UN OCEAN DE NECTAR

 

RAMANA MAHARSHI

le Maître du silence

Ramana Maharshi est un des plus grands sages et maîtres spirituels de l'Inde moderne. Il est venu pour transmettre l'ancienne Sagesse de l'Advaita-Vedanta sous une forme nouvelle, simple et claire, basée sur sa propre expérience, et a rendu accessible à l'homme d'aujourd'hui le jnana-marga, la voie de la connaissance.
Mercredi 1 juillet 2009

Le soir du 14 août, je posai au Maharshi une question concernant
granthi bheda (la coupure du noeud) au sujet de laquelle même les érudits ont des doutes.

Le seigneur resplendissant, Shri Ramana Rishi, écouta la question, réfléchit un moment et parla à sa manière divine.


Le lien entre le corps et le Soi est appelé granthi.
Ce n'est que par ce lien avec le Soi qu'on est conscient du corps.

Ce corps est insensible. Le Soi est pure conscience.
C'est par l'intellect que l'on déduit le lien entre les deux.

O enfant, c'est enveloppé dans la lumière diffusée par la pure conscience que le corps fonctionne.
C'est par la suite de la non-appréhension (du monde) dans le sommeil,
(une syncope) et caetera, qu'il faut déduire la localisation du Soi.

De même que les forces subtiles comme le courant électrique passent par des fils visibles, la lumière de la conscience circule à travers un nadi
 (canal subtil) dans le corps.

La lumière resplendissante de la pure conscience, saisissant un centre, illumine le corps entier comme le soleil illumine le monde.

Par suite de la diffusion de cette lumière dans le corps, on a des expériences corporelles. Ce centre de rayonnement, au dire des sages, est le Coeur.

Du jeu des forces dans les nadis, on déduit la circulation de la lumière de la conscience. Les forces courent à travers le corps, chacune se tenant à son propre nadi.

Le nadi particulier à travers lequel circule la pure conscience s'appelle sushumna.
On le nomme également
atma nadi, para nadi, et amrita nadi.


Comme la lumière inonde le corps tout entier, on s'attache au corps, on prend le corps pour le Soi et on regarde le monde comme différent de soi-même.

Quand celui qui est capable de discernement renonce à l'attachement et à l'identification de soi-même avec le corps et poursuit l'investigation vers un seul but, un bouillonnement se produit dans les nadis.

Par ce bouillonnement (littéralement : barattement) des nadis,
le Soi se sépare des autres nadis et,
en n'adhérant qu'au seul amrita nadi,
se met à briller.

Lorsque la lumière resplendissante de la conscience brille uniquement dans l'atma nadi, rien d'autre ne brille que le Soi.

Tout ce qui apparaît devant  (tel un jnani) n'a aucune existence séparée.
Il connaît le Soi aussi clairement que l'ignorant (connaît ) son corps.

Celui pour qui l'atman seul brille, au-dedans, au-dehors et partout aussi (clairement que) les objets pour l'ignorant, est appelé
celui-qui-a-coupé-le-lien.

Le lien est double : l'un, celui des nadis, l'autre, l'attachement mental.
 Celui qui perçoit, bien que subtil, perçoit à travers le lien des nadis,
 tout le monde extérieur.

Lorsque la lumière, retirée de tous les autres nadis, demeure dans un seul, le lien (entre la conscience et le corps) est scindé et la lumière subsiste en tant que Soi.

De même qu'une boule de fer chauffée (au rouge) paraît une boule de feu, ce (corps) chauffé dans le feu de la recherche-du-Soi, brille comme le Soi.

Les anciennes vasanas (tendances) appartenant au corps, (mental, etc) sont détruites. Libre de la conscience du corps, on n'a jamais le sentiment d'être l'auteur d'une action.

Dès lors qu'un tel n'a pas le sens d'agir par lui-même, on dit que son karma est complètement détruit. Comme rien n'existe que le Soi, aucun doute ne s'élève pour lui.

Une fois que le noeud est coupé, on n'est plus jamais lié. Ceci est considéré comme l'état de puissance suprême et de suprême paix.



SRI RAMANA GITA

Par Sililia - Publié dans : INSTRUCTIONS SPIRITUELLES
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Dimanche 28 juin 2009
H.W.L POONJA (1913-1997) également appelé Papaji,

termina sa vie dans le nord de l'Inde, à Lucknow dans une simple demeure familiale où la pluplart de ses disciples occidentaux le rencontrèrent.


Sa santé s'étant détériorée, ce yogi férocement indépendant accepta de se soumettre à l'afflux débordant d'une foule de chercheurs attirés par son enseignement direct, indéniable et éternel,
qui lui avait transmis son Guru Ramana Maharshi.


Toutefois, son approche demeure totalement originale et remarquablement articulée.


Jusqu'à cette période, il avait toujours été le Guru d'un "Ashram invisible", comme il aimait le dire, laissant la magie du Soi placer sur son chemin le chercheur mûr pour un rendez-vous apparemment accidentel.
Dès qu'un groupe se formait autour de lui ou que quelqu'un voulait le suivre, il disparaissait.

Son expérience directe du Soi lui a révélé que la Création, dans le sens très littéral du terme, n’a jamais eu lieu.

En ce qui concerne Papaji,
 «  Il ne s’est jamais rien passé,
 rien n’a jamais existé ».


Voici ses commentaires :


-PAS de création

-PAS de dissolution

-PAS d’asservissement

-PAS de libération

Personne qui soit libéré : Voilà la vérité ultime.

La non-manifestation absolue

Est la seule Vérité.

La Création révèle un désir inassouvi de la part
du Créateur. Si la réalité ultime est parfaite en elle-même, alors l’acte de création ne peut jamais être fondé sur elle.


RAMANA MAHARSHI : Celui qui s’est correctement établi dans l’Atman sait que rien ne se passe dans ce monde, que rien n’est jamais détruit. Nous avons l’impression que quelque chose se passe seulement si nous sommes dans l’état de pranayama « celui qui sait ».


Cet état n’est pas notre vraie nature. Pour le jnani qui a abandonné la notion d’une personne qui sait, il ne se passe jamais rien.




Lorsque l’on demande aux sages advaïtas d’expliquer l’apparence du monde, ils disent généralement que c’est une projection irréelle. Ils affirment que l’état de veille est projeté tant qu’on est réveillé de la même manière que les rêves durant le sommeil.

Quand on sort d’un rêve, on sait instantanément que le monde du rêve n’était pas réel.

Ainsi, disent les sages, quand on « s’éveille » de l’état de veille dans la réalité non manifestée qui le sous-tend et dans laquelle il apparaît, on sait indubitablement que le monde projeté de l’état de veille est tout aussi irréel que les rêves qu’on projette durant son sommeil.

                          


Tout ce que je vois ;

Tout ce que j’ai déjà vu ;

Tout ce que que je verrai à l’avenir ;

Tout ce que j’étais ;

Tout ce que je suis ;

Tout ce que je serai ;

Tout cela est un rêve.

Ce n’est pas qu’une simple histoire.

C’est mon intime conviction.

C’est la Vérité.


MAIS


A qui appartient ce rêve ?

Qui fait ce rêve ?

Cette naissance, cette vie et cette mort font toutes parties du rêve.

En réalité, il n’y a rien.

Je suis, donc le samsara est.

QUE SUIS-JE ?

Par cette connaissance, le samsara peut-être connu

Pour ce qu’il est en réalité.


MAYA

Qu’est-ce que maya ?

Comment apparaît-elle ?

Comment demeure-t-elle?

Comment comprendre ?

Maya est une agitation mentale.

Elle surgit du mental

Où elle demeure sous la forme de désir.

Elle s’évanouira lorsque le mental

S’arrêtera et retournera à sa source.


Un somme d’une minute

Et regardez quel cyclone d’objets, et de temps, et de bien, et de mal.

Eveillez-vous.




« J’ai encore quelque chose à faire qui n’est mentionné dans aucun livre.

Aussi longtemps que demeure une intention très pure, il n’y a pas de fin à la compréhension.

Il reste encore quelque chose à faire après la réalisation totale et ultime, mais je n’en parle pas.

