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15 novembre 2008 6 15 /11 /novembre /2008 21:30

Dès son plus jeune âge, Annamalai Swâmì consacrait la plupart de son temps à la prière et à la méditation. A l'âge de vingt ans une photo de Ramana Maharshi exerça un tel impact sur lui qu'il quitta son village sur le champ pour se rendre auprès du sage à Arunachala.
Il ne quitta plus l'endroit pendant les septante années qu'il lui restait à vivre. Tout d'abord, pendant une dizaine d'années il travailla au service de Ramana en qualité de contremaître et dirigea à ce titre la construction des principaux bâtiments de Ramanasramam.
Puis, après avoir vécu l'expérience du Soi, il se retira à Palakottu à quelques deux cents mètres de Ramanasramam et s'employa à se stabiliser dans cet état. Pendant les premières années, il se rendait encore dans le Hall de Ramana pour bénéficier de son darshan  et fut ponctuellement invité par Ramana lui-même à quitter sa retraite pour venir superviser des travaux à l'ashram, jusqu'à ce qu'un soir, pendant le darshan,

Ramana se tourne vers lui et lui dise :

"Vous êtes une personne indépendante. Vous êtes une personne indépendante. Vous êtes une personne indépendante. Vos karmas  sont finis.
Désormais, personne, qu'il soit un roi, un deva , un asura ou un être humain, ne vous commandera ni ne vous dira quoi faire."

En entendant ces mots, Annamalai Swâmî ressentit un grand sentiment de force et de paix et se sentit soulagé à l'idée de n'avoir plus à venir travailler à l'ashram.

 Quelques années plus tard, dans les années 1940, Ramana lui donna l'indication de ne plus venir à l'ashram :

"Si l'on a pas foi en Dieu, on commet beaucoup de péchés et on est malheureux. Mais vous, vous êtes un dévôt parvenu à maturité. La maturité a ses lois : si dans cet état de maturité, on pense être séparé de Dieu, on tombe dans le même état qu'un athée qui n'a pas foi en Dieu. Vous êtes un sâdhaka  parvenu à maturité. Vous n'avez plus besoin de venir ici. Restez à Palakottu et faites votre méditation là-bas. Essayez d'effacer l'idée que vous êtes différent de Dieu.

" Annamalai Swâmî partit et respecta scrupuleusement la consigne : bien que vivant à moins de deux cents mètres de l'ashram, il n'y fit plus la moindre visite( jusqu'à sa mort en novembre 1995)

. Vingt jours plus tard, Bhagavan  passa le voir et lui dit en souriant :

 "Je suis venu pour votre darshan" et ajouta, devant l'air choqué d'Annamalai Swâmî :
"Vous avez obéi à mes paroles. Vous vivez simplement et humblement comme je l'ai enseigné. N'est-ce pas magnifique ?"

Quelques jours plus tard, fin du sevrage ; alors qu'Annamalai Swâmî s'approchait de Ramana de passage à Palakottu, ce dernier se tourna vers lui et lui dit :

 "Vous êtes plus heureux que moi. Ce que vous aviez à donner, vous l'avez donné. Ce que j'avais à donner, je l'ai donné. Pourquoi venez-vous encore me voir ?"

A dater de ce jour, Annamalai Swâmî n'essaya plus d'approcher Ramana ni de lui parler. Si leurs chemins se croisaient, Ramana passait sans relever sa présence. Annamalai Swâmî ne s'en formalisait pas. Il avait compris que ce faisant, Ramana l'invitait à ne pas le considérer comme un être personnel et à prendre conscience de lui tel qu'il est réellement, sans nom ni forme.

 Il se souvenait de ce que Bhagavan lui avait dit un jour :

" Ne vous accrochez pas à la forme du Gourou : elle périra ; ne vous accrochez pas à ses pieds : ses serviteurs vous arrêteront. Le vrai Bhagavan réside dans votre coeur comme votre propre Soi. Voilà qui je suis vraiment."

Dès lors Annamalai Swâmî s'employa à rester en contact avec le vrai Bhagavan, le Bhagavan qui vit éternellement dans le coeur.
Une fois, alors que nous regardions la statue de la déesse décorée pour les fêtes du Navaratri à l'ashram, il me mit en garde :

"Ne croyez pas à la réalité de cette statue. Ne croyez pas que Dieu ait une quelconque forme. Le Soi est présent en tout et partout. Ne pensez pas qu'il se limite à la forme d'un corps, fût-ce le corps d'une divinité."

Bhagavan me donna Sa Grâce, puis rompit la relation personnelle entre nous. Le lien d'amour et de dévotion ne fut pas rompu, il ne fit que se restreindre à la pensée et au Coeur.

Quand Bhagavan tomba gravement malade à la fin des années 1940, je fus fortement tenté de lui rendre visite. Je ne succombai jamais parce que je savais que Bhagavan m'avait donné l'instruction de ne pas venir le voir. Des gens qui n'étaient pas au courant de ce que Bhagavan m'avait dit pensaient que je lui manquais de respect en ne venant pas le voir.

