Je vivrai en paix quand toi, ô mon
esprit mental,
toi qui naissant de l'illusion parais
comme en l'or l'ornement,
quand toi, ô mon esprit mental enfin mûri,
te fondras en la paix joyeuse par la
contemplation
De cette merveille unique et inconnaissable
qui, dans l'étendue de sa Grâce,
maintient en ordre et en gloire l'entier univers
-essaims de globes sans nombre,
globes avec leur océans -
comme un magicien prodigieux
lançant dans l'air des balles innombrables
soutenues dans le vide espace ;
Contemplant cette paix de suprême silence
qui s'empare de ceux qui savent,
qui possèdent la connaissance
haute et parfaite et solide,
car pour eux n'a plus d'attrait
la poursuite des choses du monde ;
contemplant cette somme divine
qui rien n'exclut, où tout commence,
félicité éternelle, tranquille,
fraîcheur calme de l'être vrai ;
Contemplant encore et encore
l'Eternel, l'Etre en soi,
qui de tout le témoin et de tout l'origine
mène à la pureté suprême de la Sagesse
ceux qui les trois états dépassent
et ne veillent, ne dorment ni ne rêvent ;
-te contemplant, flamme sans tâche
de cette lumière qui dissipe
l'ignorante vision du multiple,
mer de félicité qui ne savent atteindre
les six croyance
-et toi, ô paix ;
Te contemplant vaste océan de joie,
réservoir de toute vie, nectar de délices,
or resplendissant , joyau,
essence première de non-dualité
qui demeure en moi, souveraine,
radiance infinie enveloppant l'entour,
infinitude illuminée de gloire,
Joie - ô Joie ! -
continuité qui déroule au long des sept mondes
le présent, le passé, l'éternel avenir ;
Te contemplant, harmonie qui transforme en son être
celui qui connaît Son être
radieuse félicité de qui demeure en l'éternel
tandis que tout passe alentour
bref comme l'éclair ;
Réalité secrète que les Védas eux-mêmes,
de terreur sacrée frappés,
ont déclarée inconnaissable,
que les religions innombrables
s'efforcent en vain de saisir,
et qui, pénétrant ce monde
et dans le radieux au-delà
tous les mondes,
intangible encore demeure ;
Te contemplant,
merveille qui , en tout immanente
et de tout la trame,
encore est Toi, ô Shiva tout puissant
qu'on ne saurait décrire,
encore est Ton être, encore est cet être
et cet autre, et aussi mon être à moi ;
- contemplant, contemplant la douceur
de la conscience qui sait et qui a vu,
qu'on s'appelle aussi transcendance,
coeur des sages qui ont franchi
la dualité du jour et de la nuit,
de la mémoire et de l'oubli.
Des Védas joyau suprême, conscience absolue
plongée dans l'éternelle joie ;
-Contemplant, mon esprit,
cette non-dualité perçue,
cette éternité que même les Védas
ont déclaré ne pas connaître encor,
cette unité sans tâche et sans qualité
qui, vigilante et pourtant spontanée,
donne à ceux qui sans défaillance
en leurs coeurs dévots méditent,
protection et nourriture ;
cette intelligence, cette pure infinitude,
ce Dieu qui est, de chacun, de moi-même,
l'être vrai et bienheureux -
Et ainsi prendront fin, ô mon esprit mental,
tes défauts.
Mon vieux compagnon, ne veux-tu
t'en retourner à ta source ?
Meurs.
Et alors par la grâce de mon
Maître
je deviendrai mon être vrai
et serai, vivant encore, libre.