Je n’en ai jamais parlé et je ne trouve cela mentionné dans aucun des livres que j’ai lus, pas même dans ceux que les Maîtres réalisés ont écrits. »



H.W.L POONJA


Papaji fut un proche disciple de Ramana Maharshi.
On ne peut réellement dire si Ramana a eu des disciples ou non, car lui-même ne l'a jamais confirmé, tant était vaste sa nature et insaisissable son expérience du Soi. On peut dire qu'auprès de lui Papaji, alias
HWL Poonjaji, a réalisé sa nature infinie.

Par Sililia - Publié dans : DISCIPLES, OU CEUX QUI L'ONT CONNUS
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Jeudi 25 juin 2009

Le premier disciple occidental de Sri Bhagavan :
F.H Humphreys, bien qu'il n'ait jamais séjourné chez Sri Bhagavan et qu'il ne vint le voir qu'un petit nombre de fois il se pénétra de son enseignement et reçut sa grâce.
On publia plus tard, dans l'International Psychic Gazette un coup d'oeil d'ensemble rédigé en anglais, que Humphreys avait envoyé à un ami et qui reste un excellent exemple des leçons du Swami.


"Un Maître est celui qui a concentré sa méditation sur Dieu, qui a jeté sa personnalité entière dans l'océan de Dieu, l'y a noyée et oubliée jusqu'à ce qu'elle soit devenue l'instrument de Dieu. Quand sa bouche s'ouvre c'est pour prononcer les paroles de Dieu, sans effort et sans l'avoir prémédité, et quand il lève la main, Dieu afflue dans cette main pour produire des miracles.

"Ne pensez pas trop aux phénomènes psychiques et autres choses semblables. Leur nombre est légion.
Dès que la confiance dans les phénomènes psychiques est ancrée dans le coeur d'un chercheur, ces phénomènes ont fait leur oeuvre.
La clairvoyance, la clair-audience ne valent pas la peine d'être possédées, alors qu'il est possible d'obtenir plus aisément, sans elles ou avec elles, l'illumination et la paix, biens autrement précieux.
Le Maître se sert de ces pouvoirs comme d'une forme de sacrifice de soi-même.


"L'idée qu'un Maître est, tout simplement, quelqu'un ayant acquis son pouvoir sur les sens occultes par suite de longs exercices, ou par la prière, ou par quelque effort du même ordre, est complètement fausse.
Jamais un Maître ne s'est soucié le moins du monde des pouvoirs occultes, car il n'en a nul besoin dans sa vie quotidienne.

"Les phénomènes que nous voyons sont curieux et surprenants, mais nous ne comprenons pas le plus merveilleux de tous, et c'est celui, et uniquement celui dont la force illimitée est responsable de :

a) tous les phénomènes que nous voyons ;
b) de l'action par laquelle nous les voyons .

"Ne fixez pas votre attention sur tous ces objets changeants, tels que la vie, la mort ou les phénomènes. Ne pensez pas non plus à l'action positive, qui consiste à les voir ou à les percevoir, mais uniquement à Ce qui voit ces choses, Ce qui est responsable de toutes.
Cet effort vous paraîtra presque impossible au début, mais, par degrés, vous en sentirez les résultats.
Il faut des jours et des jours d'exercices obstinés, réguliers.
C'est ainsi que se fait un Maitre.
Accordez un quart d'heure par jour à cet exercice.
Essayez chaque jour de fixer inlassablement votre esprit sur Ce qui voit .
Ce qui est voit est au-dedans de vous.

"Je vous ai enseigné ces vérités en faisant usage des mêmes mots employés par le Maître vis-à-vis de ses chelas familiers. A partir d'aujourdh'ui, et dorénavant, que votre unique pensée durant la méditation ne s'attache pas à l'action de voir, mais à cet immuable "Cela qui voit".

"On n'est pas récompensé pour être parvenu à la connaissance. Et puis, on comprend qu'on ne désire pas être récompensé.

Comme le disait Krishna :
"Vous avez le droit de travailler, mais vous n'avez pas droit aux fruits de votre travail. La connaissance parfaite est, tout simplement l'adoration, et l'adoration , c'est la connaissance."


"Si vous comprenez lorsque vous vous arrêtez pour penser, que vous pensez seulement par la vertu de la Vie unique, et que l'intelligence poussée à l'action par cette Vie est une partie du tout qui est Dieu, vous n'accordez plus à votre intelligence une existence séparée. Il en résultera que l'esprit et le corps disparaîtront physiquement, pour ainsi dire.
La seule chose qui subsistera c'est l'être, qui est à la fois existence et non-existence, et que ne peuvent expliquer ni les mots ni les idées.

"Un Maître ne peut s'empêcher d'être perpétuellement dans cet état avec cette seule différence qu'il peut, d'une manière incompréhensible pour nous, faire usage de son esprit, de son corps et de son intelligence, sans retomber dans l'illusion d'en avoir conscience séparément                                          
                                                                                                                                 
"Il est inutile de se livrer à des spéculations mentales ; inutile d'essayer de sasir les choses par l'esprit ou l'intelligence, et de partir de là pour travailler. Tout ceci n'est qu'une religion, un code pour les enfants, et pour la vie sociale, un guide pour nous aider à éviter les choses, de manière que le feu intérieur puisse consumer en nous toutes les absurdités, un guide qui nous apprenne le bon sens un peu plus tôt, c'est-à-dire nous fasse reconnaître l'illusion de la séparation des choses.

"Un Maître plongé dans la méditation fixe son attention avec une telle intensité sur "Ce qui voit", et que lui-même ne voit ne n'entend, bien que ses yeux et ses oreilles soient ouverts. Il n'a pas perdu toute conscience physique, voire mentale, mais seule demeure sa conscience spirituelle.

"Il nous faut supprimer le monde, cause des doutes qui obscurcissent notre esprit, et la lumière de Dieu brillera clairement en nous."

                                         


Par Sililia - Publié dans : DISCIPLES, OU CEUX QUI L'ONT CONNUS
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Jeudi 25 juin 2009


Sri Bhagavan n'accepte rien pour lui.
Une tendresse ineffable brille dans son regard.
Ce n'est pas seulement sympathie pour les peines de ses disciples, mais pour l'immense fardeau de la samsara,
 c'est-à-dire de la vie humaine.
Et cependant, malgrè cette tendresse du regard les traits de Sri Bhagavan peuvent exprimer toute la sévérité du conquérant, qui n'a jamais admis aucun compromis.


Ces traits durcis sont en général couverts d'un léger foisonnement de poils blancs, car Sri Bhagavan étant un sanyasin, se fait couper les cheveux et la barbe tous les mois, les jours de la pleine lune.
Certains de ses disciples le regrettent.
Les cheveux blancs et la barbe blanche rehaussent encore, d'après eux, la grâce et la bienveillance de son aspect, mais nul ne se risque à le lui dire.

Son visage est comparable à la surface de l'eau : il change constamment, et pourtant il reste toujours le même.
On demeure stupéfait de la rapidité avec laquelle il passe de la douceur aimable, à l'immobilité majestueuse de la pierre, du rire à la pitié.
Chacun de ces aspects est, en soi une plénitude;
On devine qu'on est pas en face du visage d'un homme, mais du visage de l'Humanité entière.
Il rayonne d'une telle réalité qu'il se grave au fond de la mémoire, et y subsiste quand le souvenir de tout autre visage a disparu.
Ceux-là mêmes qui ont vu Sri Bhagavan pendant peu de temps, ou seulement en photographie, le revoient mieux par la vue de l'esprit qu'ils ne revoient d'autres êtres bien connus.
Peut-être l'amour, la grâce, la sagesse, la compréhension profonde, l'innocence enfantine, qui transparaissent dans cette image, sont-ils pour la méditation, un point de départ meilleur que tout autre.

Par Sililia - Publié dans : LES EPISODES DE SA VIE
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Dimanche 21 juin 2009

Etre un gourou, c'est donner l'initiation et l'upadesa, toutes deux étant inséparables, l'une de l'autre.
Il n'y a pas d'upadesa dans un acte initial d'initiation et point d'initiation si elle n'est pas suivie de l'upadesa.

