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3 février 2009 2 03 /02 /février /2009 21:37
 

LA PRADAKSHINA

Tourner autour d’une montagne, d’un temple ou d’un linga dans le sens des aiguilles d’une montre est un rite.

Adi Shankara a écrit dans la Nirguna-Mânasapûja :


« La circumambulation (pradakshinâ) est la méditation sur le fait d’être soi-même, le Témoin immuable, le Divin autour duquel tournent les milliers d’œufs cosmiques de Brahmâ ».


Sri Ramana Maharshi qui vécut toute sa vie au pied de la colline, enseigna à ses disciples l’intérêt de ce rite en considérant celui-ci comme une Atma-pradakshinâ (circumambulation du Soi),
 l’ultime pradakshinâ.


« Pradakshinâ, dit-il, veut dire : « Tout est en moi ».


La véritable signification de la marche autour de la colline d’Arunachala, c’est qu’elle est aussi efficace, dit la tradition, qu’un voyage autour du monde. Ce qui veut dire que le monde entier se trouve condensé dans cette colline.


Le circuit autour du temple d’Arunachala est tout aussi favorable, assure-t-on, et tourner sur soi-même l’est tout autant. Si bien que tous ces circuits sont contenus dans le Soi.

La Ribhu-Gitâ dit à ce propos :

« Je reste fixe, tandis que d’innombrables univers qui s’élèvent dans mon mental sous forme de concepts, tournent en moi.

Cette méditation est le circuit (pradakshina) suprême ».


Le mot Arunâ signifie « rouge » comme le ton rouge du lever ou du coucher du soleil, ou « brillant » comme le feu, et cette image suggère évidemment le feu de la connaissance (jnânâgni);

« C’est, nous dit Bhagavan, le feu de la sagesse qui n’est ni chaud ni froid.


Achala est le nom donné à une montagne , et le mot complet Arunâchala signifie « la montagne de la sagesse ».

Les deux termes suggèrent autant la vérité que les moyens d’y parvenir.


Selon Bhagavan Ramana Maharshi, le Soi divin n’est pas différent de la montagne. Nous devons retrouver dans son nom Etre (Sat), Conscience (Cit), Béatitude ( Ânanda), qui est la nature de l’Atma.


Pour cela, la lettre A va représenter Shiva ou le Soi suprême (Paramâtma), RU le Jivâtma ou le soi individuel et NA leur unité (aikya) ou leur non-dualité (advaïta).


La symbolique est évidente, Arunâchala possède toutes les caractéristiques du Soi. Atteindre l’idéal que représente cette montagne, c’est atteindre son Soi.

 « Arunâchala, dit Bhagavan, Est-ce principe (celui du Soi ) absolu, immobile, autour duquel tous les mouvements (chalana) tournent et dans lequel finalement tous se fondent. » Il nous dit également, dans Arunachala Ashtakam :

« J’ai été attiré par Arunâchala et en l’approchant, je l’ai perçue comme l’Immobile. »


Toute création est constituée des cinq éléments et tout ce qui est perçu comme animé ou inanimé est la combinaison de ces cinq éléments. Ce qui est cherché se trouve au-delà de ces éléments car là se trouve notre Etre originel.


Bhagavan Ramana Maharshi, s’adressant à la montagne sainte, dit :

« Les cinq éléments, tous les êtres vivants et l’immense extension de l’univers ne sont rien d’autre que toi seul ».


Tout le problème réside dans le mental dont la faculté spécifique est de refléter le monde extérieur et le monde intérieur. Lorsque le mental se tourne vers le dehors, il s’identifie au monde changeant de la matière. Si, par contre, il s’introver et se centralise sur le Soi, l’individu expérimente la conscience immobile et silencieuse car le Soi est le substrat unique de tous les mondes.