Un dévot questionna même Bhagavan à ce sujet :

"Annamalai Swami a servi Bhagavan pendant longtemps, dit-il, mais maintenant que Bhagavan est gravement malade, il ne vient plus le voir".

Bhagavan décelant un certain pharisaïsme chez le questionneur, fit cette remarque :

"Il est celui qui ne cause aucun ennui."

Puis il ajouta :

"Vous autres, vous êtes ici, mais vos coeurs sont ailleurs. Il est ailleurs, mais son coeur est ici."

Rangaswâmî, le serviteur de Bhagavan, me rapporta ces paroles plus tard dans la journée. Cela me fit du bien d'apprendre que Bhagavan était parfaitement conscient du fait que, sans cesse, je pensai à Lui et me souciai de Lui.

 Annamalai Swami vécut à Palakottu jusqu'à la fin de sa vie. Immergé dans le Soi, il y mena une vie simple et paisible. Depuis le milieu des années 1940 jusqu'à sa mort, jamais il ne quitta Palakottu. Il ne sortait de chez lui que pour de brèves promenades sur les pentes basses d'Arunâchala ou dans la forêt voisine. Pendant les dernières années de sa vie, de nombreux visiteurs, surtout des Occidentaux, venaient le voir, attirés par la puissance de son silence, la paix, la clarté et l'harmonie qui régnaient autour de lui. Il partageait avec eux son amour pour Bhagavan et sa parfaite connaissance de ses enseignements. Il leur donnait aussi des conseils et des instructions pour leur pratique spirituelle, et les guidait sur la voie de la réalisation avec beaucoup d'amour et d'humour.
 Annamalai Swâmî est mort paisiblement le 9 novembre 1995 à 4h 45 du matin, après dix jours de maladie.

La veille, deux de ses disciples lui demandèrent :

 " Swâmî, votre corps souffre beaucoup. Qu'en est-il de votre mental ?" Il répondit : "Quelles que soient les souffrances endurées par son corps, le sage repose dans le Soi."




 

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Presentation,

  • : UN OCEAN DE NECTAR
  • UN OCEAN DE NECTAR
  • : RAMANA MAHARSHI,son enseignement, sa vie, ses disciples, ses anectodes, etc etc
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UN OCEAN DE NECTAR

 

RAMANA MAHARSHI

le Maître du silence

Ramana Maharshi est un des plus grands sages et maîtres spirituels de l'Inde moderne. Il est venu pour transmettre l'ancienne Sagesse de l'Advaita-Vedanta sous une forme nouvelle, simple et claire, basée sur sa propre expérience, et a rendu accessible à l'homme d'aujourd'hui le jnana-marga, la voie de la connaissance.

POURQUOI CE BLOG


Ce blog ne m'appartient pas, aucun droit d'auteur, aucune photo.
Il appartient au monde, à Ramana Maharshi, je ne fais que retransmettre son message, son enseignement tiré de livres de ses disciples de ceux qui l'ont connus et de leurs témoignages.


Il est ici toujours présent

 ce blog est juste là pour continuer à faire vivre son enseignement.


le gourou apparaît comme un sage qui continue de vivre dans le monde

CITATION


"Au milieu de la caverne du coeur,
en forme de Moi, en forme de Soi,
unique et solitaire,
tout droit de soi à soi
le Brahman resplendit !
Pénètre toi-même en ce dedans,
ta pensée perçant jusqu'à sa source,
ton esprit plongé en soi,
souffle et sens au tréfonds recueillis,
tout de toi en toi fixé,
et là, simplement, sois!"

CITATION DU MAHARSHI


                                                                                                                   

"Vous n'êtes pas le corps, vous n'êtes pas le mental.
Vous êtes la pure conscience, le Soi.
Vous êtes présent en tout et partout.
Soyez conscient tout le temps, même pendant
que vous travaillez".



"Les visions et les sons mystiques qui peuvent se manifester au cours de la méditation doivent être considérés comme des distractions et des tentations. Jamais l'aspirant ne doit s'y laisser prendre."





"Les pieds réels de Bhagavan n'existent que dans le coeur du dévot.
S'aggriper incessamment à ces pieds est le vrai bonheur.
Vous serez déçu si vous vous agrippez à mes pieds de chair,
parce qu'un jour ce corps de chair disparaîtra.
Le culte le plus grand, c'est le culte des pieds
du Gourou qui sont en nous-mêmes."


Qui suis-je ?
Ramana Maharshi répétait sans cesse que cette question est essentielle. Si cette question fondamentale n’est pas résolue, comment voir clairement et discerner ce qui est de ce qui n’est pas?