La question se posait donc parfois de savoir si Sri Bhagavan accordait l'initiation ou l'upadesa.

Au lieu de répondre, il laissait aux autres le soin de décider  selon leur propre jugement ou leur manque de jugement.

La réponse qu'il faisait le plus souvent était celle qu'obtint le Major Chadwick :

"Il y a trois méthodes d'initiation :
 par le toucher, par le regard, par le silence."



C'est ainsi que Sri Bhagavan émettait d'ordinaire une opinion doctrinale impersonnelle, qui cependant impliquait la réponse à la question spécifique.
Cette idée des trois modes d'initiation était bien connue des Hindous, car, pour eux, ils sont représentés par
 l'oiseau qui doit couver ses oeufs pour les faire éclore (le toucher) ;
par le poisson qui qui se borne à les regarder éclore (le regard) ;
et par la tortue , qui n'a qu'à penser à eux  (le silence).

L'initiation par le silence est devenue très rare de nos jours.
C'est la mouna-diksha d'Arunachala, de Dakshinamurti, et c'est aussi le mode d'intiation particulièrement adapté au sentier direct de la recherche de soi-même, qu'indiquait Sri Bhagavan.
Ce mode d'initiation était doublement approprié, tant par sa valeur propre, que parce qu'il permettait un camouflage satisfaisant.

L'initiation par le regard était très réelle..
Sri Bhagavan se tournait vers le disciple et le fixait avec une intensité fulgurante.
La luminosité, la puissance de ses yeux vous transperçait, brisant le mécanisme de la pensée.
Parfois il semblait qu'un courant électrique vous traversait, parfois on était baigné dans la paix, dans un flot de lumière.



Un disciple nous a décrit ses impressions :

"Tout à coup, Sri Bhagavan tourna vers moi son regard lumineux et transparent. Auparavant, je ne pouvais supporter longuement ce regard. A présent, je plongeais droit dans ces yeux merveilleux et terribles pendant combien de temps?
Je ne saurai le dire.
Ce regard faisait naître en moi une sorte de vibration, que je percevais nettement."


Quand Sri Bhagavan vous regardait ainsi, on avait l'impression, puis la certitude inébranlable, que, dorénavant, il vous prenait en charge, qu'il vous guidait.
Certains percevaient le moment où cette initiation commençait, mais d'ordinaire elle se faisait insensiblement.

Parfois, c'était pendant qu'on chantait les Vedas, quand ceux qui y faisaient attention étaient peu nombreux.
Ou bien le disciple était pris d'un désir d'aller voir Sri Bhagavan avant le lever du jour, ou au moment où il était seul, ou presque seul.

L'initiation par le silence était également réelle.
Elle se faisait chez ceux dont les coeurs se tournaient vers Sri Bhagavan sans qu'il eussent la possibilité de se rendre eux-mêmes à Tiruvannamalai.
Parfois elle était accordée en rêve comme dans le cas de Natesa Mudaliar.

Nul maître n'était plus catégorique que Sri Bhagavan, quand il s'agissait de l'aide et de la direction à accorder à un disciple pris en charge, et qui avait déjà reçu l'initiation.



Il dit à Sivaprakasam Pillai :

"Celui qui a obtenu la grâce du Guru sera inévitablerment sauvé. Jamais on ne l'abandonnera, de même que la proie tombée sous la dent du tigre ne lui échappera plus jamais."

Une autre fois, un disciple se décourageait de sentir que ses progrès intérieurs étaient nuls, et dit :

"J'ai peur d'aller en Enfer, en continuant de la sorte !"

Bhagavan répondit :

"Si vous y allez, Bhagavan vous suivra et vous ramènera".

Les circonstances mêmes de la vie du disciple sont influencées par le Guru, de manière à servir à son sadhana (progrès spirituel). On dit à un disciple :

"Le Maître est à la fois au dehors, et au dedans, de sorte qu'il crée les conditions extérieures de votre introspection, et préparera votre être intime à l'aspiration vers le tout ."

It's india world!

En réalité, l'upadesa de Sri Bhagavan, de même que l'initiation qu'il donnait, se faisait par le silence.
L'esprit était silencieusement orienté dans la direction qu'il devait suivre. On attendait d'un disciple qu'il le comprît.
Un très petit nombre avait besoin d'une assurance verbale.

Ces upadesa silencieux variaient beaucoup en réalité, Sri Bhagavan dans ses paroles et ses écrits insistait souvent sur la nécessité du vichara (recherche de soi-même) et l'idée se répandit qu'il ne prescrivait que le Gnana-marga ( le sentier de la connaissance), que bien des gens trouvent abrupt de nos jours.
Mais, Sri Bhagavan était universel, et sa direction convenait à n'importe quel tempérament.
Elle suivait le sentier de la dévotion, non moins celui de la connaissance.

L'amour et le dévouement qu'il inspirait étaient comme un pont au-dessus de l'abîme que devaient franchir ceux qui cherchaient le salut. Sri Bhagavan , ne recommandait pas d'autre sentier à nombre de ses fidèles.
En somme, le sentier de la dévotion est le même que celui de la soumission. On rejette tout son fardeau sur le Guru.
C'est aussi ce que recomandait Sri Bhagavan.
Il disait à l'un de ses fidèles :

"Soumettez-vous à moi, et je détruirai l'intelligence."
Il dit à un autre :

"Contentez-vous de rester tranquille ; Bhagavan fera le reste."
Et à Devaraja Mudaliar :

"Tout ce que vous avez à faire, c'est de m'abandonner toute la besogne".

Il répétait souvent :

"Il y a deux routes à suivre ; l'une, c'est de vous demander : Qui suis-je ? et l'autre, c'est de vous abandonner au Guru."

Et cependant, il n'est pas facile de garder son esprit en paix, et d'être entièrement réceptif à la grâce de son Guru.
Cette attitude exige un constant effort, un appel constant à la mémoire, et seule la Grâce du Guru les rend possibles.

Le moyen le plus efficace, quoique invisible, était le sat-sangh, littéralement : l'association avec l'être.
Et, en tant que que moyen de sadhana, il n'est en réalité que l'association avec quelqu'un qui a réalisé le Sat, ou l'être.

Lorsqu'on est parvenu à l'association avec un sage, à quoi servent les méthodes variées de la discipline de soi-même ?

"Dites-moi à quoi sert un éventail quand souffle la douce brise du Sud ?"

L'association avec Sri Bhagavan déterminait une subtile alchimie, dont les effets n'étaient parfois visibles qu'au bout de plusieurs années. Et il arrivait que le Maître s'entretînt avec ses disciples de l'importance de ces effets.



Il dit
un jour à Ranga Aiyar, le camarade d'école :

"Si vous demeurez avec le Gnani, il vous donnera des vêtements déjà tout tissés."


Il sous-entendait que, par d'autres méthodes, on n'obtient que le fil, et qu'il faut tisser ses vêtements soi-même.

Sundaresh Aiyar avait composé à sa louange un chant tamil, où il décrivait la grâce qui jaillissait de ses regards pour soutenir ses disciples.

Sri Bhagavan corrigea  :

"Non, elle ne jaillit pas; elle est projetée par un acte conscient, qui dirige la grâce vers la personne choisie."

Le disciple,  lui aussi,  doit s'efforcer au plus haut point d'aider la grâce du maître à atteindre son but, et à cet effet, Sri Bhagavan ne  cesse de préconiser la méthode du vichara ( c'est à dire poser la question :
 Qui suis-je ? se consacrer à la recherche de son moi.)



La sadhana qu'il donnait ainsi pour répondre aux besoins de notre temps n'était ni secret ni caché. Sri Bhagavan soutenait catégoriquement sa prééminence sur tous les autres:

"La recherche de soi-même est le seul moyen infaillible, le seul direct, grâce auquel vous parviendrez à la réalisation de l'être inconditionné, absolu, que vous êtes en réalité......
Essayer le détruire l'ego, ou l'intelligence, au moyen d'une autre sadhana que la recherche du moi, c'est jouer au voleur, qui se fait gendarme pour s'arrêter lui-même."