La Bhagavad Gîtâ dit ceci :

 

« Que l’on s’intériorise graduellement en maintenant l’intellect avec fermeté. Ayant fixé le mental dans le Soi, que l’on ne pense à rien d’autre », et cela est accompli en absorbant totalement le mental dans la nature de l’Âtma ou Soi. Pour ceux qui ne peuvent encore y parvenir, Bhagavan recommandait de fixer le mental sur un objet suggérant l’absolue immobilité du Soi, et pour lui ce symbole fût Arunâchala perçue sous la forme d’un linga représentant la nature inconditionnée de Shiva;


Il s’agit là d’Adi Linga, le tout premier qui apparut sous la forme de la colonne de feu, et par conséquent non encore différencié en polarité (actif-passif), et dont le Shiva Purâna fait état en ces termes :


« Cette colonne sans commencement ni fin prendra une forme réduite pour être contemplée et adorée par le monde. Ce linga apporte le plaisir. Il est l’unique moyen du plaisir et de la libération. Par sa vision, son contact ou en méditant sur lui, vient la libération de la naissance pour les êtres.

 


Le circuit de plus de 14 Km, est constitué de manière à former un parfait mandala, au cours duquel les pèlerins passent par les huit points cardinaux, tous balisés par un linga où étaient jadis exécutées des pûjâ particulières. L’importance de cette colline est telle que depuis la nuit des temps de grands sages sont venus ici méditer pour atteindre la perfection.

 

Âdi Shankara vint lui aussi s’y recueillir. Il eut nous dit-on, une vision divine dans laquelle il vit en chaque grain de sable un linga et par crainte de profaner de lieu saint, s’en éloigna respectueusement et l’adora de loin.

Le pradakshinâ commence à l’extrême sud, près de l’ashram de Sri Ramana Maharshi et se termine, après un tour complet, au petit sanctuaire
de Shiva-Dakshinâmurti, l’instructeur silencieux, image de l’ultime initiation,

ce qui fit dire à Sri Ramana que :


« Le silence n’est pas autre chose que l’éloquence incessante. Le maître primordial, Dakshinamurti, est l’idéal à suivre ».

 

 


 En dehors de la haute valeur initiatique du pradakshinâ, l’efficacité du rite est démultipliée par la radiation spirituelle qui émane de la montagne.

Arunachalâ possède à un haut niveau une radiation spirituelle bien précise;

Voici ce qu’en dit Bhagavan, répondant à une question sur ce sujet :


« Shiva dit à ce propos :
 « Telle est ma volonté, tel est mon commandement ».

Par conséquent, ceux qui vivent auprès d’Arunachalâ n’ont besoin d’aucune initiation, bénédiction, etc.

Ils obtiennent la libération. Telle est la volonté de Shiva ».



En tournant autour de la montagne, nous baignons littéralement dans sa lumière, et l’essentiel de l’ascèse va surtout consister à ce laisser aller dans le grand courant de l’intention divine, à renoncer à être l’auteur de l’action consistant à tourner. Il s’agit plus de se laisser amener par le Seigneur plutôt que de vouloir le faire soi-même.

Shiva lui-même aurait dit :


« Le corps de celui qui roule autour de la montagne devient divin et est immunisé contre tout mal.

Les Deva-s, les Siddha-s et les grand Rishi-s demeurent invisibles dans leurs chars célestes et observent ceux qui font la circumambulation avec dévotion. »



tiré du livre de Michel Coquet




Dévoile Ta beauté,

pour que le monde volage Te voie
à jamais et qu'il repose
 (en paix),

Ô Arunachala !






L'observation du circuit autour de la montagne nous révèle un ensemble d'éléments cosmologiques constituant un mandala universel avec,
vue d'en haut, une cité sacrée pourvue d'un point central (le sommet),
d'un carré (les quatre points cardinaux),
 et un cercle formé de l'ensemble des huit points cardinaux et de la radiation spirituelle de la montagne,
le triangle ou la loi triadique étant représenté par le triple pradakshinâ.

