BHAGAVAN NOUS PARLE DU "QUI SUIS-JE ?"
L'auto investigation, c'est la méthode directe, et facile.
Courir après des objets qui nous sont étrangers est facile ;
comment peut-il être difficile d'aller vers son propre Soi ?
Vous dites "Où commencer ?" Mais il n'y a ni commencement, ni fin.
Vous êtes vous-même au commencement et à la fin.
Supposez que vous soyez ici et le Soi quelque part ailleurs, et qu'il vous faille l'atteindre, on pourrait
vous dire comment partir, comment voyager et enfin comment y arriver.
Supposons que vous, qui y êtes ici en ce moment à l'ashram, demandiez :
"je désire aller à l'ashram", comment faire pour y arriver ?
L'homme qui cherche le Soi est dans ce cas. Il est à tout moment le Soi et rien d'autre.
Vous dites "Qui suis-je ?" devient un japa. Le but n'est pas de répéter continuellement "Qui suis-je ?".
Dans ce cas la pensée ne s'éteindrait pas facilement.
Dans ce que vous appelez la méthode directe, en même temps que vous posez la question "Qui suis-je ?",
vous devez vous concentrer au plus profond de vous-même, là où jaillit la "pensée-je", cause de toutes les autres pensées.
Le Soi n'est pas à l'extérieur, il est en vous; il vous faut donc plonger à l'intérieur et non pas à
l'extérieur.
Quoi de plus facile que d'aller vers vous-même ?
Le fait est que cette méthode ne plaît pas à tout le monde et paraît difficile à certains. C'est pourquoi
tant de méthodes différentes ont été enseignées. Chacune paraît la meilleure et la plus facile à ceux à qui elle est adaptée. Mais d'autres ne sont tentés par rien d'autre que la voie de
l'auto-investigation.
Ils vont demander : "Vous voulez que je connaisse ou que je voie ceci ou cela, mais qui connaît, qui voit
ceci ou cela ?"
Dans toutes les méthodes autres que l'auto-investigation, il y a quelqu'un qui connaît, quelqu'un qui voit
; impossible d'y échapper. Il faut trouver qui est le sujet de l'action, et tant qu'il n'a pas été trouver la sadhana n'est pas terminée.
Mais en fin de compte, tous en arrivent à découvrir "Qui suis-je ?". Vous vous plaignez de ne rien avoir
de préliminaire ou de positif pour commencer. Vous avez le "je" pour débuter. Vous savez que vous existez continuellement tandis que le corps n'existe pas toujours, par exemple, dans le
sommeil.
Le sommeil vous révèle que vous existez, même sans corps. Nous identifions le "je" au corps, nous
regardons le Soi comme ayant un corps, comme ayant des limites, d'où nos difficultés.
Tout ce que nous avons à faire c'est de cesser d'identifier le Soi au corps, à sa forme et à ses limites ;
nous nous connaîtrons alors comme étant le Soi que nous avons toujours été.
Est-il nécessaire de montrer le chemin à l'intérieur de votre propre maison ?
Il est en vous.

BHAGAVAN NOUS PARLE DU COEUR
Le vrai Soi est là dans le Coeur. Vous ne pouvez pas le trouver avec votre esprit. Vous ne pouvez pas le
réaliser par l'imagination. La seule façon directe d'en prendre conscience est de cesser de fantasmer et d'essayer d'être vous-même. Vous réaliserez alors automatiquement que le centre est
là.
C'est le centre, le Coeur décrit dans les Ecritures comme
"caverne du Coeur", "Grâce", "le Coeur".
Vous devez essayer d'en avoir l'expérience, plutôt que de le localiser. Quand un homme veut voir, il n'a
pas besoin de savoir où sont ses yeux. Le Coeur nous est toujours ouvert si vous prenez la peine d'y entrer ; il soutient tous vos mouvements, même si vous n'en êtes pas conscient; Il est
peut-être plus à propos de dire que le Soi est le Coeur lui-même, plutôt que de dire qu'il est dans le Coeur.