Seule, la recherche du moi peut faire comprendre la vérité de l'inexistence de l'ego et de l'intelligence, et permettre la réalisation de l'être indifférencié, le Moi, ou l'Absolu.
Après cette réalisation du Moi, il n'y a plus rien à connaître, puisque le Moi c'est la Béatitude parfaite, le Tout.

La pratique du vichara n'était pas réservée aux gens qui pouvaient se rendre à Tiruvannamalai. Elle n'était pas réservée non plus aux seuls Hindous.
L'enseignement de Sri Bhagavan est l'essence même de toutes les religions :Time to indulge in reveries
elle met au grand jour ce qui était caché .
L'Advaita est le postulat central du Taoïsme et du Bouddhisme.
La doctrine du Guru intérieur est celle du "Christ en vous" dans la plénitude de sa signification.
Le vichara rejoint la vérité ultime de la foi islamique ou Shahada :
 Il n'y a d'autre Dieu que Dieu. Il n'y a d'autre Moi que Moi."

Spirits of the dead on tree

Sri Bhagavan avait dépassé les différences entre les religions
Le sadhana qu'il prescrivait  ne dépendait d'aucune religion. Les Hindous n'étaient pas seuls  à venir à lui, mais venaient aussi des bouddhistes, des chrétiens, les musulmans, des juifs, des parsis, et il n'exigeait d'aucun d'entre eux qu'il ne changeât de religion.

La confiance fervente (dévotion) en un Guru, et l'afflux de sa grâce font apparaître une réalité plus profonde que toutes les religions et la recherche du Moi révèle la vérité ultime qui est au-delà de toute religion.

Question of light

Par Sililia - Publié dans : INSTRUCTIONS SPIRITUELLES
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Samedi 20 juin 2009

"Dans cette cité de Brahman qu'est le corps,un petit lotus forme une demeure à l'intérieur de laquelle règne un petit espace.
Il s'agit de rechercher ce qui l'occupe.
Cela en vérité, il faut désirer le savoir".

Par Sililia - Publié dans : POEMES DE DIFFERENTES SOURCES
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Samedi 20 juin 2009

 

Dans la quiétude infinie de ton être
il s'est élevé de ce corps
a atteint la Lumière suprême
et s'est révélé à soi-même en sa propre forme




Comme le dit la Katha-Upanishad :

"Le Créateur ayant percé vers l'extérieur les sens de l'homme
celui-ci regarde par conséquent dehors et non au-dedans.

Le sage seul, avide d'immortalité, tourne ses yeux vers le dedans
et y découvre le Soi."



Ainsi fit Ramana Maharshi, il s'enfuit à Arunâchala,
 laissa tomber l'étoffe qui lui couvrait les reins sans s'occuper ni de Guru, ni de mantra,
et s'assit sur les marches du Temple,
le regard fixé sur Arunâchala la Sainte Montagne,
le Guru qui l'avait appelé.

Par Sililia - Publié dans : POEMES DE DIFFERENTES SOURCES
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Samedi 20 juin 2009


Il n'y a pas d'autre vénération que de voir tout comme son propre Soi.

                                                                        
Ce que je loue partout et en tout lieu
est uniquement mon propre Soi.
Ce que je vénère partout et tout lieu
comme Dieu,
cela aussi est uniquement mon propre Soi.
Ici comme ailleurs, que je m'assoie, m'allonge ou que je coure, tout est accompli par mon propre Soi
et uniquement par Lui.
Je suis moi-même à la fois celui qui savoure et ce qui est savouré.

La splendeur du Soi

Par Sililia - Publié dans : POEMES DE DIFFERENTES SOURCES
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Mardi 16 juin 2009


"Si vous voulez aller au fond des choses, vous devez vous demander qui vous êtes et découvrir à qui s'applique la liberté ou la destinée.
Qui êtes-vous et pourquoi avez-vous pris ce corps avec toutes ses limitations ?"

 

 

 

 

 

"Dire que le "je" est immuable n'est pas un simple effet de l'imagination.

C'est un fait dont tout le monde est conscient.

Le "je" existe dans le sommeil, quand toutes les choses qui changent n'existent pas.

Il existe dans le rêve et la veille.

Le "je" demeure immuable dans ces différents états, alors que les autres choses apparaissent et disparaissent."


"Il n'y a pas besoin d'être savant ni de connaître les Ecritures pour connaître le Soi, de même que nul n'a besoin d'un miroir pour se voir.
Toute la connaissance doit finalement être abandonnée, car elle n'est pas le Soi.
S'occuper de travaux ménagers et d'enfants n'est pas non plus forcément un obstacle.
A défaut de mieux, vous pouvez toujours répéter intérieurement et constamment "je,je", comme il est conseillé dans "Qui suis-je ?", et ceci quelle que soit votre occupation du moment, que vous soyez assis, debout ou entrain de marcher.
"Je" est le nom de Dieu.
C'est le premier et le plus grand de tous les mantras.
Même Om ne vient qu'au second rang."




"L'esprit est un "paquet"  de pensées. Mais la source de toutes les pensées est la notion de "je".
Ainsi donc, si vous essayez de découvrir qui est ce "je", l'esprit disparaîtra.
L'esprit existe tant que vous pensez aux choses extérieures. Mais quand vous le soustrayez à ces choses et l'obligez à penser à l'esprit, au "je", en d'autres termes quand vous l'intériorisez, il cesse d'exister."

 

 

"Il y a une étape initiale où vous vous identifiez au corps, où vous êtes encore la conscience corporelle.

A ce stade, vous avez l'impression d'être différent de la réalité, de Dieu ; alors, vous pensez être un dévot, un serviteur ou un amoureux de Dieu. C'est la première étape.

 

La seconde, c'est quand vous pensez être une étincelle du feu divin ou un rayon de soleil divin.

Même alors la conscience du corps subsiste, ainsi que cette impression de différence.

 

La troisième étape surviendra quand toutes ces différences cesseront d'exister.

 

Il y a un "je" qui apparaît et disparaît, et un autre "JE" qui existe et demeure en permanence.

Tant que le premier "je" existera, la conscience du corps et l'impression de diversité (bheda buddhi) persisteront.

C'est seulement quand ce "je" mourra que la réalité se révèlera.

Par exemple, dans le sommeil, le premier "je" n'existe pas.

A ce moment, vous n'êtes pas conscient ni du corps ni du monde.

C'est seulement quand ce "je" réapparaît, au moment où vous émergez du sommeil, que vous prenez conscience du corps et du monde.

Mais dans le sommeil vous seul existiez.

Car en vous réveillant, il vous est possible de dire :
"J'ai bien dormi".

 

Vous, qui vous éveillez et dites cela, êtes le même vous qui existait dans le sommeil.

Vous ne dites pas que le "JE" subsistant pendant le sommeil est un "je" différent du "je" présent dans l'état de veille.

Ce "JE" qui est là en permanence, qui n'apparaît ni ne disparaît, est la réalité.

 

L'autre "je" qui disparaît dans le sommeil n'est pas réel. Il faut essayer de réaliser dans l'état de veille cet état où tout le monde parvient inconsciemment dans le sommeil, l'état où le petit "je" disparaît et où seul demeure le vrai "JE".

Et comment ? En cherchant à savoir d'où et comment naît ce petit "je".

La racine de bheda bhuddi est ce "je". Il est à l'origine de toutes les pensées. Si vous cherchez à savoir d'où il provient, il disparaît."

Par Sililia - Publié dans : ENSEIGNEMENT
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Samedi 13 juin 2009


Le 3 février 1936, au petit matin, après deux nuits sans sommeil dans le train de Bombay, je suis parvenu à Tiruvannamalai.

La tête me tournait et mes sens étaient plongés dans la confusion.
J’avais espéré pouvoir prendre quelque repos à mon arrivée à l’Ashram, mais je fus immédiatement conduit dans un petit réfectoire où se trouvait un homme d’âge mûr, vêtu d’un simple pagne, assis par terre devant une assiette en feuillage à moitié dégarnie.

Son regard était limpide et apaisant ; il me fit un signe de tête amical et m’adressa un sourire d’une bonté inimaginable.


C’était le Maharshi en personne.