Bhagavan a énuméré ces trois circuits :


"Le premier est celui de la route, l'autre tourne au pied de la montagne, et le troisième est appelé le cicruit de la jungle.
Lorsqu'on lui demanda s'il utilisait ces trois sentiers, il parut surpris et répondit :

"Pourquoi uniquement ces trois sentiers ? Je dois même dire qu'il n'y a pas un seul lieu de la colline où je n'ai pas mis les pieds.

Une manière habile pour Bhagavan d'enseigner à ses fidèles qu'il ne fallait pas se limiter au concept mental de l'espace, mais faire un avec la réalité d'Arunâchala

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Presentation,

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UN OCEAN DE NECTAR

 

RAMANA MAHARSHI

le Maître du silence

Ramana Maharshi est un des plus grands sages et maîtres spirituels de l'Inde moderne. Il est venu pour transmettre l'ancienne Sagesse de l'Advaita-Vedanta sous une forme nouvelle, simple et claire, basée sur sa propre expérience, et a rendu accessible à l'homme d'aujourd'hui le jnana-marga, la voie de la connaissance.

POURQUOI CE BLOG


Ce blog ne m'appartient pas, aucun droit d'auteur, aucune photo.
Il appartient au monde, à Ramana Maharshi, je ne fais que retransmettre son message, son enseignement tiré de livres de ses disciples de ceux qui l'ont connus et de leurs témoignages.


Il est ici toujours présent

 ce blog est juste là pour continuer à faire vivre son enseignement.


le gourou apparaît comme un sage qui continue de vivre dans le monde

CITATION


"Au milieu de la caverne du coeur,
en forme de Moi, en forme de Soi,
unique et solitaire,
tout droit de soi à soi
le Brahman resplendit !
Pénètre toi-même en ce dedans,
ta pensée perçant jusqu'à sa source,
ton esprit plongé en soi,
souffle et sens au tréfonds recueillis,
tout de toi en toi fixé,
et là, simplement, sois!"

CITATION DU MAHARSHI


                                                                                                                   

"Vous n'êtes pas le corps, vous n'êtes pas le mental.
Vous êtes la pure conscience, le Soi.
Vous êtes présent en tout et partout.
Soyez conscient tout le temps, même pendant
que vous travaillez".



"Les visions et les sons mystiques qui peuvent se manifester au cours de la méditation doivent être considérés comme des distractions et des tentations. Jamais l'aspirant ne doit s'y laisser prendre."





"Les pieds réels de Bhagavan n'existent que dans le coeur du dévot.
S'aggriper incessamment à ces pieds est le vrai bonheur.
Vous serez déçu si vous vous agrippez à mes pieds de chair,
parce qu'un jour ce corps de chair disparaîtra.
Le culte le plus grand, c'est le culte des pieds
du Gourou qui sont en nous-mêmes."


Qui suis-je ?
Ramana Maharshi répétait sans cesse que cette question est essentielle. Si cette question fondamentale n’est pas résolue, comment voir clairement et discerner ce qui est de ce qui n’est pas?

Le Maharshi citait souvent le psaume 46:
 
“Reste tranquille et sache que Je suis Dieu”,
 où Dieu désigne l’état divin, et un passage de l’Ecclésiaste:
Il n’existe qu’un, il n’y a pas deux.
Il est seul et sans second.


Il n'y a ni passé ni avenir. Il n'y a que le présent.
Au moment où vous le viviez, hier était pour vous le présent.
Et quand vous le vivrez, demain sera également le présent.
C'est pourquoi l'expérience se produit seulement dans le présent,
et au-delà de l'expérience rien n'existe



LE « SOI » :


Le coeur du message spirituel de Sri Ramana est contenu dans ces courtes phrases :


« Si nous progressons, le monde progressera.
Tels que nous sommes ainsi est le monde.

Sans comprendre le Soi, à quoi bon comprendre le monde.
 Sans la connaissance de

l’Etre, la connaissance du monde est sans intérêt.
Plongez en vous-même et trouvez le

trésor caché là.
Ouvrez votre coeur
 et voyez le monde à travers les yeux du véritable Soi.

