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18 mars 2009 3 18 /03 /mars /2009 22:46


Nous trouvons en Shri Ramana Maharshi un représentant authentique de la pure tradition de l'advaita vedantâ

Nous ne rencontrons pas habituellement en Shri Ramana Maharshi un caractère de Bhakti associé aux formes dévotionnelles extérieures.

Cependant, si le chemin de la bhakti apporte avec lui bonté et amour, nous pouvons dire du Maharshi qu’il possède cette bhakti.



Sa vraie nature est imprégnée d ‘amour.

Je tiens à mentionner une scène dont j’ai moi-même été le témoin :


A ma demande, le Maharshi récita un jour quelques versets composés par le
saint Manikyavasakar dans lesquels l’auteur parle de la condition de l’âme immergée dans l’amour.


Dès qu’il eut prononcé quelques mots son visage s’illumina.

Lui qui n’exprime que très rarement une émotion intérieure, ne put retenir des larmes silencieuses.

Un rayon oblique du soleil matinal tombait de la colline voisine et rendait cette scène plus vivante encore.

Une paix dépassant tout ce que l’on peut concevoir imprégnait l’atmosphère entière.

Pendant plus d’une heure un silence absolu régna, je croyais voir revivre une peinture des fresques d’Ajanta !




Puis l’ambiance fut troublée par l’arrivée d’un visiteur.








En parallèle des vers de Manikyavasakar, je récitai devant le Maharshi les lignes suivantes de Wordsworth :






« Son âme avait absorbé le spectacle ; émotions, aspirations, sensations s’unissaient en un océan intérieur qui submergeait en lui toute notion corporelle ; c’est en elles, c’est par elles seules qu’il vivait encore. 


« Dans cette élévation d’esprit, à l’heure solennelle où venait le visiter le Dieu Vivant, la pensée cessait d’exister ; elle se fondait en la suprême félicité.


« Pas un souffle de remerciement, pas une seule requête ne montait à ses lèvres. Ravie en cette silencieuse communion qui transcende le truchement imparfait de la louange et de la prière, son âme n’était plus qu’action de grâce à l’égard du pouvoir qui l’avait créée.


« Elle était toute bénédiction - elle était tout amour ».


Le Maharshi apprécia beaucoup ces extraits de Wordsworth, il me fit cette réflexion en malayalam :


« Comme ils ont bien su, eux aussi, exprimer les mêmes sentiments élevés ! ».


J’ajoutai alors la remarque suivante :


« Thayumanavar, Ramalingaswami et Manikyavasakar étaient tous des saints. Wordsworth ainsi que d’autres poètes de l’époque romantique ne peut être classé parmi les saints. Ces poètes ont eu, occasionnellement, des intuitions de la réalité supra-sensible. Ils n’ont été ni des jnanins, ni des jîvan-muktas . »


D’après l’affirmation du Maharshi lui-même, la Réalisation qu’il obtint au premier jour de ce Vichâra (recherche) initial ne le quitta jamais plus.

Cette connaissance ne subit par la suite ni augmentation ni diminution.

Lorsque je lui demandai pour quelle raison il avait parcouru ce long chemin afin de se rendre à Tiruvannamalaï et pourquoi il avait enduré tant de privations - autant d’épreuves que nous considérerions comme une sâdhanâ - il se contenta de secouer la main d’un geste qui signifiait :


« Je ne sais pas pourquoi tout cela est arrivé ».



Notre mental raisonneur réclame des explications, il est facilement satisfait lorsqu’on lui parle de fictions telles que la destinée ou le prârabdha karma.

Pourtant ces choses n’existent pas pour un jnanin ; il est dit, en effet, que le karma de celui qui réalise le Brahma-jnana est dissous d’un seul coup. Du point de vue du Maharshi il doit en être ainsi.

L’aspect le plus haut de la Réalisation du Maharshi nous est révélé dans son grand message du silence.

Il ne persiste plus dans son mutisme ainsi qu’il fit pendant quelques années ; il est devenu plus communicatif, mais son attitude en tout ce qui concerne la vie est très exactement décrite dans les paroles suivantes de la Gîtâ :


« Quand ton intelligence aura franchi le tourbillon de l’erreur, alors tu deviendras indifférent aux Ecritures que tu connais et à celles qu’il te reste à connaître ».


« Celui qui est satisfait dans le Soi et par le Soi ».


« Celui qui a un contentement sans désir, la maîtrise constante de soi et la volonté et la résolution ferme et inébranlable du yogin ».


« Celui qui ne désire rien….. Celui qui a renoncé à toute initiative ».


« Silencieux, content et satisfait de toute chose ».


« Celui qui, fermement établi….. Se tient à part, impassible ».



Bien d’autres belles paroles de la Gîtâ nous donnent aussi le portrait du Maharshi.

Dans une langue encore plus puissante les versets suivants permettront au lecteur d’avoir un aperçu de l’état transcendantal réalisé par le Sage.