Comme le voulait la coutume à l’Ashram à cette époque, les nouveaux venus étaient invités à prendre leur repas en face du Maharshi. Celui-ci avait à présent terminé son repas. Il se leva, me regarda, comme pour me gratifier d’un au-revoir silencieux, et quitta la pièce.

Quelqu’un m’annonça alors que Sri Maharshi se rendait à la salle de darshan.


Je m’y précipitai, toujours en costume et avec mon chapeau sur la tête.

La grande et majestueuse silhouette du Maharshi entra derrière moi d’un pas mesuré. Je me retrouvai seul avec Lui.

La joie et la paix m’envahirent ; jamais encore auparavant je n’avais éprouvé un tel sentiment de pureté et de bien-être en présence de quelqu'un

Déjà, mon esprit était en profonde méditation, non pas sur l’être de chair par ailleurs si merveilleusement « dessiné », mais sur un principe immatériel capable de se faire sentir d’une manière si profonde malgré le handicap d’un lourd véhicule de matière.

Quand je repris conscience de ce qui m’entourait, je vis qu’il me regardait avec deux grands yeux pénétrants, plissés par un sourire dont l’innocence enfantine vous plongeait dans une paix divine.



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Les jours passèrent, puis les semaines et les mois. L’étranger attendait impatiemment la Grande Expérience : chaque jour était le grand jour, chaque moment le grand moment.

L’Indien, lui, n’est jamais pressé : il sait ce qu’il fait et poursuit sa pratique avec une confiance inébranlable. Mais l’étranger, habitué aux emplois du temps précis, fixe l’heure et la date.

Comme rien de remarquable ne se produisait, il s’écria de toute son âme :


« Combien de temps, Seigneur, combien de temps ? »


Puis il se regarda : quel changement, mon Dieu ! Il se demanda comment ceci avait pu se produire en l’espace de six petits mois. Soudain, le suprême Secret se dévoila : c’était l’influence subtile de l’Homme divin, cet océan de lumière dans lequel il s’était baigné quotidiennement.

Finalement, l’entrevue avait eu lieu, mais l’étranger ne s’en était pas aperçu.

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Pour le corps, cette nouvelle vie était très dure, le changement très brutal. Ce qui allégeait son fardeau, c’est que contrairement à ce qui se passe dans les autres ashrams, il n’y avait ici aucune obligations : pas de programme, de réunions, de groupes d’études ou de bhajan auxquels on soit tenu de participer.


Bhagavan, en cela, était le plus libéral des gurus, jamais il ne lui est venu à l’idée d’imposer des règles pour contrôler la vie de ses disciples ; il ne croyait pas en une discipline commune imposée de l’extérieur, car celle-ci n’apporte pas les fruits désirés et finit par être abandonnée. La discipline qui réussit est celle que l’on s’impose à soi-même, qui est adaptée à son cas et dont l’application correspond à un besoin intérieur de l’intellect éveillé.


Ainsi donc, Bhagavan laissait ses disciples totalement libres de modeler leur vie du mieux qu’ils le pouvaient. Cette liberté physique m’aida considérablement à surmonter les difficultés des premiers mois de ma nouvelle existence.


Je passais mes jours et une partie de mes nuits dans le « Hall », la salle où le maître vivait et dormait. Je restais là, tranquillement assis, écoutant les conversations que les visiteurs avaient avec lui et qui étaient parfois traduites en anglais
 ( si les questions étaient posées par un étranger ou un Indien du Nord).


Ses réponses étaient pleines de fraîcheur et de douceur.
Son influence était perceptible aussi bien dans son silence que dans ses paroles. Tout ceci faisait un profond contraste avec l’agitation de la vie ordinaire à laquelle je venais juste de tourner le dos, avec le gaspillage d’énergie, les fausses valeurs, les espoirs insensés mis dans des idéaux parfaitement creux, les relations humaines superficielles, les règles sociales fondées sur des siècles d’égoïsme, de convention et de superstition, sans parler de la politique, du statut social et de l’argent, ni de la jalousie et de la haine que ces choses font naître dans l’esprit des hommes. Il n’est donc guère étonnant que Bhagavan apparaisse comme un havre de paix, une brillante lumière au sein des ténèbres par ailleurs impénétrables.


Bhagavan était alors en parfaite santé et pouvait se permettre d’être à la disposition des chercheurs pratiquement à toute heure du jour.


Les années 1936-1938 furent extrêmement heureuses, car nous pouvions nous rassembler autour de son divan et lui parler d’une manière aussi intime qu’à un père adoré ; nous pouvions sans restriction lui parler de nos soucis.


Après 8 H du matin, il n’y avait plus que les gens des environs, et nous bavardions tranquillement avec lui jusqu’à 10H.

Il nous racontait des histoires tirées des Purana ou de la vie des saints. Bhagavan était extrêmement sensible, et quand ces lectures décrivaient des scènes d’intense bhakti ou de grandes tragédies humaines, il était submergé par l’émotion et ne pouvait ni retenir ni dissimuler ses larmes.


Un jour, par exemple, il récita de mémoire un poème d’un saint visnouite dans lequel figurait ce vers :

« Serre-moi dans tes bras, Ô Seigneur. »

A ce moment, les bras de Bhagavan formèrent un cercle devant lui et son regard brilla comme sous l’effet d’une ardente dévotion ; sa voix tremblait alors qu’il tentait d’étouffer les sanglots qui montaient en lui. Le voir ainsi jouer les scènes qu’il racontait et se laissait gagner par l’exaltation était quelque chose d’absolument fascinant.

Bhagavan avait le sommeil léger ; il se réveillait de temps à autre au cours de la nuit et disait quelques mots au serviteur qui se trouvait là, avant de se rendormir.

A 5H, il était prêt pour le parayanam (la récitation des Vedas) qui durait un peu moins d’une heure.

Pendant cette période, personne ne parlait et Bhagavan demeurait souvent assis les jambes croisées, complètement intériorisé. Il sortait ensuite prendre son bain et son petit déjeuner, puis il fallait faire un tour sur Arunachala.



A son retour, vers 7H30, les premiers visiteurs commençaient à arriver, et vers 9H la salle était pleine.


La période du parayanam matinal était la plus propice à la méditation :
 il y avait peu de monde, les femmes et les enfants n’étaient pas encore là, la température était fraîche et l’esprit encore calme.

Es surtout Bhagavan resplendissait, plongé dans l’immobilité de son samadhi qui imprégnait la salle et la méditation des disciples.

Les visiteurs constituaient une sorte de détente dans une vie par ailleurs intense. Les problèmes qu’ils soumettaient étaient en soi un sujet d’étude, étude de l’esprit humain et des maux innombrables qui l’assaillent.
En outre, observer la manière magistrale dont Bhagavan traitait de ces problèmes était en soi une sadhana.

L’ultime réponse à toutes les questions était toujours la même, à savoir :

« Découvrez qui vous êtes ».



Cependant, il rencontrait d’abord chaque interlocuteur sur son propre terrain, puis lentement l’amenait à se tourner vers la source universelle. Les psychologues ne s’occupent que du fonctionnement de l’esprit, mais Bhagavan va jusqu’à la source de l’esprit, le Soi lui-même.
Tous les visiteurs étaient impressionnés, parfois même sans comprendre exactement le sens de ce qu’il disait.

Les gens considèrent que les siddhi sont le signe infaillible de l’état de perfection, mais peu comprennent l’influence subtile de l’être vraiment parfait qui, sans faire étalage de miracles, transforme ceux qui entrent en contact avec lui, en particulier les disciples authentiques ; il fait d’eux des mukta ou les fait notablement progresser vers mukti, ce dont les siddhi extérieurs sont totalement incapables.


Parmi les gens qui ont eu l’inestimable privilège de séjourner longuement auprès de Bhagavan, nombreux sont ceux qui attestent de l’effet merveilleux que sa simple présence a exercé sur eux.

Ceci constitue le siddhi le plus élevé et le plus authentique, celui qui accompagne toujours jnana (la connaissance du Soi, la perfection suprême).