Déchirez les voiles
et contemplez la divine majesté de votre propre Soi. »



Les larmes du soleil par dolbi303

L’un des nombreux poèmes composé par Sri Ramana dit ceci :


« Lumière de la conscience qui tout embrasse,
 c’est en toi que se forme l’image de

l’univers, qu’elle y demeure et s’y dissout.
Mystère qui détient le miracle de la vérité,
tu
es le Soi intérieur, le « Je »vibrant dans le coeur.
 Coeur est ton nom o seigneur ! »

Cet état d’être unifié naît du silence mental
et engendre une paix immuable :
 « Celle-ci
ne peut régner seulement
lorsqu’il n’y a aucun dérangement du à la pensée »



 















                                                                                         

CITATION


"Le mieux c'est de parler de coeur à coeur
et d'écouter de coeur à coeur."
C'est la meilleure forme
d'Upadesha

R.Maharshi



Découvrez Fabrice Tonnellier!






Ouvre l'oeil et regarde,
tu verras ton visage
dans tous les visages.

CHANT ENREGISTREE A L'ASHRAM

http://www.wat.tv/audio/arunachala-114e0_114e1_.html



Observant la lune juste avant le lever du soleil, Shri Baghavan dit :
" Voyez la lune et aussi le nuage dans le ciel.
  Ils sont tous les deux aussi brillants.
  La lune ressemble à un tout petit nuage.
  Le mental du jnani est comparable à cette lune qui précède le lever du soleil.
  Il est présent mais ne brille pas de lui-même
."














Mon corps est-il « moi » ? Il est silencieux et inerte, mais je sens la pleine force de ma personnalité, et j'entends même la voix 
du « moi » au fond de mon être.
Je suis donc un esprit  qui transcende le corps.
Le corps meurt, mais l'esprit, transcendant le corps,
ne peut être touché par la mort.
Ce qui veut dire que je suis un esprit immortel.












"Dieu tout à la fois ressent et ne ressent pas plaisir et douleur"
dit le SHIVA PURANA


Il arrivait que Bhagavan pleure avec ses dévots lorsqu'ils étaient dans la peine.
Fréquemment, quand on récitait devant lui des chants émouvants,
ou quand il nous lisait lui-même des poèmes ou des textes extraits
de la vie ou des oeuvres de saints célèbres,
Bhagavan était si ému qu'il ne pouvait contenir ses larmes.
Quand le texte qu'il lisait ou expliquait comportait un passage particulièrement
émouvant, il lui était impossible de poursuivre sa lecture ;
submergé par l'émotion, il reposait le livre,
les yeux remplis de larmes et la gorge serrée.
Cela se produisit, par exemple, avec cette strophe de Tayumanavar :

Considérant que Tu es Terre et Ciel, dessinant Ton portrait sur la page de mon esprit,
et contemplant sans cesse cette image, je m'écrie :
"Ô mon Maître, mon Bien-Aimé, ne veux-Tu point m'étreindre et me considérer
identique à Toi-même ?"
Incapable de percevoir autre chose, mon coeur souffre comme sous le poids
d'une grande affliction, les larmes jaillissent de mes yeux,
et je reste figé, comme ceux qui sont plongés dans l'extase.



LA GRÂCE DU GURU EST TOUJOURS LA







Il  ne naît jamais, ni ne meurt ;
Ni ayant été,il ne cessera d'être.



Non-né, éternel, perpétuel, ancien,
Il n'est pas tué, lorsque le corps est tué.





"Ils disent que je vais mourir.
Mais je ne pars pas.
Où pourrais-je aller ? Je suis là"



"OU POURRAIS-JE ALLER ?"






La difficulté actuelle, c'est que l'homme s'imagine qu'il est l'auteur de ses actes. C'est une erreur.
C'est la Puissance supérieure qui fait toute chose; l'homme n'est qu'un instrument.
 S'il accepte cette position, il se libère de tous ses troubles;
sinon, il les favorise.