« Mais l’homme qui fonde ses délices dans le Soi et qui est satisfait de la jouissance du Soi, et dans le Soi trouve son contentement, il n’est point pour lui d’œuvre qu’il faille accomplir. »

(Bhagavad-Gîtâ)


Voici la description qui provoqua en moi la plus forte impression, c’est celle que nous donne le viveka-cuda-mani des principales caractéristiques du jivan-mukta :


« Celui dont le mental est absorbé en Brahman - qui conserve néanmoins une entière vigilance - qui en même temps s’est affranchi de toutes les caractéristiques de l’état de veille - dont la réalisation est pure de tout désir - celui-là on le considère comme un jivan-mukta »



Tandis que je passais quelques jours auprès du Maharshi, ces quelques lignes du viveka-cuda-mani se présentèrent souvent à mon esprit.

Selon toutes les apparences extérieures le Maharshi semble, la plupart du temps, inconscient.

Cependant, son mental est toujours pleinement concentré, et, à l’instant même où il paraît inerte, il a l’exacte connaissance de tout ce qui se passe autour de lui.


En récitant un verset de la Ribhu Gîtâ, la vieille Tenemma fit une faute de prononciation, le Maharshi ouvrit les yeux, et gentiment corrigea l’erreur.


Le trentième verset du Viveka donne un bel exemple de la concentration d’un être de réalisation :


« Lorsque le pratiquant s’est affranchi de tout attachement à l’égard du corps et qu’il a réalisé l’âtman suprême, il fait l’expérience d’un genre de nirvikalpa-samadhi quel que soit l’objet sur lequel son mental se dirige ».

Le Maharshi déclare que la Réalisation est non seulement possible, mais qu’elle est même la chose la plus facile à accomplir, à condition de posséder une compréhension juste et un esprit d’entière consécration."


 

Celui-là est appelé mahadhi,
c’est-à-dire « suprêmement intelligent »,
puisqu’il a compris ce qui outrepasse l’expérience humaine ;
Son Omniscience ne subit pas d’éclipse ; elle brille d’un éclat que rien se saurait ternir, car la Connaissance du Soi, une fois qu’elle a été réalisée, demeure telle qu’elle est à tout jamais.
Et s’il en va ainsi, c’est parce que la Connaissance du connaisseur de la suprême Réalité n’est sujette ni au lever, ni au coucher, comme c’est le cas pour la connaissance de ceux qui se complaisent en de vaines et futiles discussions ! ».

SWAMI SIDDHESWRÂNANDA

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Presentation,

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UN OCEAN DE NECTAR

 

RAMANA MAHARSHI

le Maître du silence

Ramana Maharshi est un des plus grands sages et maîtres spirituels de l'Inde moderne. Il est venu pour transmettre l'ancienne Sagesse de l'Advaita-Vedanta sous une forme nouvelle, simple et claire, basée sur sa propre expérience, et a rendu accessible à l'homme d'aujourd'hui le jnana-marga, la voie de la connaissance.

POURQUOI CE BLOG


Ce blog ne m'appartient pas, aucun droit d'auteur, aucune photo.
Il appartient au monde, à Ramana Maharshi, je ne fais que retransmettre son message, son enseignement tiré de livres de ses disciples de ceux qui l'ont connus et de leurs témoignages.


Il est ici toujours présent

 ce blog est juste là pour continuer à faire vivre son enseignement.


le gourou apparaît comme un sage qui continue de vivre dans le monde

CITATION


"Au milieu de la caverne du coeur,
en forme de Moi, en forme de Soi,
unique et solitaire,
tout droit de soi à soi
le Brahman resplendit !
Pénètre toi-même en ce dedans,
ta pensée perçant jusqu'à sa source,
ton esprit plongé en soi,
souffle et sens au tréfonds recueillis,
tout de toi en toi fixé,
et là, simplement, sois!"

CITATION DU MAHARSHI


                                                                                                                   

"Vous n'êtes pas le corps, vous n'êtes pas le mental.
Vous êtes la pure conscience, le Soi.
Vous êtes présent en tout et partout.
Soyez conscient tout le temps, même pendant
que vous travaillez".



"Les visions et les sons mystiques qui peuvent se manifester au cours de la méditation doivent être considérés comme des distractions et des tentations. Jamais l'aspirant ne doit s'y laisser prendre."





"Les pieds réels de Bhagavan n'existent que dans le coeur du dévot.
S'aggriper incessamment à ces pieds est le vrai bonheur.
Vous serez déçu si vous vous agrippez à mes pieds de chair,
parce qu'un jour ce corps de chair disparaîtra.
Le culte le plus grand, c'est le culte des pieds
du Gourou qui sont en nous-mêmes."


Qui suis-je ?
Ramana Maharshi répétait sans cesse que cette question est essentielle. Si cette question fondamentale n’est pas résolue, comment voir clairement et discerner ce qui est de ce qui n’est pas?