Fin 1938, j’ai senti que je devais quitter Tiruvannamalai pour quelques temps, afin que ma sadhana ne dégénère pas en une routine terne et monotone. J’ai d’abord effectué un pèlerinage en Inde du Sud avant de me retrouver, fin 1939, à l’ashram de Swami Ramdas, dans le Kerala.

Quand je suis revenu dans mon ashram, en juillet 1940, la seconde guerre mondiale avait déjà éclaté, plongeant des millions d’hommes dans les ténèbres.


Cependant, je fus surpris de constater que cela n’avait en rien affecté la vie de Ramanasramam, sinon qu’il y avait à présent deux fois plus de visiteurs.

En outre, je remarquai que le corps du Maître commençait à présenter des signes de vieillissement, à tel point que les responsables de l’Ashram avaient été obligés de réduire les heures de darshan.

A midi, les portes du Hall se fermaient afin que Bhagavan puisse faire deux heures de sieste. Il avait d’abord protesté, mais s’était bientôt résigné en voyant que cette décision se justifiait dans une certaine mesure.

Tandis que le corps de Bhagavan s’affaiblissait, son influence et son pouvoir d’attraction augmentaient.

Le flux des visiteurs continuait de croître régulièrement et atteignit sont point culminant en 1950, la dernière année de sa vie terrestre.


A mesure que le temps passait et que les idées et l’état d’esprit du Maître m’imprégnaient de plus en plus, j’ai cessé de poser des questions ou de l’intercepter lors de ses promenades à l’extérieur de l’Ashram, comme j’en avais pris l’habitude au cours des six premiers mois de ce que j’appelle ma vie de vanaprastha (retraite) ; car à présent toutes mes questions spirituelles, tous mes problèmes, avaient été résolus d’une manière ou d’une autre.

Quand j’ai fait part de cette conclusion à Bhagavan, il a fait un gracieux geste d’approbation et m’a dit :


« En dehors du peu qui dépend de nous, tout doit être remis au Guru, l’océan de grâce et de compassion qui se trouve dans le cœur,
sous la forme du propre Soi du chercheur ».



                                                 S.S COHEN

Par Sililia - Publié dans : DISCIPLES, OU CEUX QUI L'ONT CONNUS
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Samedi 13 juin 2009

L'Avadhûta


Des chiffons trouvés dans les rues forment sa défroque,
Il chemine à l'écart du bien et du mal,
il se tient nu dans un lieu désert,
Il est plongé dans la saveur unique du sans forme.

C'est son absence de signes particuliers qui le signale,
C'est son absence d'adresse ou de maladresse qui fait sa dextérité.
Seule la réalité l'illumine.
Comment un Avadhûta serait-il l'objet de discussions ?

Ni désirs, ni liens, ni chaînes ne l'entravent.
Nul besoin d'accomplir des rites pour être détaché.
Ainsi affranchi de toute chose,
Il est toute transparence.

Comment parler de matériel et d'immatériel ?
Comment parler de passion et de détachement ?
Immaculée, immuable, semblable au ciel,
Telle est ici-bas la forme innée de la réalité.

Comment ici-bas la trouver, et où ?
Comment ici-bas trouver une forme sans forme ?
Là où se trouve, hors de portée, le ciel,
Comment en faire ici-bas l'objet d'une perception ?

L'Âme universelle a la forme du ciel,
L'Âme universelle est immaculée.
Ainsi comment imaginer une division
en servitude, liberté, changement ?

Tout est identique à l'unique réalité.
Quelle fatuité de parler d'union et de séparation !
Ainsi tout est identique à la réalité suprême.
Comment parler alors d'essentiel et de superflu ?

Tout es identique à l'unique réalité,
aussi limpide que le ciel.
Ainsi comment ici-bas soutenir qu'attachement-
détachement sois vrai,
qu'indifférence-passion soit vrai ?


C'est lorqu'on n'est ni séparé ni uni que l'on est détaché.
C'est lorqu'on n'a ni perceptions ni absence de perceptions
Que l'on perçoit.

Continuellement soumis à la connaissance-ignorance,
comment s'affranchir de la dualité-non dualité ?
Comment, l'orsqu'on est pleinement détaché,
Percevoir une saveur unique, immaculée ?

Brisé sans être brisé ni intact,
attaché sans être ni attaché ni détaché,
comment ici-bas l'essentiel-superflu
est semblable au ciel, réalité à la saveur unique ?

Immuablement libre de toute chose,
libre de toute réalité,
comment pour lui ici-bas y aurait-il vie, mort ?
Qu'y aurait-il à méditer ou non ?

Tout ce monde est une illusion,
comme un mirage en plein désert.
Semblable à une conscience infinie,
Seule la Béatitude existe.

Jamais nous n'avons de désir pour ce qui,
commençant au Devoir, finit à la libération.
Comment les savants nous imaginent-ils
Avec la passion-détachement ?

Quand il n'y a plus rien, plus rien, à rechercher,
il n'est plus rien, plus rien à désirer.
C'est immergé dans la perception de l'égalité des choses,
c'est concentré et purifié
que L'Avadhûta dit la réalité ultime.





Par Sililia - Publié dans : POEMES DE DIFFERENTES SOURCES
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Vendredi 12 juin 2009


Bhagavan dit qu'un jour quelqu'un projetait de l'emmener avec un important groupe de pélerins.



"J'ai refusé de partir et ce projet fut abandonné.
Que pourrais-je bien aller voir ? Je ne vois rien.
A quoi servirait-il que j'aille quelque part ?
Le jnani voit qu'il est le Soi, et c'est sur cet écran du Soi que défilent les images du film que l'on appelle le monde.
Le jnani n'est pas affecté par les jeux d'ombre et de lumière à la surface de l'écran.
Si l'on regarde avec l'oeil de chair, on voit le monde. Si l'on regarde avec l'oeil de la réalisation, on voit que tout est le Soi."


"Pour voir un objet qui se trouve dans l'obscurité, il faut à la fois l'oeil et la lumière d'une lampe.
Pour voir seulement la lumière, l'oeil suffit. Mais pour voir le soleil, il n'y a pas besoin d'une autre lumière.
La lumière d'une lampe disparaîtra devant celle du soleil. Notre intellect (buddhi) est inutile pour réaliser le Soi. Pour voir le monde ou les objets extérieurs, l'esprit et la lumière réfléchie (chidabhasa) qui l'accompagne toujours sont nécessaires. Pour voir le Soi, il faut simplement intérioriser l'esprit, il n'y a pas besoin de la lumière réfléchie."


Bhagavan a expliqué que selon certains textes, le plus grand bonheur susceptible d'être obtenu par l'homme ou les dix catégories d'êtres supérieurs à l'homme
 (avec au sommet des dieux comme Brahma, le Créateur) est semblable à de l'écume sur les flots de l'océan de béatitude du Soi.


Plus tard, dans la matinée, à la demande du swami, Bhagavan a évoqué sa première expérience du Soi dans sa chambre de Madurai :

"Quand je me suis allongée, les membres tendus et que j'ai joué mentalement la scène de la mort, réalisant que ce corps allait être livré aux flammes et que cependant je serai toujours vivant, une force a pris possession de moi.
Alors, je suis né de nouveau et suis devenu un homme nouveau. Ensuite, je suis devenu indifférent à tout, je n'avais plus de préferences ni répugnances.
Après cette expérience, j'ai pris l'habitude d'aller chaque jour au temple, où je priais pour avoir la dévotion
des soixante-trois saints du Periya Puranam."




Bhagavan dit :

"L'étincelle de jnana consume facilement toute la création, comme s'il s'agissait d'une montagne de coton. Les millions d'univers bâtis sur les faibles (ou inexistantes) fondations de l'ego s'écroulent comme un château de cartes quand la bombe atomatique de jnana tombe sur eux.

"Vous dites que vous offrez à Dieu votre corps, votre âme et toutes vos possessions. Mais en fait, tout cela vous appartient-il ?
Vous pouvez simplement dire : "Jusqu'ici je m'étais imaginé que toutes ces choses m'appartenaient. A présent, je comprends qu'elles T'appartiennent. Je n'agirai plus comme si elles m'appartenaient".