Le Maharshi citait souvent le psaume 46:
 
“Reste tranquille et sache que Je suis Dieu”,
 où Dieu désigne l’état divin, et un passage de l’Ecclésiaste:
Il n’existe qu’un, il n’y a pas deux.
Il est seul et sans second.


Il n'y a ni passé ni avenir. Il n'y a que le présent.
Au moment où vous le viviez, hier était pour vous le présent.
Et quand vous le vivrez, demain sera également le présent.
C'est pourquoi l'expérience se produit seulement dans le présent,
et au-delà de l'expérience rien n'existe



LE « SOI » :


Le coeur du message spirituel de Sri Ramana est contenu dans ces courtes phrases :


« Si nous progressons, le monde progressera.
Tels que nous sommes ainsi est le monde.

Sans comprendre le Soi, à quoi bon comprendre le monde.
 Sans la connaissance de

l’Etre, la connaissance du monde est sans intérêt.
Plongez en vous-même et trouvez le

trésor caché là.
Ouvrez votre coeur
 et voyez le monde à travers les yeux du véritable Soi.

Déchirez les voiles
et contemplez la divine majesté de votre propre Soi. »



Les larmes du soleil par dolbi303

L’un des nombreux poèmes composé par Sri Ramana dit ceci :


« Lumière de la conscience qui tout embrasse,
 c’est en toi que se forme l’image de

l’univers, qu’elle y demeure et s’y dissout.
Mystère qui détient le miracle de la vérité,
tu
es le Soi intérieur, le « Je »vibrant dans le coeur.
 Coeur est ton nom o seigneur ! »

Cet état d’être unifié naît du silence mental
et engendre une paix immuable :
 « Celle-ci
ne peut régner seulement
lorsqu’il n’y a aucun dérangement du à la pensée »



 















                                                                                         

CITATION


"Le mieux c'est de parler de coeur à coeur
et d'écouter de coeur à coeur."
C'est la meilleure forme
d'Upadesha

R.Maharshi



Découvrez Fabrice Tonnellier!






Ouvre l'oeil et regarde,
tu verras ton visage
dans tous les visages.

CHANT ENREGISTREE A L'ASHRAM

http://www.wat.tv/audio/arunachala-114e0_114e1_.html



Observant la lune juste avant le lever du soleil, Shri Baghavan dit :
" Voyez la lune et aussi le nuage dans le ciel.
  Ils sont tous les deux aussi brillants.
  La lune ressemble à un tout petit nuage.
  Le mental du jnani est comparable à cette lune qui précède le lever du soleil.
  Il est présent mais ne brille pas de lui-même
."














Mon corps est-il « moi » ? Il est silencieux et inerte, mais je sens la pleine force de ma personnalité, et j'entends même la voix 
du « moi » au fond de mon être.
Je suis donc un esprit  qui transcende le corps.
Le corps meurt, mais l'esprit, transcendant le corps,
ne peut être touché par la mort.
Ce qui veut dire que je suis un esprit immortel.












"Dieu tout à la fois ressent et ne ressent pas plaisir et douleur"
dit le SHIVA PURANA


Il arrivait que Bhagavan pleure avec ses dévots lorsqu'ils étaient dans la peine.
Fréquemment, quand on récitait devant lui des chants émouvants,
ou quand il nous lisait lui-même des poèmes ou des textes extraits
de la vie ou des oeuvres de saints célèbres,
Bhagavan était si ému qu'il ne pouvait contenir ses larmes.
Quand le texte qu'il lisait ou expliquait comportait un passage particulièrement
émouvant, il lui était impossible de poursuivre sa lecture ;
submergé par l'émotion, il reposait le livre,
les yeux remplis de larmes et la gorge serrée.
Cela se produisit, par exemple, avec cette strophe de Tayumanavar :

Considérant que Tu es Terre et Ciel, dessinant Ton portrait sur la page de mon esprit,
et contemplant sans cesse cette image, je m'écrie :
"Ô mon Maître, mon Bien-Aimé, ne veux-Tu point m'étreindre et me considérer
identique à Toi-même ?"
Incapable de percevoir autre chose, mon coeur souffre comme sous le poids
d'une grande affliction, les larmes jaillissent de mes yeux,
et je reste figé, comme ceux qui sont plongés dans l'extase.



LA GRÂCE DU GURU EST TOUJOURS LA







Il  ne naît jamais, ni ne meurt ;
Ni ayant été,il ne cessera d'être.



Non-né, éternel, perpétuel, ancien,
Il n'est pas tué, lorsque le corps est tué.





"Ils disent que je vais mourir.
Mais je ne pars pas.
Où pourrais-je aller ? Je suis là"



"OU POURRAIS-JE ALLER ?"






La difficulté actuelle, c'est que l'homme s'imagine qu'il est l'auteur de ses actes. C'est une erreur.
C'est la Puissance supérieure qui fait toute chose; l'homme n'est qu'un instrument.
 S'il accepte cette position, il se libère de tous ses troubles;
sinon, il les favorise.