En vérité, le Soi est le centre même. Il est partout conscient de lui-même comme étant "Coeur",
"Conscience-du-Soi".
La conscience à l'état pur est insécable, sans parties. Ell n'a ni essence ni forme, ni "dedans" ni
"dehors". Il n'y a ni "droite" ni "gauche".
La pure conscience qui est le Coeur, inclut tout, et rien n'est en dehors ou à part d'elle.
Ceci est la vérité ultime.
De ce point de vue absolu, le Coeur, le Soi ou la conscience ne peuvent pas avoir de localisation fixe
dans le corps physique. Quelle en est la raison ? Le corps lui-même est une simple projection de l'esprit, et l'esprit n'est qu'une réflexion du Coeur rayonnant. Comment ce en quoi tout est
contenu, pourrait-il être en même temps une minuscule composante à l'intérieur d'un corps physique qui n'est lui-même qu'une manifestation phénoménale, infinitésimale, de la réalité unique
?
Mais les gens ne comprennent pas cela. Ils ne peuvent pas s'empêcher de penser en termes de corps
physiques, et de monde.
Par exemple, vous dites : "je suis arrivé à cet
ashram tout droit depuis mon pays de l'autre côté des mers".
Ce n'est pas vrai. Où y'a t-il allée et venue, ou quelque mouvement que ce soit pour l'esprit
omnipénétrant que vous êtes en réalité ? Vous êtes, où vous avez toujours été. C'est votre corps qui s'est déplacé ou a été transporté d'un endroit à un autre jusqu' à atteindre cet ashram. Ceci
est la vérité toute simple, mais elle paraît imaginaire pour quelqu'un qui se considère comme un sujet vivant dans un monde objectif.
Une fois admis que, du point de vue de la vérité absolue, le Coeur, en tant que pure conscience, est
au-delà de l'espace et du temps, il vous est facile de comprendre le reste dans une perspective correcte.
Vous êtes c'est un fait. La méditation est faite pour vous, vient de vous, est en vous. Elle doit se
poursuivre où que vous soyez. Elle ne peut pas être extérieure à vous.
Vous êtes le centre de la méditation, c'est-à-dire le Coeur.
Vous doutez, quand vous l'identifiez avec quelque chose de tangible et de physique. Le Coeur n'est ni un
concept ni un objet de méditation, il est le siège de la méditation. Le Soi demeure tout seul. Vous voyez le corps dans le Coeur ; le monde y est aussi. Rien n'est séparé de lui. Tous les efforts
ne s'exercent qu'à cet endroit.
Le Coeur n'est pas physique. La méditation n'est faite ni sur le côté droit ni sur le côté gauche ; elle
doit se faire sur le Soi.
Tout le monde connaît "Je suis". Qui est le "Je" ?
Il ne sera ni dedans ni dehors, ni à gauche ni à droite. "Je suis", c'est tout.
Abandonnez les idées de droite et de gauche. Elles appartiennent au corps. Le Coeur est le Soi. Prenez-en
conscience et vous verrez par vous-même. Vous n'avez pas besoin de savoir où est le Coeur, et ce qu'il est. Il fera sa part de travail si vous vous engagez dans la recherche du Soi.
Le Coeur dont je parle est celui qui est la source de tout, en qui tout vit, en quoi tout se fond.
Que ce soit dans le corps l'endroit où l'on pense que le Soi réside, il va apparemment y résider à cause
du pouvoir de la pensée. C'est dans le Coeur que s'élève et que sombre le "je". Comprenez que, bien qu'on dise que le Coeur existe à la fois à l'intérieur et à l'extérieur, en vérité absolue, il
n'existe pas ainsi, parce que le corps, qui est la base sur laquelle apparaissent les marques distinctives "intérieur", "extérieur", n'est qu'un produit de l'imagination de l'esprit
pensant.
LE COEUR, la source, est le commencement, le milieu et la fin de tout. Le Coeur, l'espace suprême, n'est
jamais une forme.
Il est la Lumière de la Vérité.