"Savoir que seul Dieu, le Soi, existe, c'est  jnana ; savoir que "je" et "mien" n'existent pas et que seul existe le Soi, c'est jnana.
Ainsi donc, il n'y a aucune différence entre bhakti et jnana. Bhakti est la mère de jnana.


"Chacun doit avoir la liberté d'emprunter son propre chemin, celui pour lequel lui seul est fait. Il n'est pas bon de convertir quelqu'un  à une autre voie par la violence. Le guru accompagne le disciple sur sa propre voie et le moment venu il l'amène peu à peu jusqu'à la voie suprême. Quand une voiture est lancée à toute vitesse, l'arrêter ou lui faire changer de direction brusquement aurait des conséquences désastreuses."

Sur les noms divins, Bhagavan dit :

"La Brihadaranyaka Upanishad déclare que "AHAM"
est le premier nom de Dieu.
La première lettre sanscrite est A et la dernière HA ;
 AHA comprend donc toutes choses, du début à la fin.
Le mot   "Ayam" signifie ce qui existe, lumière en soi.
"AYAM", "AHAM" désignent tous la même chose.
Dans la Bible aussi, "JE SUIS" est le nom donné à Dieu"
 

Par Sililia - Publié dans : ENSEIGNEMENT
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Mardi 9 juin 2009

On dit que le jiva réside dans le Coeur. Que faut-il en penser ?


Réponse du Maharshi :


"C'est exact. On dit que le jiva se tient dans le Coeur au cours du sommeil profond et dans le cerveau durant l'état de veille.
Par "Coeur"  il ne faut pas comprendre le muscle avec quatre cavités qui propulse le sang dans l'organisme.
Il y a, en effet, certains textes qui soutiennent cette idée.
D'autres pensent que par "Coeur" il faut entendre un groupe de ganglions ou de centres nerveux qui sont localisés dans cette région.
Que ce soit l'un ou l'autre n'a pour nous aucune importance.
Nous ne nous intéressons à rien d'autre qu'à nous-mêmes. Et cela se trouve assurément en nous.
On ne peut ni en douter ni en discuter.

Dans les Veda et les Ecritures, la notion du Coeur est utilisée pour désigner l'endroit d'où la pensée
"je" s'élève.
S'élève-t-elle seulement de cette masse de chair ?
Elle jaillit en nous quelque part au milieu de notre être.
Mais le vrai "Je" n'est pas localisable,
car tout est le Soi. Rien d'autre n'existe.
Par conséquent, on peut très bien affirmer que le Coeur est l'ensemble de notre corps individuel et de l'Univers entier, le tout étant conçu comme "Je".

Mais, pour aider le pratiquant, nous devons lui indiquer un endroit précis dans l'Unvivers ou dans son corps.
Mais en vérité, nous sommes partout, nous sommes tout ce qui est et il n'y a rien d'autre.

Par Sililia - Publié dans : ENSEIGNEMENT
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Mardi 9 juin 2009

L'endroit où les jnani résident est un lieu saint.




LEUR REGARD EST DE L'EAU SACREE


L'endroit où réside le jivanmukta unique,
qui existe partout de manière égale,
est lui-même un
lieu saint.


Son regard est lui-même
de l'eau sacrée.
La vénération de ses pieds de lotus est elle-même
une libération.


Par Sililia - Publié dans : POEMES DE DIFFERENTES SOURCES
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Vendredi 5 juin 2009


Les paroles du Maharshi parlant de sa maladie et du corps, pour ses fidèles qui appréhendaient sa mort :

Comme la tumeur réapparut après l'opération, ils proposèrent l'amputation du bras, mais la tradition veut que l'on ne mutile pas le corps d'un Jnani, et même il ne faut pas que le métal le touche.

Sri Bhagavan refusa l'amputation et il dit :

"Il n'y a pas quoi de se tourmenter. Le corps est, en lui-même une maladie. Qu'il ait donc sa fin naturelle !
Pourquoi le mutiler ? Il suffit de panser la partie malade."




Pour lui, la mort n'était pas un sujet d'inquiétude.
Il fit croire aussi en une guérison possible lorsqu'il dit :


"Tout viendra en son temps."

Mais, en fait c'était à nous de reconnaître que ce qui arrivait était juste. Lui n'en avait jamais douté.

"Laissez donc ce corps, résultat de la fructification du karma, se mouvoir ou demeurer tranquille, vivre ou mourir."

"Le Sage a rélalisé que le Moi Supérieur est parvenu au but, mais n'en a pas conscience, comme celui qui est plongé dans l'ivresse n'a pas conscience de ses vêtements."

Un peu plus tard, il expliquait une strophe du Yoga Vasistham :

"Le Jnani, qui s'est trouvé lui-même en tant que Conscience Pure et sans forme, reste insensible, même quand une épée lui transperce le corps. Le sucre ne perd pas  sa saveur quand on le casse ou qu'on l'écrase."

Sri Bhagavan souffrait-il en réalité ?

Il disait à l'un de ses disciples :

"Ils prennent ce corps pour Bhagavan, et attribuent à Bhagavan les souffrances de ce corps.
Quelle pitié !"


Et à l'un de ses domestiques il dit :

"Où donc ce trouve le siège de la douleur si ce n'est dans l'esprit ?"

S.S. COHEN se souvient de lui avoir entendu dire :

"Si un Jnani se coupait la main avec un couteau, il en souffrirait comme un chacun, mais puisque son esprit est plongé dans la béatitude, la souffrance est moins vive pour lui que pour d'autres."

Ceci ne veut pas dire que le corps d'un Jnani ne peut se détériorer par l'effet de la souffrance, mais que le Jnani ne s'identifie pas avec son corps.


La question de la souffrance, comme celle de notre karma, n'existe que du point de vue de la dualité.
De son point de vue, celui de l'Advaita, rien n'a de réalité.
C'est dans ce sens là, qu'il parla plus d'une fois à ses disciples.
Il disait :

"Je ne suis malade que pour autant que vous croyez que je le suis. Si vous pensez que je suis bien portant, je serai bien portant."

"Tant qu'un disciple croit à la réalité de son propre corps, et à ses  souffrances, le corps de son Maître est pour lui une réalité, et souffre aussi."


Un groupe de fidèles chantaient chaque jour des prières et des hymnes pour sa guérison,et , comme on l'interrogeait sur l'efficacité de ces prières chantées, il répondit en souriant :

"Il est certainement désirable d'être engagé dans des actions bonnes. Laissez-les continuer."


Il gardait aussi son sens de l'humour, plaisantant au sujet de sa tumeur comme si c'eût été une chose qui ne le concernait pas. Une femme, à proximité de la salle, dans l'excès de son chagrin, se frappait la tête contre une colonne.
Sri Bhagavan eut l'air étonné et dit :


"Oh ! je croyais qu'elle essayait de casser une noix de coco!."

Il éprouvait une immense compassion pour ceux que désolait sa souffrance, et il cherchait à les consoler, non pas en supprimant la maladie, et en retardant sa mort de quelques années, mais par le moyen essentiel qui consistait à leur faire comprendre que le corps n'était pas Bhagavan.

A son médecin qui était aussi son disciple il donnait l'explication suivante :

"Le corps est pareil à une feuille de bananier sur laquelle on a servi toutes sortes de mets délicieux. Après avoir mangé les friandises allons-nous conserver la feuille ? Ne la jetterons-nous pas à présent qu'elle a rendu sa fonction ?"


Une autre fois, il dit à ses serviteurs :

"Qui donc est censé se charger du fardeau de ce corps qui a besoin d'être aidé en tout et pour tout ? Pensez-vous que ce soit moi, alors qu'il faudrait au moins quatre hommes pour en supporter le poids ?".

Et à d'autres disciples :

"Figurez-vous que vous allez dans un dépôt de combustibles et achetez un fagot de bois, que vous faites porter chez vous par un coolie. Pendant que vous cheminez ensemble, il songe anxieusement au temps qu'il lui faudra pour arriver à destination, et au moment où il pourra se décharger de son fardeau.
C'est ainsi que le Jnani a hâte de se débarrasser de son corps mortel."


