra.
Le culte le plus grand, c'est le culte des pieds
du Gourou qui sont en nous-mêmes."


Qui suis-je ?
Ramana Maharshi répétait sans cesse que cette question est essentielle. Si cette question fondamentale n’est pas résolue, comment voir clairement et discerner ce qui est de ce qui n’est pas?

Le Maharshi citait souvent le psaume 46:
 
“Reste tranquille et sache que Je suis Dieu”,
 où Dieu désigne l’état divin, et un passage de l’Ecclésiaste:
Il n’existe qu’un, il n’y a pas deux.
Il est seul et sans second.


Il n'y a ni passé ni avenir. Il n'y a que le présent.
Au moment où vous le viviez, hier était pour vous le présent.
Et quand vous le vivrez, demain sera également le présent.
C'est pourquoi l'expérience se produit seulement dans le présent,
et au-delà de l'expérience rien n'existe



LE « SOI » :


Le coeur du message spirituel de Sri Ramana est contenu dans ces courtes phrases :


« Si nous progressons, le monde progressera.
Tels que nous sommes ainsi est le monde.

Sans comprendre le Soi, à quoi bon comprendre le monde.
 Sans la connaissance de

l’Etre, la connaissance du monde est sans intérêt.
Plongez en vous-même et trouvez le

trésor caché là.
Ouvrez votre coeur
 et voyez le monde à travers les yeux du véritable Soi.

Déchirez les voiles
et contemplez la divine majesté de votre propre Soi. »



Les larmes du soleil par dolbi303

L’un des nombreux poèmes composé par Sri Ramana dit ceci :


« Lumière de la conscience qui tout embrasse,
 c’est en toi que se forme l’image de

l’univers, qu’elle y demeure et s’y dissout.
Mystère qui détient le miracle de la vérité,
tu
es le Soi intérieur, le « Je »vibrant dans le coeur.
 Coeur est ton nom o seigneur ! »

Cet état d’être unifié naît du silence mental
et engendre une paix immuable :
 « Celle-ci
ne peut régner seulement
lorsqu’il n’y a aucun dérangement du à la pensée »



 















                                                                                         

CITATION


"Le mieux c'est de parler de coeur à coeur
et d'écouter de coeur à coeur."
C'est la meilleure forme
d'Upadesha

R.Maharshi



Découvrez Fabrice Tonnellier!






Ouvre l'oeil et regarde,
tu verras ton visage
dans tous les visages.

CHANT ENREGISTREE A L'ASHRAM

http://www.wat.tv/audio/arunachala-114e0_114e1_.html



Observant la lune juste avant le lever du soleil, Shri Baghavan dit :
" Voyez la lune et aussi le nuage dans le ciel.
  Ils sont tous les deux aussi brillants.
  La lune ressemble à un tout petit nuage.
  Le mental du jnani est comparable à cette lune qui précède le lever du soleil.
  Il est présent mais ne brille pas de lui-même
."














Mon corps est-il « moi » ? Il est silencieux et inerte, mais je sens la pleine force de ma personnalité, et j'entends même la voix 
du « moi » au fond de mon être.
Je suis donc un esprit  qui transcende le corps.
Le corps meurt, mais l'esprit, transcendant le corps,
ne peut être touché par la mort.
Ce qui veut dire que je suis un esprit immortel.












"Dieu tout à la fois ressent et ne ressent pas plaisir et douleur"
dit le SHIVA PURANA


Il arrivait que Bhagavan pleure avec ses dévots lorsqu'ils étaient dans la peine.
Fréquemment, quand on récitait devant lui des chants émouvants,
ou quand il nous lisait lui-même des poèmes ou des textes extraits
de la vie ou des oeuvres de saints célèbres,
Bhagavan était si ému qu'il ne pouvait contenir ses larmes.
Quand le texte qu'il lisait ou expliquait comportait un passage particulièrement
émouvant, il lui était impossible de poursuivre sa lecture ;
submergé par l'émotion, il reposait le livre,
les yeux remplis de larmes et la gorge serrée.
Cela se produisit, par exemple, avec cette strophe de Tayumanavar :

Considérant que Tu es Terre et Ciel, dessinant Ton portrait sur la page de mon esprit,
et contemplant sans cesse cette image, je m'écrie :
"Ô mon Maître, mon Bien-Aimé, ne veux-Tu point m'étreindre et me considérer
identique à Toi-même ?"
Incapable de percevoir autre chose, mon coeur souffre comme sous le poids
d'une grande affliction, les larmes jaillissent de mes yeux,
et je reste figé, comme ceux qui sont plongés dans l'extase.



LA GRÂCE DU GURU EST TOUJOURS LA







Il  ne naît jamais, ni ne meurt ;
Ni ayant été,il ne cessera d'être.



Non-né, éternel, perpétuel, ancien,
Il n'est pas tué, lorsque le corps est tué.





"Ils disent que je vais mourir.
Mais je ne pars pas.
Où pourrais-je aller ? Je suis là"



"OU POURRAIS-JE ALLER ?"






La difficulté actuelle, c'est que l'homme s'imagine qu'il est l'auteur de ses actes. C'est une erreur.
C'est la Puissance supérieure qui fait toute chose; l'homme n'est qu'un instrument.
 S'il accepte cette position, il se libère de tous ses troubles;
sinon, il les favorise.