Le Maharshi citait souvent le psaume 46:
 
“Reste tranquille et sache que Je suis Dieu”,
 où Dieu désigne l’état divin, et un passage de l’Ecclésiaste:
Il n’existe qu’un, il n’y a pas deux.
Il est seul et sans second.


Il n'y a ni passé ni avenir. Il n'y a que le présent.
Au moment où vous le viviez, hier était pour vous le présent.
Et quand vous le vivrez, demain sera également le présent.
C'est pourquoi l'expérience se produit seulement dans le présent,
et au-delà de l'expérience rien n'existe



LE « SOI » :


Le coeur du message spirituel de Sri Ramana est contenu dans ces courtes phrases :


« Si nous progressons, le monde progressera.
Tels que nous sommes ainsi est le monde.

Sans comprendre le Soi, à quoi bon comprendre le monde.
 Sans la connaissance de

l’Etre, la connaissance du monde est sans intérêt.
Plongez en vous-même et trouvez le

trésor caché là.
Ouvrez votre coeur
 et voyez le monde à travers les yeux du véritable Soi.

Déchirez les voiles
et contemplez la divine majesté de votre propre Soi. »



Les larmes du soleil par dolbi303

L’un des nombreux poèmes composé par Sri Ramana dit ceci :


« Lumière de la conscience qui tout embrasse,
 c’est en toi que se forme l’image de

l’univers, qu’elle y demeure et s’y dissout.
Mystère qui détient le miracle de la vérité,
tu
es le Soi intérieur, le « Je »vibrant dans le coeur.
 Coeur est ton nom o seigneur ! »

Cet état d’être unifié naît du silence mental
et engendre une paix immuable :
 « Celle-ci
ne peut régner seulement
lorsqu’il n’y a aucun dérangement du à la pensée »



 















                                                                                         

CITATION


"Le mieux c'est de parler de coeur à coeur
et d'écouter de coeur à coeur."
C'est la meilleure forme
d'Upadesha

R.Maharshi



Découvrez Fabrice Tonnellier!






Ouvre l'oeil et regarde,
tu verras ton visage
dans tous les visages.

CHANT ENREGISTREE A L'ASHRAM

http://www.wat.tv/audio/arunachala-114e0_114e1_.html



Observant la lune juste avant le lever du soleil, Shri Baghavan dit :
" Voyez la lune et aussi le nuage dans le ciel.
  Ils sont tous les deux aussi brillants.
  La lune ressemble à un tout petit nuage.
  Le mental du jnani est comparable à cette lune qui précède le lever du soleil.
  Il est présent mais ne brille pas de lui-même
."














Mon corps est-il « moi » ? Il est silencieux et inerte, mais je sens la pleine force de ma personnalité, et j'entends même la voix 
du « moi » au fond de mon être.
Je suis donc un esprit  qui transcende le corps.
Le corps meurt, mais l'esprit, transcendant le corps,
ne peut être touché par la mort.
Ce qui veut dire que je suis un esprit immortel.












"Dieu tout à la fois ressent et ne ressent pas plaisir et douleur"
dit le SHIVA PURANA


Il arrivait que Bhagavan pleure avec ses dévots lorsqu'ils étaient dans la peine.
Fréquemment, quand on récitait devant lui des chants émouvants,
ou quand il nous lisait lui-même des poèmes ou des textes extraits
de la vie ou des oeuvres de saints célèbres,
Bhagavan était si ému qu'il ne pouvait contenir ses larmes.
Quand le texte qu'il lisait ou expliquait comportait un passage particulièrement
émouvant, il lui était impossible de poursuivre sa lecture ;
submergé par l'émotion, il reposait le livre,
les yeux remplis de larmes et la gorge serrée.
Cela se produisit, par exemple, avec cette strophe de Tayumanavar :

Considérant que Tu es Terre et Ciel, dessinant Ton portrait sur la page de mon esprit,
et contemplant sans cesse cette image, je m'écrie :
"Ô mon Maître, mon Bien-Aimé, ne veux-Tu point m'étreindre et me considérer
identique à Toi-même ?"
Incapable de percevoir autre chose, mon coeur souffre comme sous le poids
d'une grande affliction, les larmes jaillissent de mes yeux,
et je reste figé, comme ceux qui sont plongés dans l'extase.



LA GRÂCE DU GURU EST TOUJOURS LA







Il  ne naît jamais, ni ne meurt ;
Ni ayant été,il ne cessera d'être.



Non-né, éternel, perpétuel, ancien,
Il n'est pas tué, lorsque le corps est tué.





"Ils disent que je vais mourir.
Mais je ne pars pas.
Où pourrais-je aller ? Je suis là"



"OU POURRAIS-JE ALLER ?"






La difficulté actuelle, c'est que l'homme s'imagine qu'il est l'auteur de ses actes. C'est une erreur.
C'est la Puissance supérieure qui fait toute chose; l'homme n'est qu'un instrument.
 S'il accepte cette position, il se libère de tous ses troubles;
sinon, il les favorise.