Puis il corrigea son explication par ces mots :

"Cet exposé est juste à un certain point, mais, à proprement parler, il n'est pas entièrement exact. Le Jnani n'attend pas avec anxiété le moment de "remiser" son corps. Il est tout aussi indifférent qu'il s'agisse de l'existence ou de la non-existence du corps, car il n'a pour ainsi dire pas conscience de ce corps".

Un jour, bien qu'on ne le lui eût pas demandé, il définit la Libération (délivrance) Moksha à l'un de ses serviteurs :

"Se débarrasser de misères qui n'existent pas, et parvenir à la Béatitude toujours présente, voilà la Moksha."


Un disciple Parsi , le supplia ainsi :

"Bhagavan ! transférez  sur moi cette maladie ! Permettez-moi de la supporter pour vous ! "

Mais lui : " Et qui donc me l'a donnée, à moi ?"

Qui donc la lui donna ? Etait-ce le poison de notre karma ?

Un sadhou suédois rêva que le bras malade s'ouvrait et qu'il apercevait à l'intérieur la tête d'une vieille femme aux cheveux en désordre. On interpréta ce rêve en disant que Sri Bhagavan s'était chargé du karma de sa mère lorsqu'il lui avait donné le Moksha, mais d'autres prétendirent que la femme représentait l'Humanité tout entière, ou MAYA.

Par Sililia - Publié dans : LES EPISODES DE SA VIE
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POURQUOI CE BLOG


Ce blog ne m'appartient pas, aucun droit d'auteur, aucune photo.
Il appartient au monde, à Ramana Maharshi, je ne fais que retransmettre son message, son enseignement tiré de livres de ses disciples de ceux qui l'ont connus et de leurs témoignages.


Il est ici toujours présent

 ce blog est juste là pour continuer à faire vivre son enseignement.


le gourou apparaît comme un sage qui continue de vivre dans le monde

PRESENTATION,

CITATION


"Au milieu de la caverne du coeur,
en forme de Moi, en forme de Soi,
unique et solitaire,
tout droit de soi à soi
le Brahman resplendit !
Pénètre toi-même en ce dedans,
ta pensée perçant jusqu'à sa source,
ton esprit plongé en soi,
souffle et sens au tréfonds recueillis,
tout de toi en toi fixé,
et là, simplement, sois!"

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CITATION DU MAHARSHI


                                                                                                                   

"Vous n'êtes pas le corps, vous n'êtes pas le mental.
Vous êtes la pure conscience, le Soi.
Vous êtes présent en tout et partout.
Soyez conscient tout le temps, même pendant
que vous travaillez".



"Les visions et les sons mystiques qui peuvent se manifester au cours de la méditation doivent être considérés comme des distractions et des tentations. Jamais l'aspirant ne doit s'y laisser prendre."





"Les pieds réels de Bhagavan n'existent que dans le coeur du dévot.
S'aggriper incessamment à ces pieds est le vrai bonheur.
Vous serez déçu si vous vous agrippez à mes pieds de chair,
parce qu'un jour ce corps de chair disparaîtra.
Le culte le plus grand, c'est le culte des pieds
du Gourou qui sont en nous-mêmes."


Qui suis-je ?
Ramana Maharshi répétait sans cesse que cette question est essentielle. Si cette question fondamentale n’est pas résolue, comment voir clairement et discerner ce qui est de ce qui n’est pas?

Le Maharshi citait souvent le psaume 46:
 
“Reste tranquille et sache que Je suis Dieu”,
 où Dieu désigne l’état divin, et un passage de l’Ecclésiaste:
Il n’existe qu’un, il n’y a pas deux.
Il est seul et sans second.


Il n'y a ni passé ni avenir. Il n'y a que le présent.
Au moment où vous le viviez, hier était pour vous le présent.
Et quand vous le vivrez, demain sera également le présent.
C'est pourquoi l'expérience se produit seulement dans le présent,
et au-delà de l'expérience rien n'existe



LE « SOI » :


Le coeur du message spirituel de Sri Ramana est contenu dans ces courtes phrases :


« Si nous progressons, le monde progressera.
Tels que nous sommes ainsi est le monde.

Sans comprendre le Soi, à quoi bon comprendre le monde.
 Sans la connaissance de

l’Etre, la connaissance du monde est sans intérêt.
Plongez en vous-même et trouvez le

trésor caché là.
Ouvrez votre coeur
 et voyez le monde à travers les yeux du véritable Soi.

Déchirez les voiles
et contemplez la divine majesté de votre propre Soi. »



Les larmes du soleil par dolbi303

L’un des nombreux poèmes composé par Sri Ramana dit ceci :


« Lumière de la conscience qui tout embrasse,
 c’est en toi que se forme l’image de

l’univers, qu’elle y demeure et s’y dissout.
Mystère qui détient le miracle de la vérité,
tu
es le Soi intérieur, le « Je »vibrant dans le coeur.
 Coeur est ton nom o seigneur ! »

Cet état d’être unifié naît du silence mental
et engendre une paix immuable :
 « Celle-ci
ne peut régner seulement
lorsqu’il n’y a aucun dérangement du à la pensée »



 















                                                                                         

CITATION


"Le mieux c'est de parler de coeur à coeur
et d'écouter de coeur à coeur."
C'est la meilleure forme
d'Upadesha

R.Maharshi



Découvrez Fabrice Tonnellier!






Ouvre l'oeil et regarde,
tu verras ton visage
dans tous les visages.

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CHANT ENREGISTREE A L'ASHRAM

http://www.wat.tv/audio/arunachala-114e0_114e1_.html



Observant la lune juste avant le lever du soleil, Shri Baghavan dit :
" Voyez la lune et aussi le nuage dans le ciel.
  Ils sont tous les deux aussi brillants.
  La lune ressemble à un tout petit nuage.
  Le mental du jnani est comparable à cette lune qui précède le lever du soleil.
  Il est présent mais ne brille pas de lui-même
."














Mon corps est-il « moi » ? Il est silencieux et inerte, mais je sens la pleine force de ma personnalité, et j'entends même la voix 
du « moi » au fond de mon être.
Je suis donc un esprit  qui transcende le corps.
Le corps meurt, mais l'esprit, transcendant le corps,
ne peut être touché par la mort.
Ce qui veut dire que je suis un esprit immortel.












"Dieu tout à la fois ressent et ne ressent pas plaisir et douleur"
dit le SHIVA PURANA


Il arrivait que Bhagavan pleure avec ses dévots lorsqu'ils étaient dans la peine.
Fréquemment, quand on récitait devant lui des chants émouvants,
ou quand il nous lisait lui-même des poèmes ou des textes extraits
de la vie ou des oeuvres de saints célèbres,
Bhagavan était si ému qu'il ne pouvait contenir ses larmes.
Quand le texte qu'il lisait ou expliquait comportait un passage particulièrement
émouvant, il lui était impossible de poursuivre sa lecture ;
submergé par l'émotion, il reposait le livre,
les yeux remplis de larmes et la gorge serrée.
Cela se produisit, par exemple, avec cette strophe de Tayumanavar :

Considérant que Tu es Terre et Ciel, dessinant Ton portrait sur la page de mon esprit,
et contemplant sans cesse cette image, je m'écrie :
"Ô mon Maître, mon Bien-Aimé, ne veux-Tu point m'étreindre et me considérer
identique à Toi-même ?"
Incapable de percevoir autre chose, mon coeur souffre comme sous le poids
d'une grande affliction, les larmes jaillissent de mes yeux,
et je reste figé, comme ceux qui sont plongés dans l'extase.



LA GRÂCE DU GURU EST TOUJOURS LA







Il  ne naît jamais, ni ne meurt ;
Ni ayant été,il ne cessera d'être.



Non-né, éternel, perpétuel, ancien,
Il n'est pas tué, lorsque le corps est tué.





"Ils disent que je vais mourir.
Mais je ne pars pas.
Où pourrais-je aller ? Je suis là"



"OU POURRAIS-JE ALLER ?"






La difficulté actuelle, c'est que l'homme s'imagine qu'il est l'auteur de ses actes. C'est une erreur.
C'est la Puissance supérieure qui fait toute chose; l'homme n'est qu'un instrument.
 S'il accepte cette position, il se libère de tous ses troubles;
sinon, il les favorise.

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